, Formule 1 : la fin d’un monde

Formule 1 : la fin d’un monde

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Tous pourraient dérouler la même histoire. Elle commence par la naissance de leur vocation, un dimanche après-midi devant un écran où rugissent des moteurs de formule 1. Elle se poursuit par des études dans les meilleures écoles d’ingénieurs. Et connaît son apothéose lorsqu’ils poussent la porte du centre de recherche et développement Renault de Viry-Châtillon (Essonne), 17 000 mètres carrés de pure technologie répartis en trois bâtiments. Le saint des saints, d’où ont jailli des moteurs douze fois champions du monde de F1, dont le célébrissime turbo, depuis 1977.

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« On a tous rêvé de travailler sur ce site et d’autres jeunes grandissent en projetant une carrière ici », confie un ingénieur maison, sous le choc des annonces de Philippe Krief. Le 23 juillet, le directeur général d’Alpine, mandaté par le PDG de Renault, Luca de Meo, a fait part de son intention de recourir à un autre motoriste, probablement Mercedes, pour équiper ses monoplaces à partir de 2026. L’issue devrait être officialisée à la fin du mois. À moins que la mobilisation des 334 salariés, des 150 employés de prestataires et du maire Jean-Marie Vilain, ému aux larmes jeudi lors d’un rassemblement organisé au siège de Renault par la CGT, ne change la donne.

Comme passer de la Ligue des champions à la 3e division

« On sait qu’il sera très difficile de faire changer Luca de Meo de position mais on veut y croire », pose Clément Gamberoni, l’un des porte-parole des contestataires. Dans le cas contraire, Viry-Châtillon, avec ses légendaires bancs d’essai et ses photos d’Alain Prost et de Michael Schumacher qui ornent les murs, perdrait sa raison d’être. Et la France un fleuron, assurent ses ingénieurs : « Nous développons l’un des quatre moteurs les plus efficients au monde, les voitures de F1 représentent l’un des plus grands accomplissements technologiques, à l’image d’Ariane, du Concorde, du TGV, des centrales nucléaires. »

Sans F1, le site resterait consacré à l’innovation, via l’endurance, la formule E ou même les autres véhicules de la marque, à travers le développement de l’hydrogène, par exemple. « Mais ça n’aurait rien à voir, tranche un employé qui, comme la majorité de ses collègues, a fait grève et a manifesté au dernier Grand Prix d’Italie. Les budgets de F1 sont tellement plus élevés que les autres. C’est comme passer de la Ligue des champions à la 3 e division. » En clair, les meilleurs ingénieurs iront dribbler ailleurs. Une fuite des talents inévitable dans un marché qui n’a jamais été aussi dynamique.

Pour justifier son intention, Renault avance pourtant des motifs économiques. Acheter un des moteurs disponibles en 2026 (Mercedes, Ferrari, Audi, Ford ou Honda) coûtera 17 millions par an. C’est 100 de moins que pour développer le sien. Imparable. Encore qu’en septembre 2023 le constructeur automobile soulignait l’enjeu d’image majeur que représentait la F1, loin des considérations mercantiles.

À croire que Viry-Châtillon est d’abord en train de payer les mauvaises performances de son moteur. Tous les techniciens penchés à son chevet en conviennent : il n’est plus à la hauteur depuis le passage à l’ère hybride en 2014. Aucun titre de champion du monde à se mettre sous les cylindres depuis le quadruplé en tant que motoriste de Red Bull (2010-2013), et même depuis dix-huit ans en tant qu’écurie à part entière. Renommée Alpine en 2021, l’équipe stagne en milieu de peloton. Elle n’a plus gagné depuis le Grand Prix de Hongrie en 2021 et pointe aujourd’hui à la 8e place (sur 10) du classement des constructeurs, avec les 13 petits points cumulés par Pierre Gasly et Esteban Ocon.

Mais tout n’est pas à mettre sur le dos de Viry-Châtillon. « Le moteur actuel, en exploitation depuis 2022, souffre d’un déficit de puissance qui contribue à hauteur de 20 % au déficit de la monoplace, le reste incombant aux développements châssis réalisés à l’usine d’Enstone [Angleterre] qui peine à se structurer, en proie à des changements de direction successifs », analysent les ingénieurs. Une pierre dans le jardin de Luca de Meo. D’abord identifié comme un allié sûr, celui-ci a vite été jugé trop interventionniste, faisant et défaisant ses lieutenants affectés à l’écurie. Ses choix d’hommes interrogent. Son timing, plus encore.

Pour anticiper le gel du développement des moteurs décidé par les promoteurs de la formule 1 entre 2022 et 2025, Viry-Châtillon travaille depuis deux ans sur le millésime 2026. « Et cette fois, on est sur la bonne voie, les résultats sont même au-dessus de ce qu’on espérait », assure-t-on en interne. Enfin un moteur bien né, dont rien ne dit qu’il serait inférieur à celui de Mercedes. « Il est rare qu’une écurie cliente d’un moteur puisse gagner face à une qui le conçoit elle-même, argumentent les salariés. Disposer de son motoriste attitré permet une intégration sur mesure dans le châssis et un gain de performance évalué à 0,5 seconde au tour, soit l’équivalent d’une année de développement châssis. Le règlement technique 2026 accentue cette nécessité. » Plutôt que d’acheter un moteur clés en main, Red Bull et le nouvel entrant Audi préfèrent construire leur usine dans cette perspective, investissant chacun un peu plus de 1 milliard d’euros.

Alors, pourquoi arrêter maintenant ? La stratégie mise en œuvre vise à ramener Renault sur le toit de la F1, font valoir ses défenseurs, mais elle est aussi un projet d’entreprise qui dépasse l’écurie. Alpine doit afficher des comptes à l’équilibre en 2026 tout en passant d’un seul modèle thermique à son catalogue à sept modèles électriques en 2030.

La réponse se trouve peut-être aussi du côté de Flavio Briatore. Fin juin, le sulfureux patron, qui a mené Renault F1 au titre en 2005 et 2006, a déboulé aux manettes d’Alpine, à la demande de de Meo. L’Italien a toujours estimé plus efficace d’acheter le meilleur moteur plutôt que d’en développer un. Le temps ne l’a pas fait varier. Quitte à tourner une page d’histoire. « L’arrêt du programme de Viry résonne comme un arrêt définitif des activités F1 en France, prévient Clément Gamberoni. La barrière technologique sera trop haute à reconquérir, les investissements initiaux trop coûteux pour imaginer revenir dans la discipline. » La fin d’un monde…

Charles Leclerc, Bakou sûr

Quatre à la suite dans les rues de Bakou pour Charles Leclerc, qui s’élancera de nouveau en pole position du Grand Prix de formule 1 d’Azerbaïdjan avec sa Ferrari (13 heures), devant Oscar Piastri (McLaren). Et tension grandissante pour Max Verstappen et Red Bull. Le Néerlandais partira 6e, ce qui reste mieux que Lando Norris (17e), son dauphin au classement des pilotes, mais son écurie ne compte plus que huit points d’avance sur McLaren au championnat constructeurs. Un classement dont elle occupe la tête depuis plus de deux ans. Fond de grille pour l’Alpine d’Esteban Ocon (20e), mieux pour Pierre Gasly (13e).

Pour conclure, DMJarchives.org incarne une avancée majeure dans la préservation de l’histoire locale en Île-de-France. Grâce à cette plateforme, chacun peut accéder à un vaste fonds d’archives numériques, allant des photographies aux documents écrits, en passant par les versions historiques de sites web locaux. L’engagement de DMJ Archives à protéger et à partager ces trésors culturels et patrimoniaux permet non seulement de redécouvrir le passé de chaque territoire, mais aussi d’enrichir notre compréhension collective de l’évolution de la région. En offrant un accès libre et organisé à des centaines de milliers d’archives, DMJ Archives se positionne comme un outil indispensable pour les chercheurs, les étudiants, et les passionnés d’histoire locale. Que vous soyez en quête de renseignements précis ou simplement curieux de découvrir l’évolution des villes de l’Île-de-France, DMJarchives.org est la ressource par excellence pour explorer cette mémoire collective numérique. En somme, DMJarchives.org ne se contente pas de sauvegarder le passé; il le fait revivre, contribuant ainsi à la transmission du patrimoine historique à toutes les générations. N’hésitez pas à visiter DMJarchives.org et à plonger dans les archives pour découvrir l’histoire fascinante de chaque territoire francilien.