, Interview Municipales 2026 : Saïd Benmouffok, l’enfant des Yvelines parti à la conquête de la mairie de Paris

Interview Municipales 2026 : Saïd Benmouffok, l’enfant des Yvelines parti à la conquête de la mairie de Paris

Saïd Benmouffok (41 ans), originaire de Mantes-la-Jolie (Yvelines), a été désigné par Place publique, cofondé par le député européen Raphaël Glucksmann, pour être le candidat du parti de gauche à la mairie de Paris aux Municipales 2026.

L’ancien conseiller municipal de Mantes-la-Ville (2014-2019), alors encarté au Parti socialiste, et ex-conseiller de la maire de Paris Anne Hidalgo sur les questions de jeunesse, d’éducation supérieure et de recherche, s’est longuement confié à 78 actu il y a quelques jours.

Alors qu’il entame un marathon pour son parti, le professeur de philosophie a accepté de partager ses ambitions, sa vision de la société, mais aussi ses années mantaises, dont il garde « un souvenir impérissable ». Il n’a éludé aucun sujet. Entretien

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« Une dette » envers son lycée mantais

• Vous qui êtes un Parisien aujourd’hui, quels souvenirs gardez-vous de vos années à Mantes-la-Jolie ?

Saïd Benmouffok : Je suis né à Alger, puis très jeune avec ma famille on est arrivé en France. On s’est installé à Bonnières puis à Mantes-la-Jolie. J’ai été étudiant au lycée Saint-Exupéry [à Mantes-la-Jolie]. J’y ai également fait mes classes préparatoires. De ces années, je garde un souvenir impérissable. Je suis devenu ensuite enseignant de philosophie à Saint-Ex, c’était pour moi une évidence. Ce lycée est un exemple de vivre-ensemble. J’ai voulu y rester comme enseignant, car j’estimais avoir une dette envers lui.

• Pourquoi une dette ?

Ce lycée m’a tellement apporté que je voulais à mon tour transmettre ce que j’y avais reçu. J’y ai rencontré des enseignants formidables qui ont été des figures marquantes pour moi. J’ai le souvenir de Pierre Dardot qui enseignait la philo. Il est aujourd’hui à la retraite. Il a marqué des générations. C’est lui qui m’a donné envie de devenir professeur, je lui dois beaucoup.

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« C’est un territoire qui m’a fait, qui a nourri mes convictions de gauche »

• C’étaient des années formatrices dans votre parcours ?

Oui, complètement. J’y ai connu mes premiers engagements politiques. J’ai milité à l’époque dans le Mantois au Parti socialiste. C’est un territoire qui m’a fait, qui a nourri mes convictions de gauche. Mes convictions de justice sociale, de lutte antiraciste. C’est un territoire de grande diversité et très dynamique. J’y ai beaucoup puisé.

• Vous avez exercé un mandat politique local à Mantes-la-Ville. Quel bilan en tirez-vous ?

Mon engagement politique local a commencé par un évènement traumatique : la défaite de la gauche en 2014 aux municipales de Mantes-la-Ville. J’ai été élu au conseil municipal. La gauche, divisée, n’a pas su s’unir. On a offert la victoire à Cyril Nauth, au Front National [devenu depuis le Rassemblement national].
Cette ville n’aurait jamais dû tomber aux mains de l’extrême droite. On a d’ailleurs très vite vu les conséquences des politiques délétères du FN sur une ville. C’était mon premier mandat officiel [il a démissionné en 2019, N.D.L.R.]. C’était tendu avec la majorité, on avait beaucoup de dossiers à défendre avec peu de moyens. C’était un exercice difficile, mais formateur.

Fin de grève victorieuse pour les agents communaux L'opposition (ici Amitis Messdaghi, Saïd Benmouffok et Annette Peulvast) refuse que la « protection fonctionnelle » demandée par quatre cadres de la mairie soit mise au vote. - IMG_2697
Saïd Benmouffok a été conseiller municipal d’opposition à Mantes-la-Ville (Yvelines) entre 2014 et 2019. Il était alors au Parti socialiste, aux côtés de l’ancienne maire Annette Peulvast-Bergeal. ©Claude Cécile

À Mantes-la-Jolie, « la gauche peut s’imposer si elle parvient à se rassembler »

• Quelle lecture faites-vous du paysage politique à Mantes-la-Jolie ?

On ne parle que de la guerre des droites, mais rappelons que la gauche peut s’imposer si elle parvient à se rassembler. C’est d’ailleurs un territoire qui politiquement devrait être à gauche.

• Il est pourtant bien acquis à la droite et ce depuis des années ?

Oui, c’est vrai. C’est difficile de se battre contre un pouvoir établi de longue date [depuis 1995], mais aujourd’hui les choses peuvent changer si la gauche locale s’unit. Cette unité, je la souhaite de tous mes vœux. Il y a des gens remarquables à gauche sur le territoire. Il faut dépasser les clivages et ne pas s’arrêter aux personnes, ne pas jeter les anathèmes.

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« J’ai un vrai problème avec la France insoumise »

• La France insoumise a-t-elle sa place dans cette union des gauches ?

Je ne connais pas ses représentants à l’échelle locale. En revanche, j’ai un vrai problème avec la France insoumise. On a un rapport différent à la démocratie. Je suis contre ce qu’ils incarnent, c’est-à-dire la brutalisation du débat public. Ils sont dans l’outrance, pire dans la violence. Ils font en sorte que les tensions dans la société soient exacerbées. Ils divisent, ils ne rassemblent pas.

• Ils arrivent pourtant à bien fédérer dans les quartiers populaires. Ils abordent notamment des sujets sur lesquels les quartiers se mobilisent, comme la question palestinienne…

Oui, car il y a chez eux une tentative de captation d’un électorat populaire. Le problème, c’est que ça se fait au détriment de la vérité. Ils disent : nous sommes les seuls à défendre la cause palestinienne. C’est mensonger et c’est au prix de la caricature des positions des autres. C’est une logique électoraliste que je rejette.
Il faut ramener de la rationalité sur ces questions, c’est mon combat. Je n’ai pas moins de peine quand je vois un juif être insulté dans la rue, de même qu’un musulman, ou encore pire quand il se fait assassiner comme cela a malheureusement été le cas pour Aboubakar Cissé [poignardé à mort dans une mosquée du Gard le 25 avril 2025 – N.D.L.R.].

« Il faut tenir, sinon on est condamné à être partial, à être ramené à un camp, à une identité, à défendre ceux dont on est identitairement les plus proches et ça ne fait pas une société. »

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« Je pense que Paris continuera d’être défendu par une personnalité de gauche »

• C’est le professeur de philosophie qui parle ?

Sûrement, car mon travail et mon engagement se nourrissent mutuellement. Et surtout, je refuse l’hémiplégie sur le sujet. On ne résout pas le conflit en disant aux gens votez pour nous parce que vous avez vu on a dit Vive la Palestine. Ce que j’enseigne à mes élèves, c’est qu’on a une injonction morale à aller vers l’autre pour le comprendre.

• Vous êtes le chef de file officiel de Place publique à la mairie de Paris pour 2026. Vous êtes confiant ?

J’ai cofondé ce parti en 2018 avec Raphaël Glucksmann. Je pense que Paris continuera d’être défendu par une personnalité de gauche, j’espère y contribuer. C’est devenu le sens de mon engagement. Paris est un monde.
J’ai eu très envie d’y aller parce que j’ai longtemps travaillé à la mairie de Paris. Je la connais très bien de l’intérieur en tant qu’institution. Pour le moment, on fait des réunions publiques, on va sur le terrain. On avance sûrement, mais patiemment. Je suis confiant, optimiste, résolu et déterminé.

Propos recueillis par Sabah Mouhoub-Boulaïd

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