
En septembre 2024, la France découvre avec effroi l’histoire de Gisèle Pelicot, femme courageuse et digne, victime de plus de 70 violeurs, dont 51 sont actuellement jugés. Une initiative machiavélique fomentée par son mari, ou ce qu’il en reste. Au-delà des faits terrifiants, c’est un visage de dignité, de résilience et de quête de justice qui émerge. Accompagnée de sa fille, de ses belles-filles et de ses fils, Gisèle Pelicot a choisi de briser le silence et de rendre ce procès public, pour que sa voix, ainsi que celles de toutes les victimes, ne soient jamais oubliées. Pour que les crimes subis ne soient jamais effacés de la mémoire collective, alors que la culture du viol continue de hanter notre société.
Ce procès ne se réduit pas à un fait divers, il est le symbole d’un mal plus profond : celui des violences systémiques faites aux femmes, particulièrement au sein du foyer. En 1978 déjà, au procès d’Aix, Gisèle Halimi affirmait : « Ce n’est pas un procès de viol, l’enjeu n’est pas une condamnation ou un acquittement : l’enjeu, c’est de changer fondamentalement les rapports entre les hommes et les femmes. »
« Où sont les Hommes ? »
Près de cinquante ans plus tard, le constat demeure : les violences perdurent et la société tarde à réagir avec l’urgence nécessaire. Depuis plus de deux semaines, ce « procès portes ouvertes » emporte avec lui des torrents de boue : dans les actes et dans les mots, dans les photos et les vidéos. C’est tout La Bruyère qui suinte : « Parler et offenser, pour de certaines gens, est précisément la même chose. Ils sont piquants et amers ; leur style est mêlé de fiel et d’absinthe : la raillerie, l’injure, l’insulte leur découlent des lèvres comme leur salive » (Les Caractères 1696). Les violences faites aux femmes sont au cœur du débat public, alimentées par les tribunes, les articles de presse, et les interventions des associations féministes.
Pourtant, ce qui choque encore, c’est le silence des hommes. Où sommes-nous dans ce débat crucial ? « Où sont les hommes ? » hurlerait Patrick Juvet. Triste réalité. Trop peu ont eu le courage de s’exprimer et de reconnaître l’urgence d’une prise de conscience collective et sans exclusive. Trop peu d’hommes, responsables politiques, figures médiatiques, culturelles, économiques et encore sportives, ont pris la parole. Nous avons encore un long chemin pour prendre conscience des atrocités subies par les femmes, comme celles de Gisèle Pelicot. Je le regrette.
Si le mouvement #MeToo a incontestablement libéré la parole des femmes, cela ne suffit pas. Les fondements mêmes de notre société restent inchangés, et les violences continuent. Ce problème n’est pas un épiphénomène, mais une réalité systémique qui exige des réponses fortes et un changement profond des mentalités, notamment sur la question du consentement et de la sexualité.
Il est inadmissible de laisser les femmes subir des violences tout au long de leur vie, sans que l’État et la société ne leur apportent une protection digne de ce nom. Certes, depuis 2017, ce sujet est pris en compte au plus haut sommet de l’État. Une grande cause nationale a permis d’augmenter le budget de l’État alloué à la lutte contre ces violences de 50 millions d’euros. Plusieurs cadres législatifs ont été renforcés pour lutter contre le sexisme et les violences. En 2021, de nouvelles mesures ont été mises en place : téléphones d’urgence, bracelets antirapprochement, fichier des auteurs de violences conjugales, délais de prescription rallongés, nouveaux délits et nouvelles peines, entre autres.
Puisse la dissolution nous renvoyer à la réalité du pays…
Mais reconnaissons-le, ouvrons les yeux, écoutons en stéréo, posons le diagnostic : malgré ces efforts, les violences persistent… et le mutisme indicible fait loi. Chaque année, 150 femmes meurent sous les coups de leur conjoint. En 2023, 114 000 victimes de violences sexuelles ont été enregistrées. Une femme sur six (de 18 à 74 ans) déclare avoir subi, depuis l’âge de 15 ans, des violences sexuelles de la part d’un non-partenaire. Seules 2 % des personnes de 18 à 74 ans victimes de violences sexuelles hors cadre familial portent plainte. Ces chiffres, effrayants, montrent bien que les réponses apportées jusqu’à présent sont insuffisantes. Combien de femmes sont encore harcelées ou agressées quotidiennement dans les transports, dans la rue, dans les bars, même chez elles, victimes d’agressions répétées ?
Alors que l’Assemblée nationale s’apprête à reprendre ses travaux, il est temps d’agir
En tant qu’homme et en tant que député, je refuse le mutisme et l’inaction. Ce combat ne doit pas être partisan. Il n’y a ni droite ni gauche pour protéger nos concitoyennes. Il n’y a ni majorité ni opposition pour que plus aucune femme ne revive ce que Gisèle Pelicot a enduré. Et surtout, ce combat ne saurait être genré !
Alors que l’Assemblée nationale s’apprête à reprendre ses travaux, il est temps d’agir. De manière transpartisane, avançons ensemble. Des propositions de loi, comme celles de notre collègue sénatrice Mélanie Vogel (Écologiste) sur le consentement, sont déjà sur la table. Débattons-en. Des travaux étaient préparés par notre collègue Véronique Riotton (Ensemble) avant les dernières législatives. Poursuivons-les. Avec force, entêtement et détermination.
Puisse la dissolution nous apporter un sursaut de lucidité et nous renvoyer à la réalité du pays. Dans ce domaine comme tant d’autres. Il y a urgence. C’est une question d’humanité !
Cosignataires
- Karl Olive, député des Yvelines, Président de Génération Terrain, Ensemble pour la République
- Sandrine Josso, Députée de Loire-Atlantique, Modem, marraine de l’association « m’endors pas »
- Nathalie Colin-Oesterlé, députée de la Moselle, Horizons
- Laurent Croizier, député du Doubs, Modem
- Virginie Duby-Muller, députée de la Haute-Savoie, Droite Républicaine
- Jean-Marc Fiévet, député des Deux-Sèvres, Ensemble pour la République
- Cyrille Isaac-Sibille, député du Rhône, Modem
- Laurent Mazaury, député des Yvelines, LIOT
- Jérémie Patrier-Leitus, député du Calvados, Horizons
- Maud Petit, députée du Val-de-Marne, Modem
- Isabelle Rauch, députée de Moselle, Horizons
- Nicolas Ray, député de l’Allier, Droite Républicaine
- Claudia Rouaux, députée d’Ille-et-Vilaine, Socialistes
- Annie Vidal, députée de la Seine-Maritime, Ensemble pour la République
- Gilbert Bouchet, sénateur de la Drôme, Les Républicains
- Franck Dhersin, sénateur du Nord, Union Centriste
- Olivier Henno, sénateur du Nord, Union Centriste
- Jean-François Longeot, sénateur du Doubs, Union Centriste
- Denise Saint-Pé, sénatrice des Pyrénées-Atlantiques, Union Centriste
- Eric Berlivet, maire de Roche-la-Molière, Horizons
- Jean-Bernard Hetzel, maire de Bazemont, SE
- Sandrine Berno dos Santos, maire de Poissy, Les Républicains
- Régine François, maire de Goupillières, SE
- Daniel Level, maire délégué de Fourqueux, Les Républicains
- Michel Lan, maire de La Destrousse, SE-Divers Gauche
- Raphaël Nivoit, maire de Gambais, Divers Droite
- Stéphan Champagne, maire de Saint-Martin-la-Garenne, SE
- Véronique Houllier, maire des Alluets-le-Roi, SE
- Bertrand Coquart, conseiller départemental des Yvelines, Ensemble pour les Yvelines
- Stéphanie Thieyre, conseillère départementale des Yvelines, Ensemble pour les Yvelines
- Jean-Noël Amadei, maire adjoint du Pecq
- Hatice Barre, conseillère municipale de Poissy
- Christophe Bory, conseiller municipal de Fraisses.
- Karine Conte, 1ère adjointe au maire de Poissy
- Michèle Debuisser, conseillère municipale de Poissy
- Gilles Djeyramane, conseiller municipal de Poissy
- Muriel Dorland, conseillère municipale d’Épinay-sur-Orge
- Eric Frommweiler, conseiller municipal à Saint-Nom-la-Bretèche
- Pascal Geffray, conseiller municipal de Poissy
- Janick Gehin, conseillère municipale de Maisons-Laffitte
- Christèle Grandin, adjointe au maire d’Orgeval
- Jean-Marc Joussen, conseiller municipal de Poissy
- Mickaël Littiere, conseiller municipal de Conflans-Sainte-Honorine
- Christophe Molinski, 1er adjoint au maire de Noisy-le-Roi
- Karim Nourine, conseiller municipal de Chanteloup-les-Vignes
- Patrice Pinard, maire adjoint Clichy-la-Garenne
- Eric Roger, maire adjoint de Poissy
- Gilles Schmidt, conseiller municipal et communautaire de Rambouillet
- Marc Tourelle, maire de Noisy le Roi, UDI
- Larissa Guillemet, conseillère municipale de Poissy
- Jean-Jacques Nicot, maire adjoint à Poissy
- Najat Zerhouni, conseillère municipale de Puteaux
En résumé, DMJarchives.org se positionne comme un gardien vigilant de l’histoire locale en Île-de-France, offrant un accès sans précédent à une multitude de trésors d’archives numériques. Avec un engagement ferme envers la préservation de la richesse culturelle et patrimoniale de la région, DMJ Archives redonne vie aux documents historiques disparus, les rendant accessibles à tous. Grâce à une organisation méticuleuse par territoire, cette plateforme permet une plongée immersive dans l’histoire de chaque ville et commune francilienne. De la reconstitution des sites internet locaux à la compilation d’une photothèque riche en images digitales, en passant par la mise à disposition de documents variés, DMJarchives.org constitue une ressource inestimable pour les chercheurs, les étudiants et les habitants de la région. En somme, en archivant méticuleusement ces témoignages du passé, DMJarchives.org s’érige en véritable gardien de la mémoire collective de l’Île-de-France. Explorez cette précieuse plateforme pour découvrir et redécouvrir les trésors cachés de la région, archivés pour les générations futures.

