, Les évasions les plus rocambolesques de l’histoire

Les évasions les plus rocambolesques de l’histoire

Qu’ils soient gangster, libertin ou grand patron, ces hommes n’ont pas résisté à l’appel de la liberté. Retour sur dix cavales d’exception qui ont marqué leur époque.

Publicité

Les évasions de prison fascinent autant qu’elles inquiètent. Ces récits, où la ruse et la détermination rivalisent avec les mesures de sécurité les plus strictes, captivent l’imaginaire collectif. De l’évasion audacieuse d’Alcatraz en 1962, où trois détenus parvinrent à s’échapper de la forteresse réputée inviolable, à l’évasion rocambolesque de Jacques Mesrine, le célèbre ennemi public numéro un en France, chaque épisode révèle des histoires extraordinaires de survie et d’ingéniosité. Ces incidents soulignent les failles et les défis constants des systèmes pénitentiaires. En 2022, 13 détenus se sont évadés de prison en France, contre 2,2 en moyenne dans les pays européens pour la même année (source: Conseil de l’Europe).

Casanova s’enfuit en gondole : l’évasion la plus romanesque

Enfermé à la prison des Plombs, à Venise, en juillet 1755, probablement à cause de sa vie dissolue, Casanova ne pense qu’à s’échapper. Grâce à un verrou trouvé lors d’une promenade et qu’il a aiguisé pendant des jours, il se met à creuser le plancher sous son lit. Alors qu’il est presque au bout de ses peines, on le change de cellule. Il faut tout recommencer. Il convainc alors le détenu du cachot voisin, le moine Balbi, de creuser pour lui : Balbi pratique un trou dans le plafond de sa geôle, et un dans le mur le séparant de Casanova. En novembre 1756, les deux hommes filent par les toits du palais des Doges, gagnent la place Saint-Marc et quittent Venise… en gondole.

Publicité

Publicité

, Les évasions les plus rocambolesques de l’histoire
Casanova s’enfuit en gondole. BRIDGEMAN IMAGES

Redoine Faïd joue la fille de l’air : l’évasion la plus spectaculaire

En 2018, le braqueur multirécidiviste Rédoine Faïd est incarcéré au centre pénitentiaire de Réau (Seine-et-Marne). Il y purge une peine de vingt-cinq ans de réclusion criminelle pour avoir participé en 2010 à une fusillade à Villiers-sur-Marne qui a coûté la vie à une policière. Mais on ne le surnomme pas « le roi de l’évasion » pour rien. Le 1er juillet, un hélicoptère se pose dans la cour de la prison. Deux hommes armés et cagoulés en descendent. En un clin d’œil, ils aveuglent les caméras de surveillance à l’aide de fumigènes, découpent à la disqueuse les portes menant au parloir et y récupèrent Rédoine Faïd. Quelques secondes plus tard, ils sont à bord de l’hélico qui disparaît à l’horizon. Pas un coup de feu n’a été tiré. Faïd ne sera appréhendé qu’en octobre, après une cavale de trois mois.

Publicité

Le comte de Lavalette pouvait compter sur sa femme : l’évasion la plus amoureuse

Ministre de Napoléon Ier, le comte de Lavalette a été condamné à mort sous la Restauration. En ce 20 décembre 1815, la veille de son exécution, il reçoit l’ultime visite de son épouse, Émilie de Beauharnais, dans sa cellule de la Conciergerie. Une heure plus tard, les gardiens voient ressortir une femme éplorée qui dissimule ses larmes derrière des mouchoirs de dentelle et s’engouffre dans une chaise à porteurs. Le concierge comprendra trop tard qu’il vient de voir le comte lui filer entre les doigts ; vêtue des vêtements de son mari, Émilie a pris sa place dans sa cellule. Elle finira par être libérée et retrouvera son époux, après que celui-ci aura passé six années d’exil en Bavière, puis reçu la grâce royale.

, Les évasions les plus rocambolesques de l’histoire
Caricature de l’évasion du comte de Lavalette. MartinPoulter/Wikimedia Commons

Publicité

Publicité

Les évadés du Stalag : l’évasion la plus aventureuse

En pleine Seconde Guerre mondiale, plus de 200 aviateurs alliés entreprennent de s’évader du Stalag Luft III, un camp allemand à l’est de Berlin. Pendant plus d’un an, ils creusent trois tunnels étançonnés de 110 mètres de long à 10 mètres de profondeur, y installent une ventilation, un éclairage électrique et une évacuation des gravats par wagonnets circulant sur rails. Ils se procurent aussi des vêtements civils, de faux papiers, des cartes et des boussoles. Dans la nuit du 24 au 25 mars 1944, enfin, c’est l’heure H. Mais seuls 76 prisonniers ont le temps de s’échapper avant que le tunnel ne soit découvert par un garde allemand. Et sur ces 76 évadés, 73 sont repris, dont 50 sont passés par les armes. Ils ne sont que trois à réussir à gagner l’Angleterre. En 1963, le réalisateur John Sturges tirera un film de cette épopée, La Grande Évasion.

, Les évasions les plus rocambolesques de l’histoire
Bertram « Jimmy » James et Sydney Dowse, officiers de la Royal Air Force, ont tous deux survécu à l’évasion du stalag Luft III. Ils se retrouvent ici à l’occasion du soixantième anniversaire de l’événement, à Londres en 2004. ALAMY/HÉMIS

Publicité

Les bonnes manières de Spaggiari : l’évasion la plus classe

En 1976, Albert Spaggiari est une légende dans le milieu des braqueurs. C’est lui, dit-il, qui a conçu « le casse du siècle » : le perçage des coffres de la Société générale à Nice (Alpes-Maritimes), en juillet. Butin : 50 millions de francs de l’époque (environ 40 millions d’euros). Dénoncé, il a été arrêté en octobre et, depuis, croupit à la prison de Nice. Le 10 mars 1977, il est dans le bureau du juge d’instruction lorsque, prétextant lui montrer des documents, il se lève et s’approche de la fenêtre. Brusquement, il l’ouvre et saute du deuxième étage. Il atterrit sept mètres plus bas sur le toit d’une automobile, enfourche une moto pilotée par un complice, est transféré dans le coffre d’une voiture et réussit à rallier Paris. Il aura l’élégance d’envoyer un dédommagement de 5 000 francs au propriétaire de la Renault 6 qu’il a abîmée en se réceptionnant dessus !

, Les évasions les plus rocambolesques de l’histoire
Albert Spaggiari s’évade du palais de justice de Nice. Apic/Getty Images

Publicité

Publicité

Louis-Napoléon Bonaparte, un futur empereur déguisé en ouvrier : l’évasion la plus simple

Avant d’être élu premier président de la République en 1848, et avant de devenir le dernier empereur des Français en 1852, Louis-Napoléon Bonaparte a eu une vie turbulente. Il a notamment fomenté deux coups d’État contre la monarchie de Juillet qui lui ont valu un emprisonnement au fort de Ham, dans la Somme, en 1840. Six ans plus tard, il en a assez : il s’évade. Le 25 mai 1846, profitant de travaux dans la forteresse, il enfile des vêtements d’ouvrier, coiffe une perruque noire et une casquette, chausse des sabots, charge une planche sur l’épaule et se dirige vers la sortie, tout simplement. La grille et le pont-levis sont franchis sans encombre. Quand son absence est découverte, Louis-Napoléon est déjà en Belgique.

Frank Morris et les frères Anglin, les seuls évadés d’Alcatraz : l’évasion la plus impensable

Depuis sa mise en service en 1934, le pénitencier d’Alcatraz (Californie) n’a jamais connu d’évasion réussie. Barbelés, miradors… Sans compter que The Rock est planté au milieu de la baie de San Francisco, aux eaux froides et aux forts courants. Pourtant, en 1962, Frank Morris et les frères Anglin réussissent l’impossible. Pendant des mois, ils ont creusé – d’abord au coupe-ongles, puis à l’aide d’une lame – un tunnel derrière la grille d’aération de leur cellule. Avec des imperméables, ils ont fabriqué un radeau gonflable et des gilets de sauvetage. Raffinement suprême : ils ont posé sur leur oreiller des masques en papier mâché pour faire croire aux gardiens qu’ils dorment tranquillement. Dans la nuit du 11 au 12 juin, ils disparaissent. Aujourd’hui encore, nul ne sait s’ils ont réussi à atteindre la côte. Morris et les frères Anglin figurent toujours sur la liste des personnes recherchées aux États-Unis.

Publicité

Carlos Ghosn, un grand patron dans une petite boîte : l’évasion la plus improbable

Arrêté à Tokyo en novembre 2018 pour des soupçons de malversations financières, emprisonné puis assigné à résidence au Japon, le patron de Renault Nissan, Carlos Ghosn, a acquis la conviction qu’il ne serait jamais libéré. Dès lors, il échafaude un plan audacieux pour sortir du pays. Le 29 décembre 2019, après avoir troqué le costume cravate contre des vêtements plus passe-partout, il quitte son domicile tokyoïte et s’embarque dans un train à destination d’Osaka. Deux complices, habillés en rockers, le récupèrent et le dissimulent dans une caisse d’instrument de musique. De là, il est transporté à l’aéroport et chargé à bord d’un jet privé qui l’attendait. L’avion décolle : Carlos Ghosn peut enfin sortir de sa boîte. Il est, depuis, réfugié dans son Liban natal.

, Les évasions les plus rocambolesques de l’histoire
L’évasion de Carlos Ghosn dans la presse japonaise. Alamy Stock Photo

Publicité

Publicité

Henri Charrière dit « Papillon » : l’évadé multirécidiviste du bagne de Cayenne

Publiés en 1969 chez Robert Laffont, adaptés au cinéma en 1973 avec Steve McQueen et Dustin Hoffman, les mémoires d’Henri Charrière dit « Papillon », évadé multirécidiviste du bagne de Cayenne, constituent encore une référence du récit d’aventures. Mais de nombreuses enquêtes ont révélé que la plupart des épisodes relatés sont soit inventés, soit empruntés à d’autres détenus, notamment au dénommé René Belbenoît. Henri Charrière a effectivement été envoyé à Cayenne en 1933 et y est resté onze ans. « À la fin du bagne, en 1944, il s’évade sans grande difficulté et rejoint le Vénézuela où il va gérer une boîte à filles », écrit Franck Sénateur dans Les Grandes Évasions de l’Histoire (éd. Nouveau Monde, 2023).

, Les évasions les plus rocambolesques de l’histoire
Henri Charrière dans les années 1970. Courtesy Everett Collection / Bridgeman Images

Publicité

Slavomir Rawicz : le faux évadé

Condamné à vingt-cinq ans de travaux forcés dans un goulag de Sibérie en 1939, évadé en 1942 avec six codétenus, rescapé d’une marche de 6 500 kilomètres à travers le désert de Gobi et l’Himalaya jusqu’en Inde… L’épopée du Polonais Slavomir Rawicz avait tout pour plaire. Publié en 1956, son livre À marche forcée est un best-seller. Mais face aux incohérences du récit et à l’exploit démesuré, le doute naît. Certains partent sur ses traces : Sylvain Tesson en 2004, Cyril Delafosse-Guiramand en 2006… La même année, une enquête de la BBC tranche : Rawicz a été libéré du goulag en 1942 dans le cadre d’un accord anglo-soviétique et s’est établi en Angleterre.

Ça peut aussi vous intéresser :

Où trouve-t-on la plus ancienne prison du monde ?

Quand le maire de la Nouvelle-Orléans voulait faire évader Napoléon

Quelle est la peine maximale de prison en France ?

En conclusion, DMJarchives.org incarne une véritable bibliothèque virtuelle de l’histoire locale en Île-de-France, offrant un accès inestimable à une multitude de trésors d’archives numériques. Grâce à son engagement à préserver la richesse culturelle et patrimoniale de la région, DMJ Archives comble les lacunes laissées par les documents historiques disparus. L’organisation méthodique des archives par territoire permet une exploration approfondie de l’histoire de chaque ville et commune. De la reconstitution des sites internet locaux à la compilation d’une photothèque exhaustive, en passant par la mise à disposition de documents variés, DMJarchives.org constitue une ressource inestimable pour les chercheurs, les étudiants et les habitants de la région francilienne. En somme, en offrant un accès facile et organisé à ces archives numériques, DMJarchives.org joue un rôle crucial dans la préservation et la diffusion de la mémoire collective de l’Île-de-France. Explorez cette riche plateforme pour plonger dans l’histoire fascinante de chaque territoire, et découvrez ainsi les trésors cachés de la région à travers les âges.