
Montrer aux visiteurs comment Montigny-lès-Cormeilles (Val-d’Oise) a évolué, passant d’une commune rurale à cette ville d’un peu plus de 22 000 habitants.
Samedi 30 août, les habitants qui pousseront la porte du rez-de-chaussée de l’hôtel-de-ville, non pas pour y faire un acte d’état-civil ou assister au conseil municipal, (re) découvriront l’histoire de leur commune, ses grandes évolutions, du Moyen-Âge à aujourd’hui.
Comme la ferme pédagogique inaugurée il y a quelques semaines, ce musée, dont la genèse remonte à 2021, est le bébé de feu l’ancien maire (Mdp) Jean-Noël Carpentier qui avait souhaité ce lieu de mémoire et de valorisation du patrimoine communal.
Cartes, objets et témoignages audiovisuels
Le musée de Montigny s’articule autour d’une scénographie faite de cartes, d’objets, de témoignages audiovisuels et photos personnelles d’habitants. Il dresse aussi les portraits d’Ignymontains célèbres ou inconnus.
La priorité a été donnée à l’interactivité ainsi qu’à l’aspect ludique, afin de solliciter le regard et l’attention du public notamment des plus jeunes, qui auront l’occasion de le visiter lors d’ateliers avec leurs classes. Le montant des travaux s’est élevé à 1 580 000€ TTC. La Ville a sollicité une subvention.
Si le Manoir Plisson a été fermé pendant les travaux, il retrouvera sa vocation et accueillera bientôt à nouveau les conseils municipaux et les célébrations de mariages.
Du Moyen-Âge au nouveau centre-ville
Qui habitait à Montigny ? Quels métiers y exerçait-on ? Quels ont été les moments charnières de son évolution ? Pour ce travail, les deux ouvrages de Robert Hue, ancien sénateur et maire de Montigny de 1977 à 2009, sur l’histoire de Montigny-lès-Cormeilles, ont été plus que précieux.
« Ce musée sera un lieu de mémoire, de culture et de partage », dit Miloud Goual, le maire (Dvg) de la commune, qui rendra un hommage tout particulier à Jean-Noël Carpentier lors de l’inauguration.
Le musée sera bien plus qu’un espace d’exposition figé : ce sera une passerelle entre le passé et le présent. Et même le futur, avec un chapitre consacré au projet du nouveau centre-ville en cours de réalisation autour de la RD14. Lieu vivant où les époques se rencontrent et s’entrecroisent, lieu pédagogique, le musée permettra aux habitants de se replonger dans l’histoire de Montigny, dont les premières traces écrites révèlent l’existence au Haut Moyen-Âge, quand Charlemagne céda la commune à l’abbaye de Saint-Denis, qui en resta propriétaire jusqu’à la Révolution française.
Le territoire ignymontain appartenait à trois seigneuries. Montigny s’étendant alors de la Seine à la chaussée Jules-César, avant d’être réduit à deux reprises, lors de la création de Beauchamp en 1922, puis le 8 décembre 1950, lorsque Montigny céda des terrains à l’ouest de la RN 192 (aujourd’hui RD392) rattachés à La Frette-sur-Seine.
Pendant tout le XIXe siècle, Montigny est avant tout une commune agricole où l’on cultive surtout des pommes de terre. La vigne, comme dans beaucoup de villes alentours, y est aussi présente, mais connaît une régression brutale à la fin du XIXe siècle, en raison entre autres du phylloxéra, qui dévasta tout le vignoble français à cette époque. Des arbres fruitiers succèdent aux pieds de vigne. Comme toutes les villes de la vallée de Montmorency, Montigny connaîtra un tournant et un essor important avec l’arrivée de la première ligne de chemin de fer, Paris – Pontoise, le 20 juin 1846.
La population est passée de 369 habitants en 1801 à 791 âmes un siècle plus tard, avant d’être multipliée par quatre entre 1901 et 1936. « La véritable évolution démographique intervient entre 1968 et 1983 », surtout dans les années 70 avec la création de la Zac des Frances. C’était avant l’arrivée au pouvoir de Robert Hue, en 1977, qui décidera de dédensifier le projet.
Annoncé pour l’inauguration, le maire honoraire de Montigny aura sans doute l’occasion de délivrer moult anecdotes sur l’histoire de ce bourg du Parisis qu’il a amoureusement dirigé pendant plus de 30 ans.
Ouverture du musée samedi 30 août, 14, rue Fortuné-Charlot, inauguration à 17h, accès gratuit. Horaires à partir du 1er septembre : mercredi et dimanche de 10h à 12h et de 14h à 17h. Les autres jours étant réservés aux visites de groupes sur réservation.
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