, Dépôts sauvages dans les Yvelines : le désarroi des maires pour lutter contre ce fléau

Dépôts sauvages dans les Yvelines : le désarroi des maires pour lutter contre ce fléau

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Le problème ne date pas d’hier et, pour de nombreuses communes des Yvelines, il est insoluble. Fréquemment, des dépôts sauvages viennent polluer les espaces naturels les plus appréciés des habitants, que ce soit en forêt ou sur les quais de Seine.

S’il est difficile d’être exhaustif dans le recensement de ces tas indésirables, certaines communes semblent toutefois plus touchées que d’autres de par leur situation géographique.

Des pièges photographiques dans le bois

Juziers par exemple, dans le parc naturel régional du Vexin français, mange régulièrement son pain noir.

À l’été 2018, plus d’une centaine de pneus avaient été abandonnés dans la forêt. Et si, en 2019, l’équipe municipale de l’époque a décidé de fermer certains chemins communaux, de nouveaux dépôts apparaissent encore périodiquement au milieu des arbres.

« On a un grand bois avec une route au milieu qui est peu fréquentée. Ça me semble plus facile d’aller jeter des déchets dans le bois de la Chartre qu’à Mantes-la-Ville. C’est difficile de choper les gens qui font cela, car ça se passe la nuit. »

Ketty Varin, maire de Juziers

Si la municipalité tente de sensibiliser les habitants sur les réseaux sociaux – « Cet été ne nous abandonnez pas dans les bois de Juziers » -, les moyens d’action sont limités.

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« On a installé des pièges photographiques en forêt, mais pas sur chaque arbre, poursuit Ketty Varin. Et même en fouillant les déchets, on remonte difficilement à la personne qui a fait ça ! »

Pour la commune de Juziers, l’enlèvement des déchets va engendrer un coût non négligeable. « Nos services techniques n’ont pas les moyens de les retirer. On doit faire appel à des sociétés extérieures. On est en train de faire le bilan de ce que ça nous a coûté cette année. »

« C’est récurrent et pénible ! »

Dans le village voisin de Brueil-en-Vexin, le dernier dépôt sauvage en date à faire disparaître à coûter plus de 600 € à la municipalité.

« C’est récurrent et vraiment pénible. Ça nous arrive une ou deux fois par mois sur des chemins qui restent accessibles aux voitures. C’est frustrant, car on fait tout pour bien entretenir nos villages, que nos chemins soient attrayants et des gens viennent tout gâcher. »

Martine Tellier, maire de Brueil-en-Vexin

Alors que faire ? « Il faudrait mettre une caméra sur les lieux les plus touchés, mais ça coûte cher. Et puis même avec des caméras, on n’a pas le pouvoir d’exploiter nous-mêmes les images », analyse Martine Tellier.

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« Il faut assouplir les règles dans les déchèteries »

À Mézières-sur-Seine, le conseil municipal a fait voter en mai 2022 l’instauration d’une taxe communale pour l’enlèvement des déchets abandonnés sur la voie publique. Avec un tarif minimal fixé à 500 €. « Ça nous est arrivé quelques fois de disposer d’éléments flagrants sur certaines entreprises et qu’elles payent ensuite le forfait de 500 €, raconte le maire Franck Fontaine. Mais neuf fois sur dix, on n’y arrive pas. »

Touchée régulièrement à différents endroits (route départementale 113, bois, bords de Seine), la commune n’échappe pas au fléau des dépôts sauvages.

« Mettre des caméras ? Ça peut seulement nous aider en ville, pas en forêt », insiste l’édile mézièrois.

Selon lui, le législateur doit se saisir du problème au niveau national et la communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise doit continuer d’avancer sur le sujet au niveau local.

« En province, ils ont beaucoup d’avance sur nous. Je pense qu’il faut assouplir les règles dans les déchèteries. La lecture de plaque (d’immatriculation), c’est lourd pour les usagers. De même, limiter les dépôts à 1 m3 par semaine et par foyer, je trouve ça débile. Quand on fait des travaux chez soi, ce n’est pas suffisant. Bientôt, il faudra faire une prise de sang pour se rendre en déchèterie. »

Franck Fontaine, maire de Mézières-sur-Seine

Autre proposition du maire de Mézières-sur-Seine : « Imposer aux entreprises d’inscrire dans leur comptabilité la facture de la déchèterie dès lors qu’il y a des déchets » après des travaux.

À Évecquemont, un panneau dissuade

Au milieu de ces océans de déchets, certaines communes semblent avoir trouvé la bonne solution.

À Évecquemont, l’installation d’un panneau pas loin du nouveau cimetière, rappelant le prix de l’amende encouru par les contrevenants, semble porter ses fruits. « On est passé d’un dépôt par mois à un dépôt en deux ans », se félicite le maire Christophe Nicolas.

Mais il refuse de crier victoire trop vite.

« Dans un village voisin, il y a deux dépôts sur 100 mètres. Depuis 1er octobre 2024, certaines communes de GPS&O ont arrêté les encombrants. On a eu un grand débat sur cette thématique à la conférence des maires l’an dernier. On n’est pas à l’abri que les déchets prolifèrent, d’autant que les habitants ont souvent la flemme d’aller à la déchèterie. C’est incompréhensible sachant que le service est gratuit. »

Christophe Nicolas, maire d’Évecquemont

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Création d’une brigade environnement aux Mureaux

Aux Mureaux, enfin, les efforts engagés par la Ville semblent porter leurs fruits.

« Le dispositif procédures d’identification des dépôts sauvages a été mis en place avec la création de la Brigade environnement, qui fait partie de la police municipale, explique-t-on en mairie. Depuis, la Ville a procédé à 84 procédures d’identification. Dans plus de 50 % des cas, cette démarche permet une prise de contact et l’évacuation des déchets par les administrés. Sur les points identifiés, on constate une baisse du nombre de dépôts sauvages. »

Sans doute un espoir pour d’autres communes même si la mise en place d’un tel dispositif semble difficilement envisageable dans les villages.

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