Lions, zèbres, girafes, singes… il y a près de cinquante ans, ouvrait à Saint-Vrain (Essonne) sous l’impulsion du propriétaire du domaine de Saint-Vrain, Charles-René de Mortemart, un parc animalier moderne de 130 hectares en contrebas du château.
Après plusieurs années de travaux, le parc transformé en paysage exotique avec ses étangs artificiels accueillait le 14 mars 1974 ses premiers visiteurs qui dans leurs voitures (comme au zoo de Thoiry) partaient en safari à la découverte du millier d’animaux en semi-liberté.
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Des animaux stars
Rapidement de nombreuses familles et ainsi que des enfants en sortie scolaire profitent de cette belle balade garantissant un dépaysement total pour admirer les animaux, dont certains sont devenus des stars à l’image de Léon et Léontine, les deux hippopotames ou encore de Charlie le rhinocéros.
Les voitures et les bus se suivaient en roulant au pas de secteur en secteur. Les animaux étaient habitués à voir ces balais de véhicules et certains venaient quémander de la nourriture. Les singes montaient même sur les voitures et tiraient les joints des portes.

Dès ces premières années, le parc aménagé dans ce village de 3 000 habitants, connaît un développement florissant. À l’image des félins, de nouveaux animaux arrivent et des nouveautés sont incorporées comme les visites en bateau.
Émission de télévision et tournage d’un film avec Jean-Paul Belmondo
Deux ans après l’ouverture au public une inauguration est organisée en grande pompe en 1976 avec la présence du Duc d’Orléans, du présentateur de TF1 Yves Mourousi et de l’humoriste Thierry Le Luron.
L’année suivante, c’est l’acteur Jean-Paul Belmondo qui se rendra au parc pour y tourner des scènes du film L’animal réalisé par Claude Zidi.
Quelques semaines plus tard, Guy Lux et Simone Garnier présentent sur place l’émission Jeux sans frontières diffusée sur Antenne 2, où la ville nouvelle d’Évry représente la France face à d’autres nations européennes.
De nouvelles animations innovantes
Dans les années qui suivent, le parc continue d’innover. En 1981, une partie dédiée à la Préhistoire est aménagée permettant aux visiteurs de voir des répliques de dinosaures et d’hommes préhistoriques grandeur nature.
« Il y avait également une fête foraine avec des théâtres d’automates qui racontaient l’histoire de la comtesse du Berry et les Fables de Jean de la Fontaine », se souvient Annette, une bénévole de l’association Saint-Vrain et son histoire.
En 1986, le circuit du monorail est inauguré permettant aux visiteurs d’apercevoir les animaux préhistoriques de haut.
À son apogée près de 600 000 visiteurs s’y rendaient chaque année
L’engouement autour du parc est tel qu’il devient le site touristique le plus visité de l’Essonne avec à son apogée plus de 600 000 visiteurs accueillis chaque année.
Certains week-ends comme à la Pentecôte ou à Pâques, il y avait tellement de circulation que de nombreuses rues du village étaient bouchées. Le parc a permis de créer beaucoup d’emplois notamment pour les jeunes de Saint-Vrain est des environs qui y travaillaient en tant que saisonniers pendant les vacances scolaires.
« Il arrivait aussi que des animaux s’échappent du parc. Il n’était pas rare de voir cygne dans un jardin ou encore des kangourous et des lamas déambuler dans le village », poursuit Elisabeth Marchand.

Les difficultés financières condamnent le parc animalier
Les années 1990 marquent le déclin du parc animalier en proie à d’importantes difficultés financières.
En 1998, le site tente de retrouver un second souffle en devenant un « Jardin botanique et zoologique ». Terminé le safari et les fauves, le parc cherche alors à faire des économies.
Néanmoins, le succès n’est pas au rendez-vous et malgré une baisse du tarif d’entrée, le parc est boudé par les visiteurs. Il fermera ses portes l’année suivante en 1999.

Un parc dont il reste des vestiges
Depuis, les animaux ont quitté les lieux pour aller vers d’autres zoos comme Thoiry et le site est resté à l’abandon attirant les amateurs d’exploration urbaine ou urbex.
Sur place, la nature a repris ses droits mais il reste possible de distinguer des cages, des sculptures de dinosaures, des clôtures électriques des enclos surplombées de barbelés mais aussi plusieurs bâtiments des services vétérinaires et de l’ancienne ferme pédagogique.
Il reste aussi de cette époque des panneaux d’information ordonnant aux visiteurs de garder les vitres du véhicule fermée à l’entrée de la réserve des fauves comme le montre cette vidéo tournée en 2018.
Peu de visibilité sur l’avenir du site
Quant à l’avenir du site, « c’est très flou », reconnaissent les bénévoles de l’association Saint-Vrain et son histoire.
« Il a été question de la création d’un lotissement de vacances, d’une réserve naturelle, d’un parc de lémuriens et plus récemment d’un restaurant gastronomique », énumèrent-ils sans certitude.
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