, Brest : de chez le maire à la place de la Liberté, histoire d’une mairie en mouvement

Brest : de chez le maire à la place de la Liberté, histoire d’une mairie en mouvement

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Les premiers endroits connus ayant servi de mairie, à Brest, sont les domiciles des premiers maires, une fois Brest et Recouvrance réunies, en 1680. Une pièce sert alors à cet usage, ainsi qu’une autre, chez le greffier de la communauté (l’équivalent de l’actuel secrétaire de mairie), pour les archives.

En 1681 a lieu le premier vote réunissant rive gauche et rive droite. François Le Stobec aurait donc hébergé la première mairie de la cité du Ponant. Avant cela ? On ne sait pas trop comment cela se passait, depuis la reconnaissance de Brest comme ville par Henri IV, en 1593 (il fallait payer pour être maire), jusqu’aux premiers édiles de la première municipalité voulue par Louis XIV, dans une nouvelle organisation.


Des loyers trop chers

Vient alors une longue période (plus de soixante ans !) durant laquelle les représentants de la ville louent des murs et veulent investir dans l’immobilier, comme on dirait de nos jours.

« Une première demande d’achat d’une maison pour servir d’Hôtel de ville a été faite au duc de Chaulnes (gouverneur de la Bretagne), le 17 juillet 1692 », renseigne Bruno Baron, docteur en histoire moderne à l’UBO, associé au CRBC (Centre de recherche bretonne et celtique). « Les édiles justifiaient cela par le fait que le loyer pour la maison louée était cher, que cela permettrait de regrouper dans un seul bâtiment la municipalité, la cour royale et l’amirauté et que la mairie disposait d’assez de fonds pour faire cet achat sans emprunter ».


200 livres par an pour héberger les réunions

« Les membres du corps de ville », poursuit l’historien, « voudraient pour cela acquérir la maison du comte de Béthune. Mais cela n’a pas de suite et dès le début du XVIIIe siècle, la municipalité abandonne la location et décide de se réunir chez le maire (qui recevra dès lors une indemnité de 200 livres par an pour héberger les réunions municipales) après avoir une nouvelle fois tenté d’obtenir l’autorisation d’acquisition d’un bâtiment en 1704 ».

Le 28 novembre 1726, le corps de ville « décide de louer un appartement sur le quai de Brest afin d’y tenir ses séances et de quitter la demeure du maire. Un bail de neuf ans est passé dans ce sens ».

Le 29 décembre 1747, la question de l’achat d’une maison pour servir d’hôtel de ville revient sur le tapis. L’hôtel de Monsieur de Saint-Pierre les intéresse mais l’intendant de Bretagne oppose un refus.


L’hôtel Chapizeau, premier véritable hôtel de Ville

Serait-ce une vengeance du pouvoir royal ? Bruno Baron n’est pas loin de le penser. « La ville avait de l’argent : elle avait gagné (en 1740, ndlr) un procès contre les jésuites parce qu’elle avait financé l’église Saint-Louis (à peu près à l’endroit de l’église actuelle) et qu’ils se l’étaient appropriée, avec l’aval du roi », Louis XIV.

C’est sous Louis XV que l’affaire a trouvé son épilogue, les jésuites ayant consenti à régler 50 000 livres. Le pouvoir royal a pu se sentir, en quelque sorte, désavoué. Refuser la vente pour créer un Hôtel de ville revient peut-être à dire « qu’il faut s’incliner devant le roi ».

Quoi qu’il en soit, il s’agit d’avancer. Dans sa séance du 2 octobre 1756, le corps municipal, après avis du maire Louis Debon, « décide d’acheter, au prix de 26 000 livres, l’hôtel de Chapizeau, ce qui représente 24,5 % du budget global de la ville. L’intendant de Bretagne, Le Bret, donne enfin son accord à ce projet en avril 1757 et la première séance municipale se tient dans cet édifice, le 12 septembre 1757 », conclut Bruno Baron. L’édifice est situé rue de la mairie, comme de juste, à peu près l’actuelle rue de Lyon.


Place de la Liberté, le premier bâtiment construit exprès

L’étape essentielle suivante, ce sont les bombardements de la Seconde Guerre mondiale. La mairie est touchée, en 1942, et n’y survit pas. L’administration municipale se déplace plusieurs fois. D’abord rue Proudhon, à l’ancienne école technique, puis à Saint-Marc, dans des baraques. Il est ensuite décidé d’en construire une à la place de l’éphémère Cité commerciale, des baraques là aussi, installées entre l’hôpital Morvan et les environs du Quartz actuel.

Pour la première fois à Brest, un bâtiment est construit spécialement pour abriter la vie municipale. Sur 4 423 m², au lieu des 1850 précédemment.

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