, Un divorce orageux, un héritage voyant et une polémique de trop : vie et chute d’un maire à Mantes-la-Jolie

Un divorce orageux, un héritage voyant et une polémique de trop : vie et chute d’un maire à Mantes-la-Jolie

Raphaël Cognet aura été maire de Mantes-la-Jolie (Yvelines) entre décembre 2017 et mars 2026. Quel héritage lègue-t-il ? Quelles traces a-t-il laissées ? Quels souvenirs garderont de lui les habitants de la ville sous-préfecture ? De ce mandat de presque une décennie, ce sont surtout les dernières années qui ont marqué les esprits. Il y aura d’abord eu une rupture retentissante et violente en 2021, puis quelques grandes orientations et réalisations à partir de sa réélection en mai 2022, et enfin un départ entaché par la polémique…

À lire aussi

• L’homme qui a osé défier l’autorité de Pierre Bédier

Raphaël Cognet et Pierre Bédier au moment de lancer la campagne de la liste Mantes Unie pour les municipales 2020.
Raphaël Cognet et Pierre Bédier au moment de lancer la campagne de la liste Mantes Unie pour les élections municipales 2020, à Mantes-la-Jolie (Yvelines). La relation allait se dégrader l’année suivante, jusqu’à la rupture, définitive. ©Archive 78actu

Tout va très vite en politique. La dernière élection municipale n’aura pas été que celle de la chute de Raphaël Cognet. Avec l’eau du bain, les bédiéristes – mis en minorité depuis 2022 – ont aussi disparu du conseil municipal (Arnaud Dalbis s’est retiré après le 1er tour – N.D.L.R.). Une page de plus de trente ans, ouverte en 1995 avec la prise de la mairie mantaise par Pierre Bédier, s’est donc refermée en mars 2026.

On se souviendra que Raphaël Cognet, porter aux nues par ses pairs en décembre 2017 pour succéder à Michel Vialay, élu à l’Assemblée nationale quelques mois auparavant, aura été celui qui a ouvert la brèche. Il restera comme l’homme qui a osé défier Pierre Bédier et saper son autorité, celui qui ne voulait pas (ou plus ?) être un homme de paille, celui qui ne voulait plus fermer les yeux, et surtout sans doute dicter son propre tempo, écrire sa propre histoire.

Le discours du 29 novembre 2021

Raphaël Cognet a payé cher le prix de sa liberté. Sa déclaration d’indépendance, aux accents de révolte, a une date : le 29 novembre 2021. Le discours prononcé ce soir-là en clôture du conseil municipal restera dans les annales de la vie politique locale.

Extraits : « Je considère que ce qui est fait contre moi est absolument injuste […] J’entends des rumeurs absolument abjectes à mon égard et je souhaite qu’elles s’arrêtent, et qu’elles s’arrêtent tout de suite. »

« Tous les gens qui me salissent, qui salissent ma famille, je ne les laisserai pas faire […] Depuis deux mois, je vis un enfer. Je n’accepte pas d’être traité comme un moins que rien […] Je ne suis pas un voyou, je ne suis pas un délinquant, un terroriste. Je ne suis pas quelqu’un qu’on fout dehors du jour au lendemain parce qu’on l’a décidé. »

Raphaël Cognet, le 29 novembre 2021

En démissionnant en janvier 2022, après des mois de division et de coups tordus en tout genre, il aurait pu tout perdre. Son coup de poker, son all-in (tapis), sera finalement payant en mai 2022 après une campagne d’une violence inouïe.

À lire aussi

• La transformation radicale des places du cœur

Raphaël Cognet Mantes places du coeur
En juin 2025, Raphaël Cognet avait symboliquement posé le dernier pavé des places du cœur, à Mantes-la-Jolie (Yvelines). Ce projet restera l’une des grandes réalisations de son dernier mandat. ©David Goudey

Le projet était cadré depuis 2019, mais c’est bien lors du dernier mandat de Raphaël Cognet qu’il s’est dessiné et s’est concrétisé, malgré bien des aléas (multiples sondages et fouilles archéologiques préventives), quelques polémiques (abattages de nombreux arbres) et des désagréments liés à la longueur des travaux pour les commerçants (même s’ils ont pu bénéficier d’un fonds d’indemnisation – N.D.L.R.). La postérité se souviendra peut-être que les places Saint-Maclou et du Marché-au-Blé, dites « places du Cœur », ont radicalement changé de visage sous le maire sortant.

Après plusieurs mois de concertation, les Mantais avaient pu découvrir en décembre 2022 le scénario de référence retenu pour ce projet phare, avec notamment son miroir d’eau, à l’ombre de la bienveillante tour Saint- Maclou. L’objectif des aménagements était « de répondre aux critères d’une ville contemporaine, comporter de la nature et gommer [largement] la place de la voiture (circulation et stationnement) », ambitionnait la municipalité.

Le pari a été somme toute relevé. Fin juin 2025, quelques semaines après la livraison de la place Saint-Maclou, Raphaël Cognet posait symboliquement le dernier pavé de la place du Marché-au-Blé. L’opération globale (avec la rénovation des rues adjacentes) aura coûté 3,2 M€. La municipalité a pu compter sur l’aide financière de la Région Île-de-France, de la communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise, de l’État (au titre du dispositif « Action Cœur de Ville »), d’Enedis et Veolia.

À lire aussi

• Lueurs de Mantes : la magie opère, le spectacle au rendez-vous

Lueurs de Mantes 2026
Lueurs de Mantes (ici l’édition 2026) a été un marqueur fort du dernier mandat de Raphaël Cognet à la tête de la municipalité de Mantes-la-Jolie (Yvelines). ©David Goudey

On ne sait pas encore si Lueurs de Mantes survivra au changement de majorité municipale. Mais qu’elle perdure ou soit stoppée nette, l’animation restera incontestablement comme un marqueur fort de la politique événementielle des dernières années de règne de Raphaël Cognet.

Trop chère pour ses détracteurs (800 000 € pour chacune des deux premières éditions), mais toujours réjouissante pour le public et même bénéfique pour quelques commerçants du centre-ville, Lueurs de Mantes semblait avoir trouvé la bonne formule, celle du compromis entre prix (investissement divisé par deux) et qualité du spectacle, pour son troisième opus, entre mi-janvier et début février 2026.

Borealis au Val Fourré lors de l’édition 2024-2025, l’incontournable Drone Light Show, plus spectaculaire et haut de gamme d’année en année, ou encore la mise en lumière magique et féerique des places du Cœur en 2026 ont marqué les esprits. Stop ou encore ? La balle est désormais dans le camp d’Adama Gaye et son équipe.

À lire aussi

• La lutte contre l’habitat indigne et dégradé en centre-ville

L'habitat dégradé, ou indigne, est une vraie problématique à Mantes-la-Jolie.
L’habitat dégradé, ou indigne, est une vraie problématique à Mantes-la-Jolie (Yvelines). Sous le dernier mandat de Raphaël Cognet, une concession d’aménagement stratégique a été lancée pour y faire face. ©David Goudey

C’est un dossier qui a mis du temps à aboutir et qui va engager la municipalité sur les douze prochaines années. En juin 2025, après plusieurs appels d’offres infructueux et/ou jugés pas assez convaincants depuis 2022, la Ville a enfin attribué la concession d’aménagement destiné à lutter contre l’habitat indigne et dégradé dans un large périmètre autour du centre-ville, dont tout le monde peut mesurer à vue d’œil les divers désordres.

Grand Paris Aménagement (GPA) a été désigné pour mener à bien la réhabilitation de 685 logements et la remise sur le marché de 200 biens vacants. Face aux propriétaires dans l’incapacité de mener des travaux ou perdus dans les méandres administratifs, mais aussi pour tordre le bras aux marchands de sommeil, entre 40 M€ et 50 M€ seront investis par la municipalité et ses partenaires, GPA, l’Agence nationale de l’habitat (Anah), la Région Île-de-France ou encore à la Banque des Territoires.

À lire aussi

• Un tract incendiaire : une tache indélébile

« Droit, juste et intègre » pour ses plus ardents défenseurs, « un incompétent » au mieux, « un traître » au pire et « un homme parfois dur » avec le personnel municipal… Raphaël Cognet n’a jamais fait l’unanimité. C’est le lot de tous les élus, a fortiori d’un maire. D’ailleurs, en 2022, lorsqu’il avait triomphé des bédiéristes dès le 1er tour de l’élection municipale partielle, on oublie trop souvent que près de 49 % des votants ne l’avaient pas choisi.

De son mandat, il restera pourtant une tache indélébile, qui a définitivement écorné son image dans bien des esprits et sidéré ceux qui lui donnaient encore du crédit pour continuer à piloter le destin de la collectivité pour au moins encore six ans. Certains parleront d’une erreur de stratégie, d’un va-tout politique, d’autres d’un coup de folie, incompréhensible. Beaucoup y ont vu la révélation de sa vraie nature.

Ce tract de l’entre-deux tours de mars 2026, annonçant qu’une victoire de la liste d’Adama Gaye sonnerait «un retour du désordre et de l’insécurité», Raphaël Cognet devra le porter comme une croix, longtemps. Elle a surtout accrédité chez ceux qui avaient encore un doute la thèse selon laquelle il serait d’extrême droite. La tournée des médias nationaux faite par Raphaël Cognet, dans la semaine suivant sa défaite, n’a rien arrangé, et ajouté un peu plus d’huile sur le feu. Il reste brûlant…

Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.

Source

En résumé, DMJarchives.org se positionne comme un gardien vigilant de l’histoire locale en Île-de-France, offrant un accès sans précédent à une multitude de trésors d’archives numériques. Avec un engagement ferme envers la préservation de la richesse culturelle et patrimoniale de la région, DMJ Archives redonne vie aux documents historiques disparus, les rendant accessibles à tous. Grâce à une organisation méticuleuse par territoire, cette plateforme permet une plongée immersive dans l’histoire de chaque ville et commune francilienne. De la reconstitution des sites internet locaux à la compilation d’une photothèque riche en images digitales, en passant par la mise à disposition de documents variés, DMJarchives.org constitue une ressource inestimable pour les chercheurs, les étudiants et les habitants de la région. En somme, en archivant méticuleusement ces témoignages du passé, DMJarchives.org s’érige en véritable gardien de la mémoire collective de l’Île-de-France. Explorez cette précieuse plateforme pour découvrir et redécouvrir les trésors cachés de la région, archivés pour les générations futures.