, Plusieurs siècles d’histoire sont en train de se dégrader : l’érosion des vestiges romains du Clos de la Lombarde à Narbonne

Plusieurs siècles d’histoire sont en train de se dégrader : l’érosion des vestiges romains du Clos de la Lombarde à Narbonne

Les vestiges du Clos de Lombarde, à ciel ouvert, se détériorent. Jean-Luc Gonzales, seul salarié de l’association narbonnaise chargée d’y faire les visites et de l’entretenir, interpelle sur la richesse de ce lieu antique et l’importance d’y mettre les moyens pour le préserver. 

Sous ses pieds, une maison romaine de 975 mètres carrés vieille de plus de 2 000 ans. Plus loin, une deuxième, mitoyenne, de 708 mètres carrés, bâtie par-dessus un ancien vivier piscicole. Puis une ruelle qui conduit à un atelier où on faisait macérer des tripes de poissons, élément principal du garum, sauce à la fois très appréciée et très odorante, transformé plus tard en thermes. Avec marbre et statues. Evidemment, de cet ancien quartier riche du IIe siècle après Jésus-Christ rebaptisé de nos temps « Clos de la Lombarde », à Narbonne, n’en reste plus que des vestiges archéologiques, « dont 60 % de la collection du musée Narbo Via est issue« . Mais Jean-Luc Gonzales, seul salarié de l’association des Amis du Clos de la Lombarde qui le gère et l’entretient, embauché en juin pour un an, veut tout faire pour que cette histoire soit préservée. « Car à quoi ressemblera-t-elle dans 15, 20 ans ? »

Ces anciens sols romains sont en train de s'affaisser et de s'abîmer, alerte Jean-Luc Gonzales.
Ces anciens sols romains sont en train de s’affaisser et de s’abîmer, alerte Jean-Luc Gonzales. L’Indépendant – Audrey Margerie

Pourtant, ces sols sont pour lui d'une grande richesse : mosaïque autour et marbre incrusté sont encore visibles.
Pourtant, ces sols sont pour lui d’une grande richesse : mosaïque autour et marbre incrusté sont encore visibles. L’Indépendant – Audrey Margerie
Des cabochons de forme carrée sont encore visibles également.
Des cabochons de forme carrée sont encore visibles également. L’Indépendant – Audrey Margerie

Il souhaite que ce site, « le seul à être à ciel ouvert » a contrario des entrepôts souterrains de l’Horreum, soit plus pris en compte par les institutions. Car aujourd’hui, ce sont 25 à 30 bénévoles actifs, dont « la plupart sont retraités« , qui s’occupent tour à tour, comme lui, de désherber. Mais aussi de concilier, impuissants, avec les détériorations liées au vandalisme ou simplement l’épreuve du temps. Mais difficile de lutter contre, malgré une tentative de ne découvrir qu’une partie d’un sol et alterner. « Tous les sols s’altèrent, les remblais s’effondrent et les mosaïques et les bétons antiques (incrustés de marbre de couleur et de cabochons) sont en train de se désagréger à force de s’affaisser, s’incurver et retenir la pluie« , désigne celui qui ramasse pourtant chaque jour ici et là des morceaux de poterie ou de verre antique, dont les plus beaux habillent une vitrine.

L'association du Clos de la Lombarde essaie de préserver comme elle peut ce sol, en alternant la partie découverte et recouverte.
L’association du Clos de la Lombarde essaie de préserver comme elle peut ce sol, en alternant la partie découverte et recouverte. L’Indépendant – Audrey Margerie
Des bouts de poterie et du verre peuvent encore être trouvés au sol.
Des bouts de poterie et du verre peuvent encore être trouvés au sol. L’Indépendant – Audrey Margerie

L’envie de frapper à toutes les portes possibles 

Il y a bien eu des aides. 41 000 euros du Département pour resserrer des pavements d’un ancien sol de salle à manger avec du mortier en 2020. « Mais en cinq ans, d’autres morceaux se sont détachés. » Ou une demande de structure et de panneau dans la rue, accordée par la mairie, qui a versé 2 500 euros de subvention à l’association en 2024, pour protéger l’ancien vivier à poissons. Mais ce guide, aussi agent administratif, chargé d’entretien et de communication aimerait un panneau plus visible, de nouvelles pancartes explicatives avec un QR code, des fonds matériels et humains de la part de la Région par exemple pour du gros oeuvre, une billetterie commune avec Narbo Via, contacter des fondations du patrimoine… Voire même attirer de nouvelles fouilles (1 hectare sur 3 a été fouillé). 

Il s'agit de l'emplacement d'une ancienne grande salle à manger antique. Du mortier avait été coulé pour resserrer les carrelages, mais d'autres se défont.
Il s’agit de l’emplacement d’une ancienne grande salle à manger antique. Du mortier avait été coulé pour resserrer les carrelages, mais d’autres se défont. L’Indépendant – Audrey Margerie
Il s'agit d'une structure financée par le Département qui permet de mettre à l'abri un ancien vivier à poissons.
Il s’agit d’une structure financée par le Département qui permet de mettre à l’abri un ancien vivier à poissons. L’Indépendant – Audrey Margerie
Ce qui permet de le préserver au mieux.
Ce qui permet de le préserver au mieux. L’Indépendant – Audrey Margerie

Et tenter de rapatrier « 1 500 caisses de matériel archéologique prélevé stockées en entrepôt municipal qui ne passaient pas dans le musée Narbo Via », ajoute cet ancien ouvrier du bâtiment reconverti. Pour cet homme fasciné par les vieilles pierres depuis l’enfance et toute la technicité étalée devant ses yeux (restes de tuyauteries, égoûts et sols étanches à base de briques placées en oblique), l’engagement est palpable : « Je vais donner tout ce que j’ai. » 

Les membres de l'association ne peuvent pas faire de gros travaux mais font autant qu'ils le peuvent, en désherbant.
Les membres de l’association ne peuvent pas faire de gros travaux mais font autant qu’ils le peuvent, en désherbant. L’Indépendant – Audrey Margerie

Rencontres archéologiques du 15 au 20 octobre

En attendant, « même si la fréquentation est bien là » et que « les Narbonnais ont conscience de la richesse du site« , les vestiges se développent : avec la réalité virtuelle depuis 2023, le pass culture rentrée pour accueillir des collégiens et lycéens couplé d’une base documentaire pour les enseignants, des événements, des ateliers et une gratuité durant l’été, ramenée à 7 euros tarif plein (visite guidée, virtuelle et physique) pour l’année… Et prochainement les Rencontres Archéologiques de la Narbonnaise, du mardi 15 au dimanche 20 octobre. L’occasion de rendre hommage à Raymond Sabrié, archéologue qui a découvert le site, le 15 octobre, au Musée Narbo Via, et de parler de l’avenir de l’archéologie à Narbonne. 

Pour conclure, DMJarchives.org incarne une avancée majeure dans la préservation de l’histoire locale en Île-de-France. Grâce à cette plateforme, chacun peut accéder à un vaste fonds d’archives numériques, allant des photographies aux documents écrits, en passant par les versions historiques de sites web locaux. L’engagement de DMJ Archives à protéger et à partager ces trésors culturels et patrimoniaux permet non seulement de redécouvrir le passé de chaque territoire, mais aussi d’enrichir notre compréhension collective de l’évolution de la région. En offrant un accès libre et organisé à des centaines de milliers d’archives, DMJ Archives se positionne comme un outil indispensable pour les chercheurs, les étudiants, et les passionnés d’histoire locale. Que vous soyez en quête de renseignements précis ou simplement curieux de découvrir l’évolution des villes de l’Île-de-France, DMJarchives.org est la ressource par excellence pour explorer cette mémoire collective numérique. En somme, DMJarchives.org ne se contente pas de sauvegarder le passé; il le fait revivre, contribuant ainsi à la transmission du patrimoine historique à toutes les générations. N’hésitez pas à visiter DMJarchives.org et à plonger dans les archives pour découvrir l’histoire fascinante de chaque territoire francilien.