Des cadavres de pigeons qui jonchent le sol, des mètres carrés de fientes en guise de sol… bienvenue dans la nouvelle mairie de Réau ! Le beau projet d’agrandissement de la mairie de la plus petite commune de Sénart, que la municipalité devait investir début 2024, a en effet tourné au cauchemar depuis plusieurs mois.
Un projet qui date de 2020
Il faut remonter à 2020 pour retrouver les prémices de ce projet, dont le but était de réaménager l’ancienne grange de la ferme des Saint-Pères, situé à moins d’un mètre de l’actuelle mairie, pour en faire la nouvelle mairie, et de la relier à la mairie actuelle qui devenait, de fait, une annexe. Des travaux motivés alors par le besoin de place pour les employés municipaux et les élus. » Cela fait un moment que nous sommes à l’étroit, expliquait à l’époque le maire réaltais, Alain Auzet. Même la salle du conseil municipal est trop petite pour pouvoir accueillir les séances, nous sommes obligés de les faire à la salle des fêtes ».
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En lien avec la société France Pierre, qui avait racheté l’ensemble des bâtiments de l’ancienne ferme pour y construire des logements et des commerces, la municipalité avait alors conclu un accord -signé le 22 décembre 2020- pour acheter l’ancienne grange, une fois celle-ci rénovée, avec la toiture et les fenêtres. « C’était ce qui était convenu, précise Alain Auzet. Il était prévu que la municipalité se porte acquéreur du bâtiment en VEFA (Vente en l’état futur d’achèvement), pour une somme d’environ 900 000 €. Charge à nous, après, de l’aménager à notre guise, avec un architecte, avec un financement qui était déjà prévu, de l’ordre de 1,3 million d’euros ».
Nous allons être obligés d’en passer par la justice
Si l’ancienne grange a bien été terminée fin mars 2022, alors qu’elle devait être livrée au 1er semestre 2021, covid oblige, la vente, elle, n’a toujours pas été actée et le projet est à l’arrêt total. « Quand les travaux ont été achevés, notre architecte s’est mis au travail et a décelé quelques éléments de non-conformité, avec notamment des problèmes de ferraillage dans le bâtiment, poursuit Alain Auzet. Nous avons donc demandé à France Pierre des certificats qu’ils ne nous ont jamais transmis. Nous avons demandé l’autorisation de faire des carottages dans le sol, et il s’avère qu’il y a effectivement des problèmes. Nous avons donc logiquement proposé de revoir le prix initial d’achat à la baisse, au moins du montant des travaux à effectuer (près de 100 000 €, ndlr). Mais malgré des réunions, puis des relances, la dernière datant du 28 mars, nous n’avons toujours pas de réponse… »

Résultat, depuis des mois, l’ancienne grange rénovée, qui s’élève sur trois étages, est à l’abandon, nouveau refuge des pigeons qui ont investi l’endroit. « C’est désolant, reconnaît le maire réaltais. Ce retard met en péril les subventions déjà actées pour un montant total de 677 846 €, et nous empêche de déposer les dossiers de demandes de subventions à la Région et au Département. On continue d’essayer de trouver une solution à l’amiable. Si la situation ne se débloque pas rapidement, nous allons être obligés d’en passer par la justice, mais on sait que ce sera encore très long avant que la situation ne se règle… »
La Ville rachète un commerce
Et si la situation de la future mairie est loin d’être réglée, c’est l’ensemble de cette partie du centre-ville, aménagé par France Pierre qui poserait problème, avec des inondations dans les parkings souterrains des logements, des espaces commerciaux désespérément vides, ou encore une place qui devait être rétrocédée à la commune mais qui ne l’a toujours pas été. « On s’est rendu compte que les réseaux, sous la place, n’était pas en conformité, souligne Alain Auzet. La ville devait récupérer la place, mais c’est Grand Paris Sud qui gère les réseaux. Et dans l’état actuel, l’agglomération ne veut pas récupérer des réseaux non conformes. Quant aux locaux commerciaux, il n’y a aucune démarche pour trouver des occupants. Comme le salon de thé qui avait été ouvert au Velvet corner a fermé récemment, nous avons décidé d’acheter ce local commercial pour 160 000 €, pour essayer de trouver nous-mêmes un commerce utile, que ce soit une petite épicerie, un boulanger ou un coiffeur… »
« Une affaire privée » selon France Pierre
Contactée, la société France Pierre n’a pas souhaité s’exprimer, lâchant simplement qu’il s’agissait là d’une « affaire privée » et que les « bureaux de contrôle étaient au travail et qu’ils jugeront de la conformité ou non des travaux ».

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