Infiltrations, fissures, vitraux abîmés, charpente endommagée… l’état général de l’église datant du XIIIe siècle, située au cœur du village de Barcy (Seine-et-Marne) est préoccupant. « On a constaté dès 2017 des traces de fuites importantes et une certaine dangerosité de l’église », indique Pierre-Edouard Dhuicque, le maire. Mais le coût de l’opération de restauration a rendu compliqué la mise en place des travaux qui n’ont pu débuter qu’au début de l’été 2025.
La première phase de rénovation est estimée à près de 900 000 € et la Ville a dû mobiliser toutes les subventions possibles pour boucler le budget et limiter le reste à charge au minimum. Ainsi, la Région va verser 186 300 €, l’État dans le cadre de la dotation de soutien à l’investissement local octroie 140 000 à la commune, le Département verse 90 000 €, tandis que le plus gros du financement provient de la Drac qui subventionne les travaux à hauteur de 439 352 €.
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La restauration d’après-guerre cause des dégâts
31,5 mètres de long, 15 m de large et une flèche qui pointe à 30 m de hauteur. L’église Sainte-Geneviève de Barcy est typique des églises du secteur. Pourtant son histoire singulière la distingue des autres. A commencer par son clocher qui a déplacé au milieu du XIXe siècle. Initialement construit sur le côté de l’église, il est finalement déplacé en 1871 pour prendre sa place actuelle. Mais c’est lors des violents combats de la Bataille de la Marne, les 6 et 7 septembre 1914, que l’église de Barcy entre dans l’histoire. Violemment bombardée, l’église subit des dommages considérables. Le clocher est notamment touché par plusieurs obus sur la façade sud du beffroi qui est détruite. La voûte de la troisième travée centrale est complètement effondrée et la toiture est éventrée. C’est là que les ennuis vont commencer pour l’édifice.
Stéphane Berhault, l’architecte qui a réalisé le diagnostic avant travaux, note « des traces de restauration sur la charpente datant d’après la Première Guerre mondiale », consécutives aux bombardements. Il constate « des reprises en mortiers à base de ciment », une technique couramment employée après-guerre. « Son emploi est très problématique » car le ciment retient l’humidité « favorisant la dégradation de la pierre ». Le diagnostic met également en évidence le développement d’algues terrestres, de mousses et de lichens et une « importante érosion des blocs à la base des murs ».
A l’intérieur de l’église, les remontées d’humidité depuis le sol et en pied de mur sont la cause d’affaissement et du pourrissement de certaines parties.
La situation globale du bâtiment est préoccupante, pourtant certaines fissures relevées datent des désordres de 1914 et ne semblent plus actives aujourd’hui, rassurant les équipes en charge de sa restauration.

Protéger l’église des intempéries
Après plusieurs semaines à installer l’échafaudage tout autour de l’église, les ouvriers ont désormais commencé leur long travail de préparation. Il faut retirer les éléments abîmés sur la toiture, changer les poutres et restaurer les éléments qui peuvent être conservés, notamment sur la charpente.
La première tranche de travaux, qui doit durer près de 18 mois, va s’atteler à remettre en état le clos et le couvert, notamment la maçonnerie et la charpente. L’objectif étant d’arrêter l’usure du temps et de sauver l’édifice religieux.

Outre la toiture, les ouvriers vont également restaurer les vitraux dont la quasi-totalité est abîmée, voire manquante. Il faut également restaurer leurs appuis, dont la pierre est usée par le système d’évacuation d’eau. Ils devront aussi consolider le contrefort d’angle au nord de la baie d’axe du chœur, dont « l’état est très préoccupant », puisqu’une immense fissure le traverse de haut en bas.
Quant à la deuxième phase de travaux, qui doit concerner la restauration de l’intérieur de l’église, notamment les sols, les colonnes, les pierres de taille, le mobilier et la partie électrique, elle ne pourra pas être engagée immédiatement, faute de budget. Le coût de cette seconde partie est estimé à plus de 600 000 €. Mais la municipalité a bon espoir de pouvoir l’engager dans les années à venir.
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