, Yvelines : à l’arrière de la collégiale Notre-Dame de Mantes-la-Jolie, l’église médiévale enfin localisée

Yvelines : à l’arrière de la collégiale Notre-Dame de Mantes-la-Jolie, l’église médiévale enfin localisée

Les équipes de Seine et Yvelines Archéologie (SYA) terminent leurs recherches autour de la collégiale Notre-Dame de Mantes-la-Jolie (Yvelines) le vendredi 21 mars 2025. Le chantier a permis de dénicher quelques trouvailles et des indices qui devront faire l’objet d’une enquête plus poussée.

De la « belle maçonnerie »

« Ce n’est pas un mur de la tour de Ganne », affirme Sandrine Lefèvre, chargée de valorisation chez SYA, lors d’une étape de la visite pédagogique du 12 mars 2025 dans le square du Château.

« Cette belle maçonnerie me fait plutôt penser à un mur d’une aile du château, les différentes couches de terre visibles prouvent la présence d’une terrasse donnant sur la Seine. Avec, peut-être dans la continuité, la chapelle évoquée dans les archives. »

Sandrine Lefèvre, chargée de valorisation chez Seine et Yvelines Archéologie
Visite Diagnostic archéologique abords collégiale Mantes-la-Jolie
Des éléments de maçonnerie de différentes époques et factures exhumés en mars 2025 dans le square du Château, à Mantes-la-Jolie (Yvelines), laissent à penser que l’église médiévale, antérieure à la collégiale Notre-Dame, pourrait avoir été localisée. ©Méréva Balin

L’église médiévale localisée ?

Une église datant du Xe siècle est en effet mentionnée dans les documents d’archives sur lesquels s’appuient les archéologues pour mener un diagnostic préventif dans le square du Château, le long de la collégiale Notre-Dame et sur le parvis de l’édifice religieux.

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« Elle aurait été détruite en 1087, peut-être par Guillaume le Conquérant, puis reconstruite. »

Sandrine Lefèvre

« Mantes-la-Jolie a été le théâtre de nombreuses batailles jusqu’au XVe siècle, car elle est située à la limite entre le domaine royal français, qui aux XI-XIIe siècles n’englobe qu’une zone autour de Paris à Orléans, et le territoire des ducs de Normandie qui s’entend sur tout l’Ouest du pays jusqu’à l’Angleterre », poursuit la médiatrice du SYA.

Des fortifications dès le XIe siècle

La fortification de la cité médiévale a donc commencé dès le XIe siècle avec une tour de guet en bois remplacée par un modèle en pierre situé « plutôt au niveau des jeux pour enfants ».

Le château aurait été, quant à lui, édifié bien plus tard, à partir du XIVsiècle « pour servir de résidence et montrer la puissance du domaine royal à tous ceux qui passaient sur le fleuve ».

« Il est connu par des archives ou des gravures faites du XVIe au XXe siècle qui peuvent être des interprétations d’un bâtiment présent au Moyen Âge », signale Sandrine Lefèvre.

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Remonter dans le temps

Trouver des traces concrètes corroborant ou infirmant les documents d’archives : c’est l’objectif des trois semaines de recherches menées par les archéologues depuis le lundi 3 mars.

Les indices recueillis, méticuleusement étiquetés et regroupés dans un sac selon la couche de terre dans laquelle ils ont été découverts, doivent maintenant être étudiés pour affiner les premières hypothèses.

« Plus on creuse, plus on remonte le temps, précise-t-elle. Les morceaux de poterie et les éléments de maçonnerie retrouvés vont nous permettre de dater les différents vestiges en fonction, notamment, des techniques utilisées. »

Visite Diagnostic archéologique abords collégiale Mantes-la-Jolie
Des ossements ont été retrouvés, en mars 2025, dans ce qui semble être une fosse commune dans la rue du Château, le long de la collégiale Notre-Dame de Mantes-la-Jolie (Yvelines). ©Méréva Balin

Une fosse commune mise au jour

Un peu plus loin, dans la rue du Château, les anthropologues sont à l’œuvre dans ce qui semble être une fosse commune. Non sans rappeler le cimetière mis au jour sur la place Saint-Maclou voisine en 2023. Les ossements mélangés d’au moins cinq adultes y ont été retrouvés.

« On observe les pratiques funéraires qui donnent des indices pour pouvoir dater, il n’était pas rare au Moyen-Âge de déplacer des ossements. »

L’une des anthropologues chargées du diagnostic préventif

« En laboratoire, nous pourrons affiner l’étude de la population comme l’âge des personnes enterrées. L’identification des ossements nous donnera une estimation du nombre d’habitants, par exemple », assure la chercheuse.

Pas de hauts personnages en vue

Les chercheurs ont aussi repéré une tache plus sombre dans l’orientation de la collégiale « qui pourrait être une tombe individuelle ».

Peu de chances toutefois qu’elle appartienne à l’un des illustres personnages ayant fréquenté la cité mantaise. « Les personnages de haut rang ont plutôt tendance à être inhumés à l’intérieur des églises », répond la chercheuse à la question d’un des participants de la visite.

Visite Diagnostic archéologique abords collégiale Mantes-la-Jolie
Sous le parvis de la collégiale Notre-Dame de Mantes-la-Jolie (Yvelines), une construction semi-enterrée avec un puits et un four a été mise au jour lors d’un diagnostic archéologique mené en mars 2025. ©Méréva Balin

Un puits inattendu

Sous le parvis de la collégiale Notre-Dame, les restes du bâtiment – déjà repéré lors des opérations de sondage par radar à pénétration de sol – ont été mis au jour.

Les archéologues ont eu la surprise de trouver un puits tout près de ce qui ressemble à un four. « Les textes parlent d’habitations sur le parvis de la collégiale en évoquant leur destruction pour y installer l’enceinte du fort Notre-Dame, entre 1350 et 1370 », décrypte Sandrine Lefèvre.

« La couleur orange de certaines pierres et les cendres encore visibles nous prouvent qu’il existait ici un foyer, mais on ne sait pas encore pour quoi faire. »

Sandrine Lefèvre

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Une prescription de l’État à venir ?

Contraints par le temps et le périmètre imposé, « 10 % du terrain », lors de ce diagnostic, les chercheurs ont désormais deux mois pour rédiger et publier un rapport.

« C’est ensuite l’État qui décidera d’imposer ou non une prescription à l’aménageur (en l’espèce la mairie de Mantes-la-Jolie – N.D.L.R.) pour réaliser une fouille préventive », conclut la salariée de SYA. Une hypothèse qui paraît plus que vraisemblable étant donné les vestiges découverts.

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