, Les Doumet, cette dynastie de maires qui a marqué l’histoire de Sète, au XIXe siècle.

Les Doumet, cette dynastie de maires qui a marqué l’histoire de Sète, au XIXe siècle.

, Les Doumet, cette dynastie de maires qui a marqué l’histoire de Sète, au XIXe siècle.

Jean-Baptiste, Emile-Auguste et Napoléon Doumet se sont succédé à la mairie de Sète entre 1837 et 1876. Notamment à l’origine de l’adduction d’eau potable depuis Issanka, le second a en particulier laissé un important héritage.

Il y a eu Jean-Baptiste (1767-1848), Emile-Auguste (1796-1869) et enfin Napoléon (1834-1897). De père en fils, les Doumet ont marqué l’histoire politique de l’Île singulière au XIXe siècle. Une rue en porte le nom, qui relie les rues Paul-Valéry et Colonel Fabien, entre quartier Haut et Château d’eau.

Cette famille de la haute bourgeoisie du Bas-Languedoc, qui avait choisi Sète – alors Cette – comme point d’ancrage, a écrit d’importantes pages de la cité.

Jean-Baptiste a donc ouvert le bal. Officier de cavalerie, fait chevalier de la Légion d’honneur, nommé commandant de la garde nationale à Sète après avoir été rendu à la vie civile, il a été maire de 1837 à 1843.

Cumul de mandats

Mais c’est assurément son fils, Emile-Auguste qui, comme Honoré Euzet, « l’homme aux talons rouges » sept fois maire entre 1895 et 1931, est entré dans l’histoire des premiers magistrats ayant marqué la ville. Après une carrière militaire qui l’a vu participer à la campagne d’Espagne en 1823, il entre en politique, effectuant quatre mandats de maire en plus d’être élu député et conseiller général en 1852.

Son legs est important. Emile-Auguste Doumet est l’homme qui a permis à l’eau d’Issanka de couler à Sète dès 1862 malgré l’éloignement de la source. Faisant du succès économique sa priorité, il n’a pas hésité à engager une politique, très audacieuse pour l’époque, du recours à l’emprunt. Étendant le domaine public maritime, viabilisant des dizaines d’hectares sur « l’île basse », rénovant l’hôpital Saint-Charles au centre-ville, il a créé la perspective depuis la place Delille, le bassin derrière la gare (Cayenne) et le canal à l’entrée de la ville.

Il était une sorte de Georges Frêche N. 2

Passionné d’histoire naturelle, il a conçu un « musée Doumet », près de la rue Raymond-Lefebvre – qui porta le nom de rue du Musée jusqu’en 1963 –, et a installé six serres et une orangerie dans les deux jardins de 1 800 et 2 500 m2 dont il était propriétaire dans la « cité Doumet ». « Il a aussi fait don du château d’eau à la ville et est à l’origine de certaines traditions de la Saint-Louis, comme l’accueil du vainqueur en mairie. Il a fait entrer les joutes languedociennes et sétoises en montant à Paris et en organisant des combats de joute sur la Seine. Il était une sorte de Frêche N.2, donnant l’expansion à Sète comme Frêche l’a fait avec Montpellier », détaille Jacques Vié, fin connaisseur de l’histoire de la ville.

Bien que surnommé « Le mal aimé », Emile-Auguste a été enterrée au cimetière marin le 27 janvier 1869 et la ville lui a rendu hommage en marquant d’un crèpe noir chaque borne-fontaine.

Fils d’Emile-Auguste, Napoléon Doumet, rentier, a lui aussi été maire de Sète de 1874 à 1876. Président de la Société d’horticulture et d’histoire naturelle de l’Hérault, qu’il a fondé avec son père, il n’a pas été réélu et s’est retiré dans le domaine familial de Balaine, dans l’Allier, en emportant musée et collections.

Soixante-dix ans plus tard, par délibération municipale, sept rues publiques ont été créées à Sète pour « perpétuer le souvenir de personnages particulièrement méritants », dont la rue Doumet, baptisée au centre de la cité éponyme.

Aglaé Adanson, une épouse dans l’histoire

Elle a été mère mais jamais maire. Aglaé Adanson (1775-1852) a elle aussi marqué l’histoire. Remariée avec Jean-Baptiste Doumet en 1796, avec qui elle aura deux enfants (Emile-Auguste et Anacharsis), cette fille d’un célèbre naturaliste et philosophe héritera du domaine de Balaine, dans l’Allier. Elle y développera sa passion pour la botanique en réaménageant les 500 hectares laissés à l’abandon pour y créer un parc, des jardins et un château. Fondatrice de la Société nationale d’horticulture de France en 1827, Aglaé Adanson est l’auteure de nombreuses publications sur le jardinage, les économies rurale et domestique, dont La maison de campagne, premier traité d’économie domestique écrit par une femme, réédité cinq fois. La mère d’Emile-Auguste Doumet repose dans la chapelle du château de Balaine. L’arboretum qu’elle a créé en 1804 est aujourd’hui exploité par ses descendants et on peut le visiter du 1er mars au 15 novembre (www.arboretum-balaine.com).

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