
Claude Cauet, actuel premier adjoint (Pcf) au maire, élu depuis 1989, sera bientôt le nouveau maire de Pierrelaye (Val-d’Oise). Lors d’un conseil municipal organisé le mercredi 15 octobre 2025 dans la salle polyvalente, à partir de 20h30, Michel Vallade soumettra cette proposition au vote de ses collègues. Le maire (Pcf) sortant a envoyé sa lettre de démission au préfet, pour qu’elle soit effective au 15 octobre. La séance ouverte au public devrait être émouvante pour le maire sortant. À 83 ans, celui qui est aux commandes de la ville depuis 1977 (le plus ancien maire du Val-d’Oise en terme de longévité) n’achèvera donc pas son neuvième mandat (des élections municipales partielles avaient eu lieu en 1992). Mais il restera conseiller municipal jusqu’à la fin du mandat. Michel Vallade avait annoncé en janvier 2024 lors de ses vœux que ce serait son dernier mandat.
Élu dans la vague de gauche de 1977
1977, année faste pour la gauche, trois ans après l’élection de Valéry Giscard d’Estaing. Une vague rose et rouge s’abat sur la France. Dans le Val-d’Oise, de nombreux maires de gauche sont élus : Alain Richard (Ps) à Saint-Ouen-l’Aumône, Michel Coffineau (Ps) à Bouffémont, Bernard Angels (Ps) à Ecouen, Robert Hue (Pc) à Montigny, Jean-Pierre Le Coadic (Ps) à Taverny et Michel Vallade (Pc) à Pierrelaye. « J’étais parmi les plus jeunes, avec Alain Richard et Robert Hue, se souvient Michel Vallade. Pierrelaye n’avait aucun équipement et vingt-huit salariés. Aujourd’hui, il y en a 240 et plus de 10 000 habitants. » Au fil des mandats, plusieurs projets sortent : médiathèque, parc des sports, piscine, collège, suppression des passages à niveau, urbanisation… La dette reste contenue. En 1984, Michel Vallade décide de sortir Pierrelaye de la Ville nouvelle de Cergy-Pontoise : « Cela nous a permis de retrouver notre pleine autonomie et de récupérer les impôts. » Parmi ses faits d’armes, l’élu a réussi à préserver la plaine agricole de l’urbanisation. Avec ses collègues maires du Smapp émerge au tournant des années 2000 le projet de la forêt de Maubuisson (que Michel Vallade continue d’appeler Forêt de Pierrelaye), qui mettra encore 20 ou 30 ans à être pleinement abouti.
« Je tiens à lui témoigner toute ma confiance »
En octobre 2024, il restait évasif sur la question de lâcher son mandat avant la fin mais laissait entrevoir l’idée de sa succession. Son premier adjoint, Claude Cauet, était « bien placé. Il maîtrise bien les choses, les dossiers. Il a toujours été à mes côtés. Il mérite cette reconnaissance du travail accompli. Je dirai les choses au moment voulu. »
Le moment, c’est maintenant. Michel Vallade a rédigé une « Lettre du maire », qui sera distribuée ce week-end, pour expliquer son choix aux Pierrelaysiens. Il souligne que Claude Cauet et lui « [partagent] les mêmes valeurs fondées sur la justice sociale, l’égalité, la tolérance, la solidarité, l’altruisme. Nous défendons avec ardeur le service public et se personnels. Je tiens à lui témoigner toute ma confiance ».
En juillet dernier, Michel Vallade nous avait confié qu’il passerait la main à son premier adjoint « un peu avant » la fin du mandat. Ce sera pile à cinq mois du scrutin prévu les 15 et 22 mars 2026.
Michel Vallade se sent « fatigué »
Pourquoi passer la main ? Parce qu’à 83 ans, et « après 50 ans de fonction », l’ancien photograveur de presse, entré dans le syndicalisme quand il travaillait à Clichy lors des grandes grèves de 1968, se dit « fatigué ».
Une façon de donner un coup de pouce à Claude Cauet, qui conduira la liste d’union de la gauche en 2026 ? « Cela l’aidera peut-être », confiait-il. Du sport à la jeunesse en passant par l’enfance et l’environnent, Claude Cauet, 71 ans, a fait le tour des délégations.
Pour l’opposition, « Pierrelaye mérite mieux qu’un successeur désigné »
Du côté de l’opposition, Éric Bosc (Les Républicains), qui conduira sa liste en mars 2026, estime que Michel Vallade « fait sans doute cela pour légitimer le futur candidat, mais ce n’est pas comme ça qu’on légitime quelqu’un. Il veut laisser la main à un élu de son parti, on ne peut pas l’en empêcher. Mais Pierrelaye mérite mieux qu’un successeur désigné ». La campagne est déjà lancée.
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