, « On voit bien la droitisation d’une partie de l’électorat », Stéphane Zumsteeg (Ipsos BVA)

« On voit bien la droitisation d’une partie de l’électorat », Stéphane Zumsteeg (Ipsos BVA)

, « On voit bien la droitisation d’une partie de l’électorat », Stéphane Zumsteeg (Ipsos BVA)

À l’issue du premier tour des municipales, les résultats parisiens et franciliens sont passés au crible sur ICI Matin. Stéphane Zumsteeg, directeur du département politique et opinion à l’Institut de sondage Ipsos bva, dessine les enjeux du second tour.

Après le premier tour des municipales dimanche, la question des alliances et des reports de voix se pose à Paris. Emmanuel Grégoire, le candidat de la gauche unie  (37,98%) devant Rachida Dati (25,46%) est dans une position « très favorable », selon Stéphane Zumsteeg, directeur du département politique et opinion à l’institut de sondage IPSOS-bva-CESI-École d’ingénieurs, invité d’ICI Paris Île-de-France ce lundi. Cette position confortable n’est cependant pas une garantie de victoire, étant donné les possibles alliances et les reports de voix.

« Au-delà de l’arithmétique de 12,5 points d’avance pour Emmanuel Grégoire sur Rachida Dati, il y a aussi la portée symbolique de cet écart,  qui est très importante, insiste Stéphane Zumsteeg. D’autant que les scores des troisième, quatrième et cinquième listes, ne sont pas très favorables à Rachida Dati. La stratégie de Rachida Dati, , le candidat Horizons-Renaissance (11,34%), pourrait se heurter à la déperdition des suffrages d’une partie des électeurs du centre droit ayant basculé vers des positions plus à droite et potentiellement réticents à soutenir une candidate pour qui ils n’ont pas voté au premier tour.La qualification in extremis de Sarah Knafo, candidate Reconquête (10,40%), représente un obstacle supplémentaire, sa présence au second tour « siphonnant » une partie de l’électorat potentiellement favorable à Rachida Dati et rendant tout rapprochement politique avec la droite radicale politiquement complexe pour cette dernière. « C’est très compliqué pour Rachida Dati, quand vous apportez un certain nombre de valeurs républicaines, d’accepter un soutien officiel de la part de Sarah Knafo« , poursuit le politologue.

Au-delà du cas parisien, l’Île-de-France a été le théâtre d’une « percée historique » pour La France insoumise (LFI), lors de ces élections municipales, notamment à Saint-Denis où le candidat insoumis .L’autre enseignement de ce scrutin, c’est aussi la faible participation selon Stéphane Zumsteeg. L’abstention élevée (43% au niveau national) souligne un désenchantement politique croissant, particulièrement marqué chez les jeunes, reflétant un dégoût généralisé face à la classe politique actuelle et son incapacité à trouver des consensus, même sur des sujets fondamentaux comme le budget. L’élection municipale, traditionnellement plus ancrée dans le quotidien des citoyens, ne fait pas exception à cette règle, montrant une progression de l’abstention qui interpelle sur l’état de la démocratie représentative. « On retrouve cette tendance abstentionniste, cette progression de l’abstention absolument partout, mais vous avez toujours les tendances lourdes qui demeurent, on vote quand on est âgé, on vote beaucoup moins quand on est plus jeune« , conclut Stéphane Zumsteeg.