, En 2025, cette ville de Seine-et-Marne fête les 100 ans du communisme à la tête de sa mairie

En 2025, cette ville de Seine-et-Marne fête les 100 ans du communisme à la tête de sa mairie

, En 2025, cette ville de Seine-et-Marne fête les 100 ans du communisme à la tête de sa mairie

Le 10 mai 1925, une nouvelle ère est lancée dans la commune de Mitry-Mory. Marcel Chevremont, communiste, devient maire.

100 ans plus tard, en cette année 2025, Charlotte Blandiot-Faride, représentant le PCF, est toujours à la tête de la municipalité.

À lire aussi

Depuis un siècle, cette commune de Seine-et-Marne n’a jamais changé de bord politique et est restée fidèle au Parti Communiste. Un cas pas si fréquent que cela.

100 ans sans interruption… ou presque

Tout débute, donc, en 1925. Marcel Chevremont, le nouveau maire de Mitry-Mory, premier communiste, le restera jusqu’au début de la Seconde Guerre mondiale. Puis, suite à la victoire rapide des Allemands, une période un peu spéciale se déclenche dans la ville de Seine-et-Marne. En effet, le conseil municipal est suspendu, et une délégation spéciale organisée par Vichy le remplace.

« De plus, le maire de cette ville a été déporté pour son étiquette politique et parce qu’il était résistant, ce qui n’est pas rien. », explique Charlotte Blandiot-Faride.

Vidéos : en ce moment sur Actu

Mais dès la Libération, le parti communiste est de retour à la tête de la municipalité : Albert Semat est élu en 1945. Suivront André Carrez, Noël Fraboulet, Jean-Pierre Bontoux, Corinne Dupont et donc Charlotte Blandiot-Faride depuis avril 2015.

Que signifie être communiste en 2025 ?

« Mitry-Mory a certes à la tête de son conseil municipal des maires qui ont une étiquette communiste, mais le reste est une équipe de gauche plurielle. On peut avoir l’impression qu’on a une forteresse communiste avec des habitants tous semblables, mais ce n’est pas du tout le cas. On n’est pas du tout une réserve indienne, on travaille avec beaucoup de collectivités et on a des discussions transpartisanes pour le bien-être de nos habitants », précise la maire actuelle.

L’édile insiste sur le fait qu’être communiste en France, « ce n’est pas le kolkhoze et les chars soviétiques ». « La France, en après-guerre, c’est le programme des Jours Heureux et du Conseil National de la Résistance, c’est la Sécurité sociale ou ce sont encore les congés payés quelques années plus tôt. »

Ce pays doit au communisme beaucoup d’avancées sociales.

Charlotte Blandiot-Faride, maire de Mitry-Mory

À l’échelle locale, l’édile revendique le droit de partir en vacances, qui est « un vrai vecteur d’émancipation », avec les classes de neige.  » La Ville a encore un centre de loisir en Vendée. » 

Cette dernière ajoute que les élus communistes « ont une vision singulière de la gestion de la commune, avec des champs de compétence sur lesquels on est présents. » 

On veut rendre des services qui répondent à des besoins utiles et vitaux pour la population. 

Charlotte Blandiot-Faride, maire de Mitry-Mory

Christine Fouquet, habitante de la commune depuis plus de 50 ans, appuie cette idée. « La première fois que j’ai vu la mer, c’est grâce aux colonies de la ville. C’est une ville solidaire, mes enfants ont pu participer à de nombreuses activités sportives et culturelles grâce à la commune. »

Proximité et progressisme

Mais comment expliquer une telle longévité, alors que les villes où les communistes sont à la tête de la municipalité sont de plus en plus rares ? « Si on doit la longévité à certaines choses, ça serait la loyauté envers notre mandat, la proximité et la capacité d’écoute. Je pense également qu’il y a eu le sens de l’histoire chez tous ces maires, avec la volonté d’imprimer la solidarité. »

Les maires de Mitry-Mory ont eu la volonté de passer le flambeau.

Charlotte Blandiot-Faride, maire de Mitry-Mory

Pour Charlotte Blandiot-Faride, l’un des éléments importants dans cette durabilité du communisme à la tête de la mairie de Mitry-Mory est le progressisme. « Dès 1925, quand Marcel Chevremont a été nommé maire, il a mis sur sa liste Amélie Martin, une femme. Cette dernière n’avait ni le droit de vote, ni celui d’être élue. La préfecture ne l’a pas laissé siéger mais c’est une preuve que la vision progressiste est ancrée depuis toujours ».

La question du droit des femmes a toujours été importante pour la ville. « Corinne Dupont, première maire de la commune, élue en juin 2005, a ouvert en 2009 la maison des droits des femmes et de l’égalité. C’est un service public municipal et il existe très peu d’endroits comme celui-ci », continue l’édile.

Des combats importants

Quand on pense à l’histoire de la commune, plusieurs anecdotes reviennent en tête. Pour Charlotte Blandiot-Faride, l’un des moments clés de l’histoire de Mitry a lieu à la fin des années 80, quand la ville doit devenir une ville nouvelle. « On doit construire 20 000 logements, c’est un lieu stratégique près de l’aéroport. Le maire, Jean-Pierre Bontoux, s’y oppose, en disant qu’il ne veut pas de ça pour sa ville. Il lance alors une campagne et il réunit les habitants pour expliquer aux autorités qu’on ne décidera pas pour Mitry ce que deviendra Mitry. De cette mobilisation, l’État cédera. »

À lire aussi

Alors que les élections municipales se rapprochent à grands pas, la question est de savoir si la mairie restera à gauche, et si oui, avec un ou une maire communiste. En effet, les dernières élections interrogent (30,77 % pour le Rassemblement National au premier tour des législatives 2024, deuxième derrière le NFP à 47 %).

« Je comprends le sentiment de délaissement et de lassitude qu’ont certains de nos concitoyens, notamment sur les conditions de vie et je vois bien que les idées d’extrême droite ont fait du chemin. Je me suis engagée en politique pour faire barrage à ces idées. Ça guide profondément mon engagement. Ça fait certes peur, mais ça redouble mon envie de ne pas lâcher l’affaire et de travailler sur le fond. La tâche sera rude », conclut Charlotte Blandiot-Faride.

Rendez-vous donc dans quelques mois pour voir si Mitry-Mory repartira pour six nouvelles années de maire communiste.

Suivez toute l’actualité de vos villes et médias favoris en vous inscrivant à Mon Actu.

En conclusion, DMJarchives.org incarne une véritable bibliothèque virtuelle de l’histoire locale en Île-de-France, offrant un accès inestimable à une multitude de trésors d’archives numériques. Grâce à son engagement à préserver la richesse culturelle et patrimoniale de la région, DMJ Archives comble les lacunes laissées par les documents historiques disparus. L’organisation méthodique des archives par territoire permet une exploration approfondie de l’histoire de chaque ville et commune. De la reconstitution des sites internet locaux à la compilation d’une photothèque exhaustive, en passant par la mise à disposition de documents variés, DMJarchives.org constitue une ressource inestimable pour les chercheurs, les étudiants et les habitants de la région francilienne. En somme, en offrant un accès facile et organisé à ces archives numériques, DMJarchives.org joue un rôle crucial dans la préservation et la diffusion de la mémoire collective de l’Île-de-France. Explorez cette riche plateforme pour plonger dans l’histoire fascinante de chaque territoire, et découvrez ainsi les trésors cachés de la région à travers les âges.