Jusqu’au dimanche 17 août 2025, à l’occasion des 81 ans de la Libération du sud des Yvelines, 78 actu propose à ses abonné (e) s de revivre, en six épisodes, la période de la Seconde Guerre mondiale à travers un récit des faits historiques, mais aussi par le prisme de quelques personnages emblématiques et d’anecdotes.
Après un avant-propos pour lancer ce feuilleton, notre rédaction vous a d’abord conduit à Longvilliers, puis au Perray-en-Yvelines, pour s’attarder successivement sur la figure de Réné Bondon et un trésor de documents retrouvé dans un carton il y a seulement quelques années. Aujourd’hui, pour cet avant-dernier épisode, nous retournons à Longvilliers pour un acte de foi.
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Une nuit de fureur et de terreur
Nous sommes début juin 1944. Les habitants des villages voisins de Rochefort-en-Yvelines et de Longvilliers s’apprêtent à placer leur foi en la paix en Dieu. Les bombardements font alors rage pour préparer le Débarquement et freiner les Allemands.
Dans la nuit du 2 au 3 juin, un raid allié s’abat sur les Yvelines. Destructions des voies ferrées, des ponts, des gares… Saint-Arnoult, Trappes, mais aussi les voisines Massy et Dourdan (Essonne), sont notamment durement éprouvées. À Longvilliers, un avion de la Royal Air Force s’est aussi crashé près d’une ferme.
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Une promesse, un calvaire
Les habitants de Rochefort-en-Yvelines et de Longvilliers sont terrifiés par cette nuit de fureur. Ils se font alors une promesse, rédigée en bonne et due forme, faite « à l’église Notre-Dame de Rochefort en la fête du Sacré-Cœur, le 18 juin 1944. »
« Les paroissiens soussignés de Rochefort-en-Yvelines et de Longvilliers, émus des immenses douleurs qui atteignent les villes et villages de France et leurs habitants, croient l’heure venue au nom de tous, croyants et incroyants, de poser un acte de foi en la toute-puissance divine qui, seule, peut abréger l’épreuve, préserver leurs villages et mettre fin à l’atroce fléau de la guerre. »
« Par cette présente, se prolonge cette déclaration, [les paroissiens] font vœu et prennent l’engagement d’ériger un calvaire dans les premiers mois qui suivront la cessation des hostilités, si les horreurs de la guerre et les destructions qu’elle entraîne sont épargnées à leurs communes. »

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Avec des pierres d’un mur de jardin
Le texte est signé par les 160 habitants. Libérés le 23 août 1944, les villageois ont été exaucés. Le conflit n’a fait aucune victime à Rochefort-en-Yvelines et Longvilliers, et aucune maison n’a subi de destruction. Comme ils en avaient fait la promesse, ils entreprennent alors la réalisation du calvaire, ni une ni deux.
Il sera érigé sur un terrain donné par dame Alice Hugon. Des fonds sont collectés auprès des habitants et des pierres d’un mur de jardin sont utilisées pour bâtir l’oratoire. Le sculpteur Germain Gosselin, qui officie au château de Rochefort, dirige la conception et réalise les plans. La construction est confiée, elle, à deux maçons et un maréchal-ferrant de Rochefort.
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Béni à l’été 1945
Le socle scellé du calvaire renferme un coffret. À l’intérieur se trouve le procès-verbal, enregistré par un notaire de Rochefort-en-Yvelines, Maître Massonneau, avec toutes les paraphes des signataires de l’acte de naissance de juin 1944.
La première pierre est posée dès novembre 1944. Il faudra attendre le 8 juillet 1945 pour qu’il soit béni par l’évêque de Versailles, Monseigneur Roland Gosselin.
Stéphanie Petit
(avec l’association Histoire et Mémoire du Perray-en-Yvelines)
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