Jusqu’au premier tour des élections municipales 2026, La République de Seine-et-Marne vous propose une série consacrée aux maire aujourd’hui disparus qui ont marqué l’histoire du département (Episode 3/6. Retrouvez le premier épisode dédié à Jacques Heuclin et le second consacré à Alain Peyrefitte).
Il n’a pas le record, Alain Poher ayant siégé pendant 43 ans, mais le Seine-et-Marnais Etienne Dailly restera comme l’un des sénateurs les plus durables de l’histoire de la politique française avec 36 ans au compteur, de 1959 à 1995 !
Dans le sud Seine-et-Marne, son nom ne s’est jamais effacé dans les deux villes dont il a été maire. Une avenue porte son nom à Nemours (Seine-et-Marne), et depuis septembre, l’école de la commune porte son nom. L’inauguration avait été l’occasion de rappeler son parcours, en présence de ses trois filles. Ces deux traces sont donc des hommages à son parcours politique hors-norme, commencé dans un village du sud Seine-et-Marne et poursuivi jusqu’aux plus hautes institutions de la République.
Né en 1918, Étienne Dailly s’installe à Moncourt-Fromonville (Seine-et-Marne) dans l’après-guerre. Il en devient maire en 1957. Pendant huit ans, il administre une commune rurale marquée par la reconstruction, l’école et les infrastructures de base. C’est là que se forge sa réputation d’élu rigoureux, peu bavard, attentif aux équilibres financiers comme aux besoins concrets des habitants. Un style qui ne le quittera plus.
Président du Sénat par intérim
En 1965, il franchit un cap décisif en devenant maire de Nemours, une ville plus importante, plus contrastée, confrontée à la modernisation, à l’urbanisme et à la montée en puissance des services publics. Étienne Dailly y restera douze ans. Son action municipale accompagne les transformations des Trente Glorieuses : équipements, voirie, développement scolaire. Il s’impose comme un gestionnaire solide, sans effets de manche, et reconnu comme pragmatique dans ses décisions.
Parallèlement, sa carrière nationale s’installe durablement. Élu sénateur de Seine-et-Marne en 1959, il siégera trente-six ans au Palais du Luxembourg. À partir de 1968, il devient vice-président du Sénat, fonction qu’il conservera jusqu’en 1995. Quasiment un record de longévité, rare sous la Ve République. Lors de l’intérim présidentiel d’Alain Poher en 1974, Étienne Dailly assure même, brièvement, la présidence du Sénat par intérim.

Père spirituel de Jean-Jacques Hyest
Mais l’homme n’est pas seulement un parlementaire de couloirs. Juriste de formation, il laisse une trace durable dans le droit français avec la loi du 2 janvier 1981 instituant la cession de créances professionnelles, passée à la postérité sous le nom de « bordereau Dailly ». Un outil encore utilisé aujourd’hui dans le financement des entreprises. En Seine-et-Marne, il a laissé une forte empreinte, particulièrement à Nemours. Le sénateur Jean-Jacques Hyest, qui s’apprête à être à nouveau maire de la Madeleine-sur-Loing à plus de 80 ans, son ancien directeur de cabinet, faisait partie de ses « fils spirituels »
En 1995, Étienne Dailly est nommé membre du Conseil constitutionnel. Il y siège jusqu’à sa mort, en décembre 1996. Une fin de parcours à l’image de sa carrière : institutionnelle, modeste, mais capitale, avec toujours cette volonté de ne jamais rompre le fil entre sa chère Seine-et-Marne et les sommets de l’État.
L’incroyable liste de ses réalisations à Nemours
Si Nemours est telle qu’elle est aujourd’hui, elle le doit beaucoup à Etienne Dailly. Lors de ses douze ans de mandat en tant que maire, il a créé le quartier du Mont-Saint-Martin, lancé la zone d’activités, construit l’hôpital, une nouvelle poste, le centre des impôts, rénové le quartier des tanneurs et la caserne des pompiers, lancé les syndicats intercommunaux. Mais ce n’est pas tout : il a bâti le lycée, le centre sportif intercommunal avec la piscine, la maison de retraite. Enfin, il a lancé les travaux de rénovation des abords du château et l’installation de la nouvelle mairie. Lors de son décès, Charles Hochart, maire de l’époque, soulignait » combien la ville lui est redevable, tant en raison de son action locale que son travail au conseil général comme parlementaire « . En revanche, il n’aura pas réussi à fusionner les communes de Nemours et de Saint-Pierre-lès-Nemours.
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