, Seine-et-Marne : comblée illégalement en 2020, cette zone humide protégée va enfin être recréée

Seine-et-Marne : comblée illégalement en 2020, cette zone humide protégée va enfin être recréée

À la fin du mois, le hameau de Bailly-Romainvilliers (Seine-et-Marne) devrait avoir retrouvé sa mare. Cette zone humide située au 10 de la rue du Poncelet, pourtant protégée, avait été comblée illégalement en 2020. Cinq ans après, l’aménageur public EpaFrance, propriétaire du terrain, vient de lancer les travaux pour la reconstituer, depuis le 27 octobre 2025.

Un bout du patrimoine détruit

En août 2020, alors que la pandémie de Covid-19 accaparait l’actualité, la disparition de la mare du Poncelet n’était, malgré tout, pas passée inaperçue. Avec le confinement, le petit hameau est en effet devenu un lieu de promenade prisé des habitants qui pour certains, le découvrent, raconte la maire de Bailly, Anne Gbiorczyk : « Il était alors dans le périmètre où l’on était autorisés à aller ».

Alors, quand des camions et pelleteuses arrivent et commencent à travailler le terrain, elle est très vite prévenue. « On avait demandé à suspendre les travaux. C’était un vendredi et j’ai su dans le week-end que cette demande n’était pas respectée, alors dès le lundi, nous avons pris un arrêté interruptif », se souvient Anne Gbiorczyk.

Environnement. La mairie fait stopper les travaux rue Poncelet Sous le saule pleureur se trouvait une mare, zone humide protégée avant les travaux de terrassement. - IMG_6836
En 2020, la mare avait été comblée par les propriétaires occupants au mépris des règles de protection. ©Julia GUALTIERI

Cet épisode émeut alors les habitants. Le hameau, petit havre bucolique avec sa ferme, son donjon insolite et son église vieille de dix siècles, est un lieu préservé. « C’est le seul patrimoine de la commune » et « un lieu chargé d’histoire », souligne la maire.

Près de l’église, la mare est une zone humide protégée. « Nombre d’habitants y ont des souvenirs », explique Anne Gbiorczyk. Notamment ceux qui se sont mariés à l’église puisque la mare fournissait un cadre idéal pour les photos. « En mairie, on en a de très anciennes, en noir et blanc », commente la maire.

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Un bout d’histoire préservé de la ville nouvelle

Le hameau de Bailly est un petit morceau d’histoire encore préservé dans la ville nouvelle. Au Moyen Âge, avec son château et son église, le hameau était le village central, tandis que la ville que l’on connaît aujourd’hui, était son hameau. Se promener rue du Poncelet revient donc à remonter aux origines de Bailly.
Du château et de ses douves, il ne reste aujourd’hui plus rien que quelques traces écrites. La Révolution est passée par là et ce chef-lieu, habité par de grands personnages de cour, des parlementaires, des écuyers, ou encore des avocats du Roi, n’échappe pas à la colère du peuple.
Le donjon et le corps de ferme sont en réalité bien plus récents, le premier ayant été érigé à la fin du XIXe siècle et la ferme et ses constructions au style normand, un siècle avant.
L’église est la partie la plus ancienne, bien que sa date de construction ne soit pas certaine. On sait en revanche qu’elle existe à la fin du XVe siècle et qu’elle est alors appelée Notre-Dame de la Condre. Elle est probablement le dernier vestige du prieuré qui existait au XIIe siècle.
Encore préservé de l’urbanisation, le hameau sera bientôt rattrapé par la ville nouvelle. Et bien que la mairie assure qu’il sera protégé, certains habitants ne cachent pas leur inquiétude pour l’avenir.

Un chantier à la charge d’EpaFrance

La reconstitution de ce patrimoine naturel n’a donc « jamais fait question », assure Anne Gbiorczyk. Dès le départ, l’aménageur s’y est engagé. « Mon travail a simplement consisté à le leur rappeler très régulièrement », sourit-elle. Pourquoi a-t-il fallu attendre si longtemps ? Est-ce en raison d’une procédure juridique à l’encontre du propriétaire occupant ? Au moment des faits, l’aménageur indiquait que :

Ces travaux ont été menés sans notre accord, en contradiction avec la Convention d’occupation précaire.

EpaFrance

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Si la maire de Bailly explique n’avoir pas eu d’explications détaillées, elle se réjouit que les travaux aient commencé. Depuis lundi 27 octobre 2025, EpaFrance a en effet lancé le chantier pour « reconstituer son équilibre écologique ». La première étape, indique l’aménageur, consiste à dépolluer les sols. « Les terres polluées sont extraites et acheminées vers une décharge agréée, conformément aux normes environnementales en vigueur », nous explique-t-on. Pour cela, EpaFrance est accompagné par le bureau d’études SEMOFI, chargé du suivi technique et du contrôle de la traçabilité des terres évacuées.

Reconstituer un écosystème

Il faudra ensuite reconstituer le fond de la mare : « Un corroie d’argile est mis en place afin de restaurer l’étanchéité naturelle du site ». Enfin, la dernière étape constituera à revégétaliser le site : « Des plantes hydrophiles adaptées seront introduites pour favoriser le retour de la biodiversité et permettre à la mare de retrouver ses fonctions écologiques », précise l’aménageur qui a mandaté sur cette partie, une entreprise spécialisée en aménagement paysager, sous la supervision de Natacha Mathius, la coordinatrice environnementale d’EpaMarne-EpaFrance.

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« Nous avons renforcé la protection de la mare »

« Retrouver le paysage que l’on cherche à protéger était un prérequis », reprend Anne Gbiorczyk. Les discussions sont en effet en cours entre l’aménageur, représentant de l’État sur le territoire, et la municipalité, en vue du développement de ce secteur qui comprend en plus la zone dite « La Motte » et la plaine de Lilandry. « Nous avons renforcé la protection de la mare dans le nouveau PLUi (Plan local d’urbanisme intercommunal, NDLR) qui est actuellement en cours de finalisation », assure la maire. Tandis que le hameau est inclus dans un STECAL (secteur de taille et de capacité d’accueil limitée, NDLR) afin de le « préserver ». « Il est question de réaliser 800 logements mais beaucoup plus au nord », ajoute Anne Gbiorczyk.

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