
Le conseil d’État a donné son feu vert à des vols expérimentaux du Volocity, conçu par la start-up allemande Volocopter, rejetant le recours déposé par la Mairie de Paris.
Il y aura bel et bien des taxis volants dans le ciel de Paris cet été. À deux jours de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques, le Conseil d’État a donné son vert à une expérimentation grandeur nature. La Mairie de Paris, qui avait déposé un recours, visant à l’interdire, et le Maire du 15e arrondissement de Paris, qui y était opposé, ont donc perdu leur bras de fer avec les promoteurs de ce projet, qui va faire de Paris, la première capitale mondiale à mettre en service un e-VTOL, un appareil électrique à décollage vertical.
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Exploitation strictement encadrée
La décision du Conseil d’État intervient après l’autorisation donnée, le 9 juillet dernier, par le ministère des Transports de créer un «vertiport» à Paris-Austerlitz et son ouverture à la circulation aérienne publique. Il s’agit d’une barge temporaire, installée sur la Seine, qui est destinée à servir de base de décollage et d’atterrissage au Volocity, le taxi volant conçu par la start-up allemande Volocopter, dans le cadre d’un projet lancé par Groupe ADP, le gestionnaire des aéroports parisiens, en partenariat avec la région Île-de-France. Le taxi volant doit être mis en service sur trois liaisons : entre l’héliport d’Issy-les-Moulineaux et la barge de Paris-Austerlitz et avec l’aérodrome de Saint-Cyr-l’École ainsi qu’entre l’aéroport du Bourget et celui de Roissy-CDG.
Il s’agit d’une mesure d’urgence prise par le Conseil d’État, donc temporaire, en attendant une audience au fond, qui devrait être organisée cet automne. Le juge des référés a rejeté les arguments présentés par les élus parisiens, estimant que la consultation de l’Autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires (Acnusa) n’était pas une nécessité pour un projet expérimental et limité dans le temps (jusqu’au 31 décembre 2024, selon le ministère des Transports). En outre, l’exploitation du Volocity est strictement encadrée : il pourra réaliser des vols de démonstration entre 8h00 et 17h00 et le nombre de mouvements est limité à 2 vols par heure et à 900 heures sur la totalité de l’expérimentation entre ce mois de juillet et fin décembre.
Le Volocity doit permettre de démontrer la faisabilité et l’intérêt de ce nouveau mode de transport aérien urbain qui fait l’objet de nombreux développements dans le monde. Volocopter n’a toutefois pas été certifié par l’Agence aérienne de la sécurité aérienne (EASA) et par la DGAC à transporter des passagers payants, pendant l’expérimentation (26 juillet-8 août). La start-up espère obtenir ce feu vert cet automne. L’engin, propulsé par dix-huit petits moteurs électriques « peu sonores », selon son concepteur, et doté d’un rayon d’action de 21 km, ne peut embarquer qu’un seul passager, en plus du pilote. Volocity devra se contenter de vols de démonstration.
La Mairie de Paris a pris «acte de la décision (du conseil d’État)». La municipalité «continuera d’alerter sur cette aberration écologique». Et «demande au ministre des Transports d’abandonner ce projet», a déclaré Dan Lert, adjoint à la transition écologique à la Mairie de Paris. Demande qui n’a aucune chance d’aboutir. « Je me réjouis de la décision du Conseil d’État», a réagi Patrice Vergriete, ministre délégué, en charge des Transports. De son côté, Volocopter s’est déclarée «satisfaite» de pouvoir bénéficier de la vitrine des JO de Paris pour démontrer les capacités de son appareil.
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Un Volocity destiné aux missions sanitaires
Ce dernier met en avant les missions que pourrait réaliser un taxi volant, notamment dans le domaine des évacuations sanitaires ou du transport d’organes. «Pourquoi on a envie de l’expérimenter ? Parce que je pense que demain ça peut peut-être sauver des vies», estime le ministre, interrogé par l’AFP, en marge d’une visite à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. Volocopter a prévu de à Paris d’ici à fin 2024 une version sanitaire du Volocity, dans le cadre d’un partenariat noué avec l’AP-HP et ses 38 hôpitaux parisiens. Une expérimentation similaire sera menée, en partenariat avec l’Adac, les services d’urgence médicale en Allemagne. L’objectif est de réduire les temps d’intervention des médecins et de transport de greffons, notamment.
Pour Dirk Hoke, PDG de Volocopter, la bronca de certains élus et parisiens contre les taxis volants, estimant qu’ils ne seraient utiles qu’à une clientèle aisée et pressée, est, à ce stade, «normal». « C’est toujours le cas pour un nouveau mode de transport. L’automobile et l’avion ont aussi eu leurs détracteurs, qui estimaient que ces engins seraient réservés aux riches. L’histoire a démontré le contraire : ces deux modes de transport se sont démocratisés », expliquait-il en avril dernier.
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