À Argenteuil (Val-d’Oise), « la fréquentation est en chute libre. Actuellement, il n’y a personne », confie l’un des cafetiers de l’avenue Gabriel-Péri.
Le soleil brille, mais la morosité domine. Les travaux, qui démarrent dès 7 heures du matin pour s’achever à 16 heures, ont des conséquences lourdes sur l’activité des commerçants et autres professionnels d’Argenteuil.
Des travaux conséquents
« Vous demandez à n’importe quel commerçant, c’est vide même en week-end et pourtant nous sommes en été. D’habitude, il y a du passage. Je suis obligé de rester ouvert toute la journée et malgré ça, c’est vide, c’est la galère », insiste ce même cafetier.
Constat que partage aussi la libraire de l’avenue. « Beaucoup de gens ne viennent plus en centre-ville à cause des travaux. On fait avec. On savait à quoi s’attendre après les différentes réunions. Heureusement que l’on a encore une bonne base de clients malgré les difficultés de circulation. »

Dans le cadre des travaux sur l’avenue Gabriel-Péri, le carrefour entre les rues Antonin-Georges-Belin, de la Liberté et Paul-Vaillant-Couturier est fermé à la circulation depuis le 30 juin 2025 et le restera jusqu’au 29 août. Ouverte à la circulation à la fin des années 1960, cette large avenue aux quatre voies et stationnements latéraux n’est plus adaptée à son époque, selon la mairie.
Conséquence directe de ce réaménagement, la ligne de bus 8 sera déviée dans les deux sens, avec un report vers l’arrêt Labrière (Ratp). Une contrainte pour beaucoup, mais pas pour Claudine, habitante du quartier, qui, elle, « aime marcher. »
Un projet ambitieux
« On nous parle souvent de bouchons à Argenteuil, moi je vais vous parler d’avenir », rappelle le 1er adjoint délégué au Cadre de vie, Xavier Péricat, dans une vidéo publiée sur Facebook.
Lancé en janvier 2024 par la Ville, en concertation avec le comité des commerçants du centre-ville et les habitants, le projet Canopée de 18 millions d’euros conçu par l’agence Michel Desvigne Paysagiste, vise à redonner vie au cœur de ville.
En apaisant la circulation et en recréant des espaces de convivialité, « il vise à transformer une avenue aujourd’hui de transit en une avenue de destination (…) qui soit plus accueillante que jamais », précise l’élu.
Dans cette commune de 107 000 habitants, les travaux ont été volontairement répartis sur 18 mois, en deux phases distinctes, afin d’éviter de transformer l’ensemble de l’avenue en un seul chantier.
Le phasage et le séquençage des opérations permettent de préserver au maximum l’accès et la circulation, tout « en limitant les nuisances tant pour les commerçants que pour les Argenteuillais en choisissant juillet-août », ajoute Xavier Péricat.
Du vert en centre-ville
Avec 360 arbres plantés et la création de bosquets, le projet validé en conseil municipal rompt avec l’aspect minéral actuel de l’avenue. Il mise sur la monumentalité de cet axe qui relie la Seine à l’hôtel de ville pour y déployer une trame verte ambitieuse : mini-forêts, bosquets favorisant la biodiversité, végétation abondante sur les placettes réaménagées.
Le rétrécissement de la chaussée à deux voies automobiles permettra quant à lui l’aménagement de pistes cyclables sécurisées et des trottoirs élargis au revêtement repensé, propices à l’installation de terrasses et à la mise en valeur des commerces. Derrière les gravats, il y a des voix, des visages, des vies en pause.
Tous espèrent une chose : que la fin du chantier rime enfin avec un nouveau départ. « La mairie essaie d’améliorer le quotidien des Argenteuillais avec de la verdure. Ces dernières années, ça s’était dégradé, tout le monde le disait » rappelle Claudine.
Farid ROUAS
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