, Rues, jardins, écoles : ces lieux au nom de l’abbé Pierre qui seront débaptisés

Rues, jardins, écoles : ces lieux au nom de l’abbé Pierre qui seront débaptisés

, Rues, jardins, écoles : ces lieux au nom de l’abbé Pierre qui seront débaptisés

Après la révélation des accusations de violences sexuelles commises par le fondateur d’Emmaüs, de nombreuses communes envisagent déjà de renommer les lieux qui portent le nom de l’ecclésiastique.

Il est loin le temps, où Le Figaro titrait au lendemain de la mort de l’abbé Pierre, en 2007 : «Toute la France veut sa rue Abbé Pierre» pour honorer la mémoire du fondateur d’Emmaüs. «À la lumière des nouvelles révélations et en solidarité avec les victimes, il n’est pas envisageable de conserver cette dénomination en l’état», a ainsi tranché vendredi 6 septembre Manuel Gente, maire de la petite commune d’Esteville (Seine-Maritime) qui accueille le lieu de mémoire dédié au prêtre.

Ce mémorial, au cœur du village normand où repose la dépouille de l’abbé Pierre, sera donc définitivement fermé, quelques jours après la révélation de nouvelles accusations de violences sexuelles visant l’ecclésiastique. Et la Fondation qui porte son nom sera également rebaptisée. 

Une décision loin d’être isolée : si les associations directement liées aux actions de l’abbé ont été les premières à réagir suite à ces accusations, pas moins de 150 lieux avaient été baptisés en honneur du prêtre, selon un décompte effectué par l’AFP. Et parmi eux, nombreux font aujourd’hui l’objet de réflexions, voire sont débaptisés à l’initiative des maires de communes. 

Emmaüs «indépendant des agissements intolérables» du prêtre

«Traditionnellement, on baptisait les rues d’après leurs usages : la place du marché, la rue des artisans…», explique le professeur de géographie Dominique Badariotti, professeur de géographie à L’Université de Strasbourg et Directeur du Laboratoire Image Ville Environnement (LIVE, CNRS). «À partir de Louis XV, on a nommé des rues en hommage à des personnages de l’histoire, pour les glorifier : souvent des militaires, des écrivains, des politiques… Avant d’intégrer à cette liste des personnalités qui correspondent à des symboliques fortes de l’histoire» comme l’abbé Pierre, complète le spécialiste, qui ajoute : «La nouveauté tient au fait que désormais, baptiser les rues ou les débaptiser est frappé d’un caractère immédiat, intimement relié à l’actualité.» En témoigne par exemple la rapidité des communes à entreprendre ces démarches pour avoir une rue ou une place Arnaud Beltrame, dès les premiers jours qui ont suivi la mort héroïque du gendarme. Dans le cas de l’abbé Pierre, les premières annonces de débaptisation ont ainsi été faites seulement quelques jours après les nouvelles révélations concernant l’ecclésiastique. 

«Dès aujourd’hui, la signalétique correspondante sera retirée du site. Dans les prochaines semaines, nous trouverons un nouveau nom à ce charmant parc en cœur de ville», a ainsi déclaré le 12 septembre Pascal Pelain, maire de Villeneuve-la-Garenne, au sujet d’un square au nom de l’homme d’Église dans cette ville des Hauts-de-Seine. L’édile se défend cependant de renier «l’histoire de notre ville, marquée par le Mouvement Emmaüs [qui est] indépendant des agissements intolérables dont est accusé l’Abbé Pierre»

Le maire de centre-droit emboîte ainsi le pas à son confrère nantais, qui a annoncé le 12 septembre que la place «Abbé Pierre», baptisée ainsi depuis 2022, «ne porterait plus ce nom». «Un travail va être engagé avec ces mêmes associations pour convenir collectivement d’une nouvelle dénomination», poursuit la Ville de Nantes en concertation avec les 3 associations du mouvement Emmaüs du territoire, Les Eaux Vives et SOS Famille, dans un communiqué cité par Ouest-France . 

Même son de cloche dans l’Est, à Nancy, où la commune a annoncé lundi le prochain retrait d’une plaque commémorative posée à l’ancienne adresse parlementaire de l’abbé Pierre, qui fut député de Meurthe-et-Moselle de 1945 à 1951. «La parole des victimes, femmes et enfants, doit être prioritairement entendue, respectée et soutenue», explique la municipalité. À Paris, et «de manière exceptionnelle» la ville «souhaite débaptiser le jardin des Grands Moulins» portant le nom de l’abbé Pierre.

L’association Mouv’Enfants, qui lutte contre les violences faites aux mineurs, a salué cette décision «rapide et sans ambiguïté», avant de demander expressément de retirer la représentation de l’abbé Pierre en bas de la «fresque des Lyonnais», un trompe-l’œil représentant des Lyonnais célèbres. «Il n’est plus possible de rendre hommage à des agresseurs», tance l’association. La fresque est une propriété privée répond la mairie, ce qui complique toute décision, mais un débat est engagé. La ville de Besançon va, elle, «très prochainement» retirer son nom de l’abri de nuit proche du parc des Glacis. 

«Il n’y a plus à s’interroger»

Dans la banlieue de Pau, le village Emmaüs Lescar souhaite lui retirer une sculpture de six mètres de haut représentant un visage stylisé d’Henri Grouès, à l’entrée de la communauté, et enlever en interne les représentations de l’abbé Pierre. «On ne peut pas cautionner les souffrances qu’il a infligées aux femmes et aux enfants», a expliqué à la République des Pyrénées Germain Sarhy, le fondateur du site. À Hédé-Bazouges (Ille-et-Vilaine) c’est l’école primaire qui va changer de nom. «J’en avais parlé avec la direction diocésaine fin août. Après les dernières révélations il n’y a plus à s’interroger», explique à l’AFP la cheffe d’établissement Florina Loisel, qui assure que les parents, actuellement mis au courant, accueillent positivement cette décision.

Même démarche au lycée privé Abbé-Pierre de Tinténiac (Ille-et-Vilaine): «ça ne faisait pas l’ombre d’un doute», affirme le chef d’établissement Raphaël Gouablin. À Cysoing (Nord), on réfléchit à renommer une salle communale. «C’est un crève-cœur, mais aujourd’hui on pense surtout aux victimes», affirme à l’AFP le maire Benjamin Dumortier. «Imaginez, vous louez une salle, et elle se nomme Abbé Pierre alors que vous êtes une victime ? Ça peut être problématique…»

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