La chapelle Saint-Pierre, à Notre-Dame-de-la-Mer (Yvelines), peut-elle être sauvée de la destruction ? Nombreux sont ceux, en tout cas, à ne pas vouloir se résoudre à la disparition programmée de ce patrimoine du XIIe siècle – en ruine et devenu dangereux – de l’ancienne commune de Port-Villez. Une pétition pourrait peut-être tout changer…
Comme nous le rappelions le 30 août 2025, la municipalité a renoncé à la sauvegarde de la petite église posée le long de D915 en raison de l’ampleur des travaux à mener pour la réhabiliter. Pas moins de 600 000 € seraient nécessaires.
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Une association sort du bois
La collectivité dirigée par Jean-Luc Mailloc a déjà obtenu l’accord du diocèse de Versailles pour sa désacralisation. Elle est toujours dans l’attente d’un document officiel de la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) attestant que la chapelle n’est ni classée ni inscrite aux Monuments historiques (ce qui est le cas – N.D.L.R.) afin d’engager auprès de la préfecture une procédure de désaffectation du domaine public.
Début septembre 2025, une pétition a été lancée par la remuante association Urgence Patrimoine, qui existe depuis 2014, pour tenter d’inverser le cours de l’histoire. Elle a déjà recueilli plus de 13 000 signatures.
Émotion au sein de la communauté catholique
Le sujet, qui enflamme quelques esprits et émeut la communauté catholique, bien au-delà d’ailleurs des frontières de la commune, s’est même invité sur le plateau de CNews, le 16 septembre 2025.
Alexandra Sobczak-Romanski, la fondatrice d’Urgence Patrimoine, invitée sur le plateau de Christine Kelly, a plaidé pour la cause de la chapelle Saint-Pierre. « Le lendemain, la pétition a décollé », a-t-elle confié à 78 actu.
Urgence Patrimoine revendique une cinquantaine de sauvetages
Urgences Patrimoine « lutte contre les démolitions des témoins de notre mémoire collective », « essentiellement lorsqu’ils ne sont pas protégés au titre des Monuments historiques », peut-on lire sur son site Internet.
L’association multiplie « les recours en justice », partout en France. « Sans ces actions, revendique-t-elle, ce serait plus d’une cinquantaine d’édifices qui auraient disparu, ou qui auraient subi de nombreuses mutilations. »
Plusieurs « victoires » depuis 2014
Urgence Patrimoine liste sur ses « victoires ». Il y a là notamment des églises (comme Sainte-Rita à Paris), mais aussi des châteaux (Westhove à Blendecques, Pas-de-Calais ; Lixon à Louvroil, Nord), le cimetière des Indigents à Évreux (Eure) ou encore un hôtel à Nevers (Nièvre).
Son action ne se limite pas « à la sauvegarde du patrimoine bâti ». « Paysages, savoir-faire, langues régionales et traditions sont autant de patrimoines à défendre et à valoriser », souligne Urgence Patrimoine dans sa profession de foi. On la retrouve ainsi aux côtés d’associations locales ou de défense de l’environnement contre l’implantation d’antennes de télécommunication.

Un réseau d’experts et d’artisans
Alexandra Sobczak-Romanski souhaite maintenant pouvoir mettre à la disposition de la municipalité de Notre-Dame-de-la-Mer son réseau d’experts et d’artisans, « des amoureux du patrimoine, pas des gens intéressés par l’argent », afin de voir comment il est possible, dans un premier temps, de réduire la facture.
« 600 000 €, ça me semble quand même très cher. On peut d’abord envisager de chiffrer des travaux d’urgence. »
Le maire de Notre-Dame-de-la-Mer à l’écoute
Son credo : « N’importe quoi sauf la démolition ! Qu’elle ne soit plus un lieu de culte, ce n’est pas grave. Ce qui est important, c’est qu’elle ne disparaisse pas. Elle est quand même du XIIe siècle. Et si le maire veut quand même la vendre, on fera en sorte de l’aider à trouver la bonne personne. »
Jean-Luc Mailloc, le maire de Notre-Dame-de-la-Mer, se dit à l’écoute. « Je ne suis fermé à rien. Mais ça presse ! Je serai peut-être bientôt obligé de prendre un arrêté de péril. S’il arrive quelque chose, qu’il y a un accident, c’est moi qui serais responsable. »
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« Très détérioré » à l’extérieur comme à l’intérieur
L’église Saint-Pierre, de style roman, a été restaurée en 1920 et 1957. Une dernière messe y a été organisée en 2010. « L’état de cet édifice est très détérioré tant pour sa structure extérieure que pour sa charpente qui aujourd’hui est tenue par des étais dans son intérieur », a tenu à rappeler Jean-Luc Mailloc à son conseil municipal ce jeudi 25 septembre 2025.
« Nous sommes confrontés à plusieurs problèmes. En dehors du montant de l’investissement que la commune ne peut pas envisager, le manque de stationnement et son accès pour les piétons sont difficiles. L’église est très proche de la RD 915 dont le trafic est d’environ 90 000 véhicules mensuels. Les accès par le bord de la seine ne sont possibles que par un petit tunnel de faible hauteur sous la voie ferrée. »
Le devis de restauration date de 2023
« Nous avons fait estimer le coût de sa restauration en 2023 […], poursuit le texte. Les murs de soutien en très mauvais état ne permettent pas la rénovation du toit. Nous avons contacté en particulier les compagnons du tour de France. »
« Ils nous ont informés que ces travaux sont bien trop ambitieux au vu de la progression pédagogique que les apprenants doivent suivre en vue de l’obtention de leur certification. »
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Des chauves-souris dans la sacristie
Pour l’heure, la municipalité reste engagée sur le chemin qu’elle avait tracé : « Après la a désacralisation, nous ouvrirons le débat et nous étudierons le devenir de ce patrimoine (garder son clocher après une étude de sa structure, une partie des bâtiments ; un panneau d’information avec l’historique de cette église, la vendre à un particulier ou une association…).»
Le tout « en prenant en compte, est-il bien souligné, avec l’aide de Natura 2000, de la sauvegarde de la nurserie de petits rhinolophes (espèce protégée de chauves-souris) logées dans la sacristie. »
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