, Seine-et-Marne. Un an après la pollution historique du Loing, trois tonnes de poissons vont être lâchés

Seine-et-Marne. Un an après la pollution historique du Loing, trois tonnes de poissons vont être lâchés

Personne n’oubliera le spectacle de désolation qu’offrait le canal du Loing, de Bagneaux à Nemours, il y a un an tout juste. Le bilan avait été catastophique, avec ses bennes remplies de poissons morts, ramassés par les services et les pêcheurs. À Bagneaux-sur-Loing (Seine-et-Marne) particulièrement, où la pollution a débuté, le souvenir de la catastrophe reste vif, mais les signes de résilience se multiplient. Et une opération de réempoissonnement est désormais programmée pour le 3 décembre.

Faire revivre le canal

« Voilà maintenant un an que notre commune a subi une grave pollution du canal, entraînant la mort de plusieurs tonnes de poissons, rappelle Claude Jamet, maire de Bagneaux. Malgré nos alertes et nos demandes répétées, aucune information officielle n’a été communiquée sur l’origine exacte de cette pollution, ni sur les suites données à l’enquête ».

L’élu dit son attachement à  » la préservation de notre environnement et de notre patrimoine naturel » et souligne que la commune « a fait travailler son équipe d’employés pendant dix jours » pour participer aux opérations de nettoyage.

Mais l’heure est désormais à la reconstruction.  » Nous faisons une opération d’empoissonnement le mercredi 3 décembre à 10 h avec la Fédération », annonce le maire. 

L’impatience grandit sur le dossier judiciaire

Si la nature se reconstruit, la justice, elle, se fait toujours attendre.  » Aucune information officielle n’a été communiquée sur l’origine exacte de cette pollution », déplore encore Claude Jamet. Même constat du côté du Groupe écologique de Nemours et environs (GENE), qui avait porté plainte, tout comme la commune de Bagneaux, dès les premiers jours après la catastrophe d’octobre 2024.
Son président, Bernard Giaminardi, s’indigne de  » l’absence totale d’informations sur l’enquête ouverte »  et redoute que  » le silence officiel ne devienne la norme » (La Rep du 17 octobre NDLR). En attendant un verdict, les associations locales et les élus réclament des réponses.  » Il est légitime que les habitants obtiennent des explications claires », martèle le maire de Bagneaux.

C’est la Fédération de pêche de Seine-et-Marne qui pilote cette opération, en lien avec les communes riveraines et le département. «  Je n’ai pas souvenir d’une pollution aussi importante« , confie son président, Philippe Gavelle.

On ne met pas n’importe quoi, n’importe comment

Philippe Gavelle, président de la Fédération de pêche

L’association prévoit de remettre  » environ trois tonnes de poissons »  dans le canal.  » Pourquoi empoissonner ? C’est pour restaurer l’équilibre écologique, maintenir la diversité piscicole, accélérer la résilience du milieu ».

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Les poissons proviendront exclusivement de piscicultures agréées, dans le respect du plan départemental. «  On ne met pas n’importe quoi, n’importe comment« ,  insiste Philippe Gavelle, qui évalue le coût total de l’opération à près de 20 000 euros.

Les services de la ville de Bagneaux avait sauvé autant d'anguilles et de poissons que possible
Les services de la ville de Bagneaux avait sauvé autant d’anguilles et de poissons que possible ©Y.V/RSM77

Un effort collectif rendu possible grâce aux aides du Département et des communes, qui financent environ 49 % du projet, le reste provenant  » des fonds propres de la Fédération et des associations agréées pour la pêche et la protection du milieu aquatique ». 

Malgré l’ampleur du désastre, «  sept tonnes et demie de poissons disparus « selon la Fédération, la vie a commencé à reprendre dans le canal.  » On a retrouvé une multitude d’anguilles, de grosseurs impressionnante », se réjouit Benoît Gavelle.

Une bonne surprise, d’autant que l’espèce est aujourd’hui menacée.  » Le canal du Loing est coupé par le Loing lui-même, ce qui permet aux poissons réintroduits dans la rivière de remonter naturellement dans le canal. Espérons que cela suffira à relancer le cycle ». 

Le réempoissonnement prévu cet hiver ne représente qu’environ 30 % des pertes. D’autres vagues d’introduction suivront  » en fonction des moyens financiers ».

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