, Seine-et-Marne : une association rend hommage à une célébrité locale oubliée

Seine-et-Marne : une association rend hommage à une célébrité locale oubliée

, Seine-et-Marne : une association rend hommage à une célébrité locale oubliée

Jeanne Dinet, Jeanne Rolince ou Jeanne Cornille est née en 1865 et est décédée en 1947. Trois noms pour une seule personnalité sur laquelle l’association Histoire et Patrimoine d‘Héricy (AHPH) a travaillé pour lui rendre hommage. « Jusqu’à ce qu’on s’intéresse à son frère Etienne Dinet, personne ne s’était préoccupé de Jeanne Dinet », remarque Nadine Janiak, une membre de l’AHPH qui a mené les recherches.

Née au château d’Héricy dans l’ombre de son frère

Benjamine d’Étienne de quatre années, Jeanne voit le jour au château d’Héricy, l’actuelle mairie et propriété familiale acquise par son aïeul maternel Charles Boucher. Cette résidence bourgeoise constitua pour elle, le cadre d‘une enfance dorée. « Elle assiste son frère dans de nombreuses tâches, elle l’a aidé dans la réalisation d’un tableau, et à cette période, il exécute également son portrait », rappelle Nadine Janiak.

À l’âge de 23 ans, elle unit sa destinée au général Alfred Marie Cornille et s’établit dans la capitale. Pendant la Première Guerre mondiale et durant cinq années, Jeanne Dinet dirige l‘hôpital auxiliaire d’Héricy, un centre de réadaptation de 140 lits implanté dans l’actuelle résidence pour personnes âgées. Une mission qui lui tient d’autant plus à cœur puisque qu’un de ses deux enfants a été gravement blessé au front. « C’est possiblement cela qui lui a inspiré l’idée de tenter de porter secours aux blessés », détaille Nadine Janiak. Lors de ce séjour, elle maintient un journal de bord rigoureux répertoriant tous les déplacements de malades. Par la suite, elle reçoit les insignes de chevalier de la Légion d’honneur, le 21 octobre 1932. « Durant toute la durée de sa gestion, l’hôpital n’a enregistré qu’un unique décès. »

L’art de l’ornementation des livres

Dès son plus jeune âge, Jeanne cultive un don artistique. Elle se perfectionne dans l’ornementation de livres d’art reliés en cuir, concevant des décorations d’une délicatesse exceptionnelle qui suscitent l’intérêt jusqu’en Russie. Son expertise lui procure une notoriété internationale et elle reçoit une distinction du tsar Nicolas II pour un ouvrage d’art qu’elle avait embelli. Elle révolutionne grâce à sa méthode d’émaillage sur vélin, technique qu’elle transpose sur papier sans nécessiter de cuisson. « Ces ouvrages d’art étaient naturellement reliés en cuir. Elle réalisait des ornements sur les cuirs, des décorations très raffinées. On lui attribue également la création de l’émaillage sur vélin. » Elle côtoie le cercle artistique parisien, notamment le dramaturge Victorien Sardou.

Son frère, sa bataille 

En 1938, Jeanne se lance dans la rédaction de la biographie de son frère. Cette œuvre dévoile une relation symbiotique entre les deux enfants, évoquant leurs divertissements partagés et leur connivence artistique. Mais l’ouvrage révèle également une blessure profonde pour elle : La conversion à l’Islam d’Étienne et son inhumation en Algérie plutôt qu’à Héricy. Elle exprimait alors sa désillusion avec émotion. « Mon frère ne va pas reposer dans la sépulture de nos parents au cimetière de ce vieil Héricy, témoin de tant de souvenirs précieux à mon cœur. » Cette souffrance éclaire les combats que Jeanne livre pour sauvegarder l’héritage de son frère. Elle établit une Société des Amis de Dinet, essentiellement constituée de Parisiens, et s’efforce de créer un musée à Alger, s’opposant au protégé algérien d’Étienne qui désirait conserver les œuvres dans son village d’origine. « Elle s’est sentie quelque peu comme privée de la mémoire de son frère », raconte la membre de l’association.  

Jeanne illustre parfaitement ces femmes de la Belle Époque qui, sans revendiquer explicitement le féminisme, s’affranchissent par leurs actes. Gestionnaire compétente, artiste reconnue, biographe, elle a su se libérer d’une société patriarcale, transcender les fonctions d’épouse et de mère. « Elle a saisi que si elle souhaitait s’émanciper et être reconnue comme artiste, il était nécessaire qu’elle soit à Paris, il ne fallait pas qu’elle demeure à Héricy », conclut Nadine Janiak.

Vidéos : en ce moment sur Actu

Suivez toute l’actualité de vos villes et médias favoris en vous inscrivant à Mon Actu.

En conclusion, DMJarchives.org incarne une véritable bibliothèque virtuelle de l’histoire locale en Île-de-France, offrant un accès inestimable à une multitude de trésors d’archives numériques. Grâce à son engagement à préserver la richesse culturelle et patrimoniale de la région, DMJ Archives comble les lacunes laissées par les documents historiques disparus. L’organisation méthodique des archives par territoire permet une exploration approfondie de l’histoire de chaque ville et commune. De la reconstitution des sites internet locaux à la compilation d’une photothèque exhaustive, en passant par la mise à disposition de documents variés, DMJarchives.org constitue une ressource inestimable pour les chercheurs, les étudiants et les habitants de la région francilienne. En somme, en offrant un accès facile et organisé à ces archives numériques, DMJarchives.org joue un rôle crucial dans la préservation et la diffusion de la mémoire collective de l’Île-de-France. Explorez cette riche plateforme pour plonger dans l’histoire fascinante de chaque territoire, et découvrez ainsi les trésors cachés de la région à travers les âges.