, Plongée au cœur de l’histoire du Val-d’Oise avec les Archives départementales

Plongée au cœur de l’histoire du Val-d’Oise avec les Archives départementales

, Plongée au cœur de l’histoire du Val-d’Oise avec les Archives départementales

Classification, conservation, numérisation… À Pontoise, les Archives départementales (Val-d’Oise) dévoilent leurs coulisses. L’occasion d’en apprendre davantage sur la chaîne archivistique.

« Les archives concernent les citoyens. Tout ce qui est créé ou écrit est une archive », explique Marie-Hélène Peltier, directrice de l’établissement depuis 2004. Ce travail « participe à la vie démocratique et permet un accès aux ressources citoyennes. C’est la vie d’une communauté ».

Au total, une trentaine de personnes travaillent ici, parmi lesquelles des archivistes, des magasiniers, des techniciens de numérisation, des relieurs, des restaurateurs ou encore des médiateurs.

Plus de 1 600 réponses apportées

L’immersion commence dès le rez-de-chaussée de ce bâtiment de sept niveaux. En salle de lecture, les visiteurs peuvent consulter les archives en échange d’une pièce d’identité. Un président de salle les guide dans leurs recherches.

Chaque année, plus de 1 600 réponses sont apportées aux usagers, et leurs demandes sont variées : généalogie amatrice ou professionnelle, recherches sur une histoire familiale ou dans le cadre d’études…

Ces documents sont mis à la disposition des citoyens tant qu’ils respectent le délai de communicabilité pour assurer « une transparence équilibrée entre le besoin citoyen et l’administration. Par exemple, quelqu’un n’a pas besoin de savoir pourquoi son voisin a divorcé ».

Archives de 1069 à 2025

Pour stocker les documents de 1069, date du plus ancien parchemin conservé, à 2025, l’espace est optimisé. Dans le magasin, utilisé comme zone de transit, les archives se font face : à droite, celles qui viennent d’être acquises par l’établissement ; à gauche, celles qui partent à la destruction.

Chaque année, sept kilomètres de documents sont autorisés à être détruits. Il s’agit de doublons, de versions préparatoires ou de documents inutiles pour le territoire valdoisien.

Ce tri est fait minutieusement. Pas de seconde chance pour un document jeté, ni pour un autre dont les pages ont perdu leur couleur. « On ne fait pas de travail de reteinte. »

« La principale différence entre ces réserves et des entrepôts de supermarchés, c’est qu’il n’y a pas de deuxième exemplaire. Si le document est détruit, c’est fini. »

Marie-Hélène Peltier

Depuis 2022, l’archivage est électronique. Les documents sont ordonnés, parfois restaurés, dépoussiérés, puis numérisés. Les grands formats vont davantage passer par ce processus. « Ils sont plus difficiles à manipuler et souvent plus précieux. » La numérisation permet de réduire les risques d’usure et offre une lecture plus confortable.

Chaque année, près de 168 000 documents sont numérisés. Au total, 18 000 cartes postales ont été enregistrées électroniquement et l’état civil du XVIe siècle jusqu’à 1932 a été mis en ligne par les techniciens de numérisation.

Conserver, numériser, diffuser

La salle de médiation donne un aperçu de l’état d’une archive mal conservée : moisissure, inondation, présence d’insectes ou de rongeurs. « Deux souris momifiées ont déjà été retrouvées dans un document grignoté. » Parfois, « le document s’autodétruit avec l’acidité de l’encre », explique Solveig Pigearias, cheffe du service des publics.

Cette salle permet à la fois de prévenir sur l’importance des conditions de conservation, mais aussi de parler de l’histoire du département.

C’est dans cette pièce qu’est conservé le plus ancien document de l’établissement : une charte royale du roi Philippe Ier, qui confirme la possession de terres à l’abbaye de Saint-Martin-de-Pontoise. Ce document, très fragile, a déjà été exposé par le passé.

Après les dernières journées portes ouvertes, le 13 juin, il est retourné en conservation et ne sera plus visible avant plusieurs années.

Des histoires marquantes

La responsable avoue à demi-mot avoir quelques archives favorites. « Pendant la Seconde Guerre mondiale, devant l’avancée des Allemands en France, les administrations ont mis à l’abri des choses essentielles : les archives. Un archiviste de Seine-et-Oise a lancé une enquête auprès des administrations pour savoir où elles étaient. Certains maires étaient partis en zone libre avec. »

D’autres ont eu un périple plus mouvementé : « Les agents de la ville ont tenté d’évacuer les archives à bord du camion municipal, mais ont été forcés de l’abandonner sous les bombardements. C’est la preuve que très tôt, on a compris à quel point les archives étaient importantes », conclut la directrice.

Atelier été. Les Archives départementales proposent une semaine d’animations gratuites pour les 7-12 ans, du 20 au 24 juillet, chaque après-midi de 14 h à 16 h. Au programme, tous les jours, les Mystères de la photographie. Lundi 20 et jeudi 23 juillet, Photo collector. Réaliser une carte de visite comme au XIXe siècle. Mardi 21 et vendredi 24 juillet, créer son cadre photo. Mercredi 22 juillet, réaliser sa propre affiche. Adulte accompagnant obligatoire durant l’atelier. Nombre de places limitées. Pour s’inscrire : archives.valdoise.fr/n/ateliers-d-ete

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DMJ Archives : Préservation de l’histoire locale à travers les sites d’archives

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