, Yvelines : les « voisins » se chamaillent toujours sur la propriété d’un des plus vieux ponts de France

Yvelines : les « voisins » se chamaillent toujours sur la propriété d’un des plus vieux ponts de France

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Alors qu’un chantier de restauration du Vieux pont médiéval, reliant à l’origine la rive de Limay (Yvelines) à celle de Mantes-la-Jolie par l’Île-aux-Dames, a démarré au début du mois de juillet 2024, des opposants au projet de la pose d’une passerelle piétonne, prévue en 2025, en appellent à la mairie limayenne, coupable à leurs yeux « d’accepter ça ». La municipalité de Limay n’en est pourtant pas propriétaire.

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Une affaire tranchée depuis juin 1923

Depuis le 15 juin 1923, la Ville de Mantes-la-Jolie détient en effet le pont datant du XIsiècle dans son ensemble et la maison du Passeur située sur la rive limayenne. L’ouvrage a été, à cette date, classé au titre des Monuments historiques. « Il est alors décidé qu’il appartient à Mantes », précise le site Internet du service de l’Inventaire général du patrimoine culturel (IGPC) de la Région Île-de-France.

Un vieux conflit de voisinage

La fiche figurant sur l’encyclopédie en ligne collaborative Wikipédia ou encore le site du ministère de la Culture désigne toujours l’ouvrage sous l’appellation « Vieux pont de Limay ». Les publications de photos et de vidéos du pont donnent souvent lieu dans l’espace de commentaires à des débats, parfois vifs, sur le nom du site.

Les pages du journal local, Le Courrier de Mantes, ont été il y a quelques années le théâtre d’un recadrage venu de Michel Potrel, président de l’association Culture et patrimoine mantais. « Il est répété à plusieurs reprises pont de Limay », signalait-il en 2019.

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« Nous devons mener une campagne pour que tous les Mantais sachent que ce pont appartient à Mantes-la-Jolie. »

Michel Potrel, président de l’association Culture et patrimoine mantais

Il est vrai que les vieilles habitudes sont tenaces, comme l’est la résurgence des différents conflits de voisinage qui ont opposé les deux cités du Mantois au cours du temps à propos de ce lieu de passage déterminant pour le commerce autrefois.

Un chantier de restauration avant l’arrivée de la passerelle

Des plongeurs scaphandriers, un expert balisticien, une agence intervenant au titre d’architectes du patrimoine, le tout supervisé par un archéologue de la direction régionale des affaires culturelles Île-de-France : les travaux de restauration du Vieux pont médiéval, menés par la communauté urbaine Grand Paris Seine à Oise (GPS&O), ont commencé dans les premières semaines du mois de juillet.
Les plus observateurs auront remarqué l’échafaudage posé sur la rive du côté de l’île-aux-Dames. Lundi 29 juillet 2024, des plongeurs scaphandriers sont arrivés sur les lieux pour aller chercher les pierres tombées au fond du fleuve afin qu’elles soient nettoyées et remises à leur place d’origine. « Le balisticien tentera de déterminer l’époque et la provenance des éventuels impacts de balle », informe aussi la communauté urbaine.
Ce chantier doit se poursuivre jusqu’à la mi-2025. La pose de la future passerelle piétonne n’est pas attendue avant l’automne de cette même année pour une mise en service l’année suivante.

Immortalisé par de nombreux artistes

Considérée comme « l’un des plus vieux de France », ainsi que le précise la communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise dans sa communication, la construction médiévale comptait à son apogée trente-sept arches et se découpait en trois parties surplombant les deux bras du fleuve. Son accès était « réglementé par un péage très lucratif dès le XIIe siècle », assure l’IGPC régional.

Des maisons, des pêcheries et des moulins assuraient l’animation du lieu, comme en témoignent nombre de dessins et de gravures. Le tableau le plus célèbre représentant l’ouvrage demeure Le pont de Mantes de Jean-Baptiste Corot (1796-1875). Pas étonnant dès lors que les deux bourgs de l’époque se disputent la paternité de la construction.

Dynamité pour ralentir l’armée allemande

Seules neuf arches ont résisté aux affres du temps, et notamment au dynamitage réalisé pour retarder l’avancée des soldats allemands pendant la Seconde Guerre mondiale.

La rivalité entre les communes s’est aussi longtemps incarnée dans l’opposition de leurs deux compagnies d’arquebusiers, les chiens de Mantes et les loups de Limay. En subsistent depuis plus de vingt ans deux témoignages en bronze réalisés par la sculptrice Bernadette Kanter et trônant à l’extrémité du pont neuf de Mantes.

Mantes, une agglomération sous le signe de la zizanie Il y a eu de nombreuses disputes entre chiens de Mantes et loups de Limay. - P1030858
Les disputes de voisinage entre les chiens de Mantes-la-Jolie, ici symbolisés par l’une des statues installées au bout du pont moderne, et les loups de Limay jalonnent l’histoire des deux villes des Yvelines. ©Fabien Dézé

Une « frontière » physique

Côté géographie, les choses sont claires, elles aussi. « En 1985, la Ville de Mantes a cédé un hectare de l’Île-aux-Dames à celle de Limay », explique Maurice Martin, historien local. Raison pour laquelle sur les cartes satellites modernes, le pont se situe pile sur la ligne de démarcation entre les deux communes.

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