« Les Echos » ont sélectionné 52 personnalités candidates aux législatives anticipées des 30 juin et 7 juillet prochains. Qui sont-elles ? Comment abordent-elles ce scrutin ? Quels sont les enjeux dans leurs circonscriptions ? Nos réponses.
Gabriel Attal, le Premier ministre, des membres de son gouvernement, des figures de la majorité, telles Elisabeth Borne ou Yaël Braun-Pivet, des personnalités du Rassemblement national (RN), du Nouveau Front populaire (NFP) ou de la gauche dissidente, des Républicains… « Les Echos » ont sélectionné 52 candidatures emblématiques des législatives anticipées. Qui sont ces têtes d’affiche et comment se présente pour elles le scrutin ? Tour d’horizon.
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Les ministres :
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Gabriel Attal, un chef de campagne qui bénéficie d’une rare circonscription bastion
Gabriel Attal.Reuters
Candidat à sa réélection dans la 10e circonscription des Hauts-de-Seine , Gabriel Attal repart dans une de ces – rares – zones qui sont devenues, à la faveur de vases communicants avec LR, des bastions du macronisme ou de ce qu’il en reste. Le Premier ministre a d’ailleurs signé dans le département un accord de non-agression avec les LR locaux , ce qui n’aura pas, in fine, empêché l’actuelle direction nationale de LR de mettre un candidat en face de lui.
Mais le Premier ministre, qui fait campagne dans toute la France pour la majorité , peut compter sur sa notoriété face au candidat LR Clément Perrin, dans une circonscription favorable à la majorité. Aux européennes, la liste de Valérie Hayer y a obtenu un score bien supérieur à sa moyenne nationale. Le RN, s’il a coiffé au poteau LR lors du scrutin européen, y demeure faible, avec des scores quasiment trois fois moins élevés qu’au niveau national.
Malgré l’effet usure du pouvoir et les bons résultats de la liste de Raphaël Glucksmann aux européennes, Gabriel Attal pourrait bénéficier, dans une circonscription où LFI fait office de repoussoir et où il avait obtenu en juin 2022 l’un des meilleurs résultats de la majorité avec 59,85 % des voix, d’un vote « utile » dès le premier tour, face à son adversaire de 2022, la socialiste Cécile Soubelet, candidate du Nouveau Front populaire.
Stéphane Séjourné, en lice pour la première fois dans un scrutin nominal
Stéphane Séjourné.Reuters
C’est une première, ce qui ajoute une dose d’incertitude dans une circonscription – la 9e des Hauts-de-Seine -néanmoins regardée avec envie par nombre de députés de la majorité en difficulté. Secrétaire général de Renaissance, Stéphane Séjourné concourt en effet pour la première fois dans une élection sur son nom. Inconnu du grand public, celui qui a quitté la présidence du groupe Renew au Parlement européen lorsqu’il a été nommé en janvier dernier ministre de l’Europe et des Affaires étrangères , avait été élu député européen en 2019.
Malgré l’accord de non-agression avec les LR locaux, lui aussi aura affaire avec une candidate LR, Virginie Mathot, qui se présente comme la seule candidate de la droite et du centre. En juin 2022, Emmanuel Pellerin, avait été élu pour Renaissance avec 53,91 % face au candidat LR.
Gérald Darmanin, un poids lourd très bien implanté en terre RN
Gérald Darmanin.STEPHANE DE SAKUTIN/AFP)
En juin 2022, dans son fief de la 10e circonscription du Nord , à Tourcoing, le ministre de l’Intérieur avait réuni 57,22 % des voix face à la candidate Nupes Leslie Mortreux, après un premier tour où il était arrivé largement en tête avec 39 % des voix. Gérald Darmanin était, le soir de la dissolution, le seul poids lourd du gouvernement à défendre cette décision. Mais lors des européennes, le RN et Reconquête sont arrivés très haut (40,05 % au total) sur ses terres et le bloc de gauche a refait alliance. Alors Gérald Darmanin, soutenu localement par LR mais qui a aussi un candidat divers droite face à lui, mise sans doute davantage sur son implantation locale que son bilan de ministre de l’Intérieur, répétant à qui veut l’entendre qu’une élection se gagne « porte à porte ». Et, le 21 juin, dix jours avant le premier tour, il a assuré au « Parisien » qu’il ne retournerait sans doute pas au gouvernement. « Il faut ouvrir une nouvelle page et réfléchir à la suite », a-t-il ajouté.
Frédéric Valletoux, un test pour l’étiquette Horizons et le poids de l’implantation face au RN
Frédéric Valletoux.MIGUEL MEDINA/AFP)
Chez Horizons, le parti d’Edouard Philippe, on a toujours beaucoup misé sur les élus locaux et l’implantation locale. Cela tombe bien, le ministre de la Santé, Frédéric Valletoux , en aura besoin dans la 2e circonscription de Seine-et-Marne où il a longtemps été maire de Fontainebleau. Car le RN avec Reconquête y a obtenu des scores importants aux européennes. Là, l’équation personnelle sera un facteur majeur de cette campagne éclair.
Stanislas Guerini, un macroniste de la première heure très menacé par la gauche
Stanislas Guerini.Reuters
Emmanuel Macron a tué la majorité présidentielle, selon Edouard Philippe ? Stanislas Guerini, présent aux côtés d’Emmanuel Macron à la naissance d’En Marche, pourrait, le 7 juillet, être un des symboles de ce moment. Car en juin 2022, dans la foulée de la réélection du chef de l’Etat, ce fidèle n’avait gagné dans la 3e circonscription de Paris qu’avec 770 voix d’écart face à la candidate de la Nupes Léa Balage El Mariky, qui concourt à nouveau, avec l’étiquette Nouveau Front populaire. Aux élections européennes, le bloc de gauche avait atteint plus de 50 % des voix dans sa circonscription.
Franck Riester en difficultés pour obtenir un cinquième mandat
Franck Riester.Reuters
Le ministre en charge du Commerce extérieur s’apprête à vivre un scrutin difficile. Elu pour la première fois député en 2007, largement réélu lors des trois scrutins suivants, il fait face après la dissolution à une poussée importante du RN dans sa circonscription, la 5e de Seine-et-Marne , historiquement à droite. En 2022, le candidat du RN avait fait 46,8 % et, aux élections européennes du 9 juin, la liste de Jordan Bardella a atteint 38,7 % contre un petit 13 % pour celle de Renaissance. Face à la vague RN, Franck Riester ne peut que miser sur son implantation locale puisqu’en plus d’être député depuis 2007, il a été maire de Coulommiers entre 2008 et 2017.
Face à lui, l’alliance RN-LR d’Eric Ciotti a parachuté un avocat parisien, Philippe Fontana. Issu des LR, il se prévaut du soutien de Guy Drut, ancien député de cette circonscription. Philippe Fontana est l’auteur d’un livre sur le « dévoiement » du droit d’asile.
Roland Lescure, bien placé pour un troisième mandat
Roland Lescure.Sebastien Salom-gomis/SIPA
Elu député en 2017 dans la 1ere circonscription des Français de l’étranger (Amérique du Nord), réélu en 2022 face à la Nupes, le ministre de l’Industrie, Roland Lescure, n’a, a priori, pas beaucoup de soucis à se faire pour obtenir un troisième mandat. Dans sa circonscription, la majorité sortante est arrivée largement en tête aux élections européennes avec 25,5 % des voix.
Hervé Berville face à un premier tour compliqué
Hervé Berville.Reuters
Macroniste depuis le début, le secrétaire d’Etat chargé de la Mer et de la Biodiversité a été élu député dans la 2e circonscription des Côtes d’Armor en 2017 et largement réélu en 2022 face à la gauche. Mais ce proche de Richard Ferrand fait face à la montée du RN en Bretagne. En 2019, lors des européennes, le parti d’extrême droite avait réalisé 19 % des suffrages, derrière la liste de la majorité. En 2024, le RN a viré en tête avec 28 % dans le département et presque 29 % dans la 2e circonscription.
Comme de nombreux candidats de la majorité sortante, le député sortant fait face à un premier tour difficile, risquant l’élimination. Le Nouveau Front populaire a investi un écologiste, Jérémy Dauphin, et, sur la base des élections européennes (22 % pour les socialistes et les écologistes), celui-ci est en mesure de se qualifier pour le second tour.
Thomas Cazenave peut être raisonnablement optimiste
Thomas Cazenave.Reuters
Elu pour la première fois député en 2022 avec un score confortable de 59 %, le ministre des Comptes publics, Thomas Cazenave, peut être raisonnablement optimiste pour cette nouvelle élection. Aux européennes, les listes Renaissance, Place Publique-PS et RN ont terminé au coude-à-coude dans sa circonscription, la 1ere de Gironde , avec un très léger avantage pour la première. Autre motif d’optimisme pour le ministre, LR n’a pas investi de candidat face à lui, mais il devra faire face à une candidate centriste, Béatrice Pomarel. En cas de qualification pour le second tour, il aura donc des réserves de voix face à la gauche, représentée par l’écologiste Céline Papin, ou face au RN.
Mais Thomas Cazenave, figure nationale, pourra aussi être victime de la vague anti-macroniste. Sa concurrente à gauche, Céline Papin, adjoint au maire écologiste de Bordeaux, voit en lui « l’incarnation de la macronie et d’une technocratie éloignée du territoire » et « l’avatar d’un gouvernement sourd aux attentes des Français ». Thomas Cazenave, qui a des vues sur la mairie de Bordeaux (il a déjà été candidat en 2020 mais avait dû se contenter d’une troisième place), joue gros.
Sabrina Agresti-Roubache face à une équation plus que difficile
Sabrina Agresti-Roubache.Reuters
Equation plus que difficile pour la secrétaire d’Etat en charge de la Ville, Sabrina Agresti-Roubache, dans la 1ere circonscription des Bouches-du-Rhône . Elue pour la première fois députée en 2022, elle était passée à un fil face au RN, avec moins de 500 voix d’avance. Le scrutin surprise de 2024 s’annonce moins bien : dans cette circonscription de l’est de la ville de Marseille, le RN est en pleine ascension. La liste de Jordan Bardella a atteint 40 % aux élections européennes, celle de la majorité se contentant d’un petit 11 %. La gauche est aussi sur une tendance favorable, ce qui met la candidate, proche d’Emmanuel Macron, dans une situation plus que compliquée. Pas sûr que le soutien affiché de Gabriel Attal, qui s’est rendu à Marseille pour la soutenir le 21 juin, soit suffisant. A gauche, c’est une femme, Pascaline Lécorché, qui a été investie. Secrétaire générale de Place Publique, elle est proche de Raphaël Glucksmann qui est également venu à Marseille pour la soutenir.
Guillaume Kasbarian, l’artisan de la « loi anti-squats » face à la dynamique RN
Guillaume Kasbarian.ALAIN JOCARD/AFP
Son implantation et sa controversée loi anti-squat seront-elles, pour Guillaume Kasbarian, nommé en janvier ministre du Logement, des atouts face au RN, arrivé haut aux européennes dans la 1ere circonscription d’Eure-et-Loir ? Il avait fait un bon score aux législatives de 2022 face à la Nupes avec 58,10 % des voix. Mais pourra-t-il cette année résister à la tenaille du RN et du NFP ? Ce proche de Gabriel Attal fait aussi face à un candidat LR, ce qui pourrait, dans ce contexte, contribuer à disperser de très précieuses voix.
Marie Guévenoux, l’aile droite de la majorité en tenaille entre RN et NFP
Marie Guévenoux.Reuters
Depuis janvier elle est ministre déléguée aux Outre-Mer et a depuis multiplié les allers retours à Mayotte en crise ou accompagné le chef de l’Etat dans son voyage éclair en Nouvelle-Calédonie. En 2022, elle n’avait pas eu un combat facile dans la 9e circonscription de l’Essonne , élue à 51,27 % face à la Nupes. Aux élections européennes, l’extrême-droite (RN et Reconquête) ainsi que LFI y ont fait des scores importants. Satisfaction cependant pour cette bonne connaisseuse de la carte électorale venue de la droite, elle n’a pas de candidat LR face à elle.
Marc Fesneau paiera-t-il les conséquences de la crise agricole ?
Marc Fesneau.AFP
Le ministre de l’Agriculture est bien implanté dans sa circonscription, la 1ere du Loir-et-Cher . Il a été largement élu député en 2017 et 2022 et maire de la petite commune de Marchenoir (3e de circonscription du Loir-et-Cher) de 2008 à 2017. Il a aussi été candidat, malheureux, de la majorité aux élections régionales de 2021. Pour lui aussi, le danger pour ces législatives s’appelle le RN. Dans la 1ere circonscription du Loir-et-Cher, qui couvre notamment la ville de Blois, le parti de Jordan Bardella a fait une percée spectaculaire aux européennes (32 %). Marc Fesneau peut toutefois compter sur le vote anti-LFI : aux européennes, c’est la liste de Raphaël Glucksmann qui a devancé celle de LFI, mais c’est un candidat du parti de Jean-Luc Mélenchon qui a été investi à l’élection législative.
Côté négatif, le ministre de l’Agriculture pourra payer les conséquences de la crise agricole du début de l’année. Le projet de loi visant à donner des réponses a été dissous en même temps que l’Assemblée nationale, ce qui obligera la nouvelle majorité, quelle qu’elle soit, à repartir de zéro.
Marie Lebec dans une circonscription « en or »
Marie Lebec.Reuters
La discrète ministre des Relations avec le Parlement, proche de Gabriel Attal, bénéficie d’une circonscription « en or », la 4e des Yvelines , où elle a été élue une première fois en 2017 et, très largement, une deuxième fois en 2022 en améliorant même son score par rapport à 2017. C’est une des rares circonscriptions où la liste de la majorité est arrivée en tête aux européennes (22 %). Les étoiles s’alignent puisque la gauche présente un candidat LFI, alors que la liste de Raphaël Glucksmann est arrivée devant celle de LFI aux européennes, et LR part divisé (une candidature alliée au RN, une indépendante). Ce qui devrait lui permettre de passer le premier tour sans encombre et d’envisager le second avec optimisme.
Aurore Bergé, l’ex-patronne des députés Renaissance en terrain moins risqué qu’ailleurs
Aurore Bergé.Reuters
La ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes fait partie de ces rares membres de la majorité qui peuvent se targuer de concourir dans une circonscription, la 10e des Yvelines , où aux européennes, le RN a fait moins qu’ailleurs et la majorité présidentielle beaucoup mieux. En juin 2022, Aurore Bergé, qui a ensuite été élue présidente des députés Renaissance, avait aussi obtenu l’un des meilleurs scores de la majorité, avec 63,27 % des voix face à la Nupes. De bonnes bases, même si l’ancienne LR voit finalement un candidat LR concourir aussi dans cette circonscription en la personne de Gaël Barbotin, figure locale, ancien premier adjoint au maire de Rambouillet.
Olivia Grégoire bénéficie d’une bonne configuration
Olivia Grégoire.Reuters
Venue de la droite, la ministre déléguée en charge des PME, du Commerce, de l’Artisanat et du Tourisme peut, elle aussi, être optimiste. La 12e circonscription de Paris (une partie des 7e et 15e arrondissements), où elle a été largement élue en 2017 et encore plus en 2022, épouse le basculement politique de la capitale, où la droite historique s’est effacée au profit de la majorité d’Emmanuel Macron. Aux européennes, la liste de Valérie Hayer est arrivée largement en tête avec 23 % des suffrages.
La configuration est bonne pour la députée sortante : à gauche, le NFP a investi une candidate communiste et une candidature écologiste dissidente est également présente ; à droite, deux candidats marqués LR vont s’affronter, le premier issu de l’alliance avec le RN, le second « canal historique » et ils devront se partager les 16 % obtenus par la liste de François-Xavier Bellamy aux européennes. Face à ces divisions, la ministre peut être optimiste quant à une troisième victoire dans cette circonscription.
Prisca Thévenot bien positionnée
Prisca Thévenot.Reuters
La porte-parole du gouvernement et ministre chargée du Renouveau démocratique est candidate à sa réélection dans la 8e circonscription des Hauts-de-Seine , où elle avait été parachutée en 2022 après un échec en Seine-Saint-Denis face à la communiste Marie-George Buffet en 2017. Sur le papier, elle est plutôt bien positionnée : arrivée en tête au premier tour en 2022, elle avait élue au second avec 65,75 % des voix face à une candidate de la Nupes. Pour ces législatives 2024 elle est notamment face à une jeune étudiante en droit (19 ans), investie par le PS pour le Nouveau Front populaire, Salomé Nicolas-Chavance.
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Pour la majorité présidentielle :
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Yaël Braun-Pivet, l’ex-novice en politique bien implantée
Yaël Braun-Pivet.Bertrand GUAY/AFP
La présidente de l’Assemblée nationale sortante fait partie de cette vague de députés issue de la société civile arrivée au Palais-Bourbon dans la foulée de l’élection d’Emmanuel Macron en 2017. Elle voulait faire de la politique autrement, a décroché alors la présidence de la commission des Lois contre toute attente et a été élue, en 2022, au Perchoir, contre le candidat de l’Elysée. Fidèle à la majorité, elle n’a jamais été une affidée d’Emmanuel Macron et a labouré, depuis 2017, non seulement sa circonscription des Yvelines et le département mais elle a aussi, depuis 2022, fait de même en France. Voilà qui devrait l’aider.
Choquée par la dissolution, elle a réfléchi un instant avant de repartir en campagne dans la 5e circonscription des Yvelines , où elle a obtenu, en 2022, l’un des meilleurs scores du second tour, avec 64,62 % des voix et ne devrait pas, malgré un contexte plus difficile pour la majorité, rencontrer trop d’obstacles alors que le RN a fait ici aux européennes deux fois moins qu’au niveau national et qu’elle entretient d’excellentes relations avec son homologue LR du Sénat, Gérard Larcher, qui pèse évidemment très fort dans ce département. Seule inconnue, Jacques Myard, qui a longtemps été élu – sous l’étiquette UMP puis LR dans cette circonscription, repart au combat pour tenter de prendre sa revanche. Avec cette fois l’étiquette LR-RN d’Eric Ciotti.
Elisabeth Borne en danger
Elisabeth Borne.Siccoli Patrick/SIPA
En 2022, Elisabeth Borne avait senti le vent du boulet pour sa première candidature à une élection législative. Tout juste nommée Première ministre par Emmanuel Macron, parachutée dans la 6e circonscription du Calvados , elle n’avait gagné qu’avec une toute petite avance (52 %) face à un étudiant et candidat LFI de 22 ans, Noé Gauchard. Le duo va se retrouver en 2024 : Elisabeth Borne n’est plus Première ministre, Noé Gauchard est devenu enseignant à l’Université de Caen et entend prendre sa revanche. Le RN est en embuscade après un bon score aux européennes (34 %), supérieur de 3 points à sa moyenne nationale.
Pour Elisabeth Borne, le premier tour s’annonce périlleux face à une gauche unie, et les réserves de voix, en cas d’accès au second tour, plus que faibles : on imagine mal la gauche voter pour celle dont les principales réformes à Matignon ont été la réforme des retraites et la loi immigration .
Clément Beaune : en grand danger
Clément Beaune.Ludovic MARIN/AFP
Même cas de figure qu’Elisabeth Borne pour l’ancien ministre des Transports. Elu de justesse face à la gauche en 2022 (50,7 %), le député sortant de la 7e circonscription de Paris , Clément Beaune, fait face à une équation périlleuse. Dans cette circonscription marquée à gauche, où la liste de Raphaël Glucksmann a atteint 29 % aux européennes et où le total gauche (Place Publique-PS, LFI et écologistes) est monté à 58 %, où la droite et le RN font de la figuration, le NFP a investi Emmanuel Grégoire, premier adjoint de la maire de Paris, Anne Hidalgo. Clément Beaune fait une campagne à gauche toute et n’oublie pas de rappeler qu’il a été viré du gouvernement après son opposition à la loi immigration. Sans doute insuffisant pour entrevoir une réélection.
Olivier Véran, l’ancien ministre défié par la jeune garde
Olivier Véran.Jacques Witt/SIPA
Il a très vite annoncé qu’il repartait au combat dans sa circonscription, mais, s’il est investi par la majorité présidentielle, il a tout de suite mis l’accent sur sa sensibilité sociale-démocrate et a promis d’être un député « libre ». L’ex-ministre de la Santé et neurologue, dont la reconversion dans la médecine esthétique lui a valu un torrent de critique de ses pairs – il a d’ailleurs depuis assuré renoncer à cette reconversion – avait été élu en 2022 avec 55,53 % des voix face à une candidate LFI de la Nupes.
Cette fois, dans sa circonscription, la 1ere de l’Isère , où les listes de gauche aux européennes ont réuni au total plus de 45 % des suffrages, et le RN deux fois moins que son score national, il va faire face à un candidat du Nouveau Front populaire, mais il s’agit désormais d’un candidat issu des milieux associatifs et syndicaux étudiants, Hugo Prevost. Celui-ci espère bénéficier de l’alliance à gauche et d’un effet vote sanction contre l’ancien ministre et ex-porte-parole du gouvernement, pourtant bien implanté. Olivier Véran va aussi faire face à un candidat LR-RN, lui aussi issu du syndicalisme étudiant et à une candidate LR �« canal historique ».
Gilles Le Gendre : un dissident plus soutenu qu’un candidat légitime
Gilles Le Gendre.Nicolas Messyasz/SIPA
Figure du macronisme à Paris, l’ancien président du groupe En Marche à l’Assemblée nationale est devenu un martyr de son camp, ce qui lui permet de doper sa campagne. A contrario de la quasi-totalité des autres députés sortants de la majorité, le député sortant de la 2e circonscription de Paris n’a pas été réinvesti après l’annonce de la dissolution. Le camp Macron a préféré investir un proche de Rachida Dati, Jean Laussucq, avec, derrière la tête, la préparation des élections municipales de 2026. Gilles Le Gendre a maintenu sa candidature et le sort qui lui a été réservé lui permet de récolter de nombreux soutiens de figures de la macronie, de Richard Ferrand et Philippe Granjeon, proches d’Emmanuel Macron, à Yaël Braun-Pivet, l’ancienne présidente de l’Assemblée nationale, en passant par des anciens ministres comme Florence Parly ou Agnès Buzyn.
Dans cette circonscription où la liste de la majorité a frôlé les 24 % aux élections européennes, un de ses meilleurs scores en France, Gilles Le Gendre peut être optimiste, d’autant que la gauche, qui a également fait un bon score aux européennes, part divisée. A droite, le RN et Nouvelle Energie, le parti de David Lisnard, présentent chacun un candidat sur des positionnements peu en phase avec la circonscription.
La difficile équation de premier tour de Sacha Houlié
Sacha Houlié.Reuters
Il le dit haut et fort, l’ancien président de la commission des Lois et député macroniste depuis 2017 dans la 2e circonscription de la Vienne n’a pas apprécié la dissolution. Mais cela ne l’a pas empêché de rejoindre dès le lendemain ses terres poitevines pour tenter de conquérir un troisième mandat. Sur le papier, l’équation s’annonce compliquée. Si, avec 22 %, le RN a fait bien moins que sa moyenne nationale aux européennes, la liste de Raphaël Glucksmann est arrivée en deuxième position (19,8 %) et celle de la majorité troisième avec 16,7 %.
Le NFP ayant investi une candidate LFI, Sacha Houlié espère reconquérir une partie de l’électorat de centre gauche pour accéder au second tour. D’où une campagne siglée social-démocratie pour ce représentant de l’aile gauche de la majorité sortante, qui n’oublie pas, lui aussi, de rappeler avoir voté contre la loi immigration et être contre la nouvelle réforme de l’assurance-chômage . Point noir pour lui, la présence d’un candidat socialiste dissident du NFP, qui pourrait lui faire perdre quelques précieuses voix pour accéder au second tour. Mais en cas de premier tour gagnant, la réélection semble assurée.
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Pour le Rassemblement national :
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Marine Le Pen, une élection dès le premier tour ?
Marine Le Pen.REUTERS/Sarah Meyssonnier
En 2022, Marine Le Pen avait frôlé l’élection au premier tour dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais avec près de 54 % des suffrages, mais qui n’avait pu être validé à cause d’une trop faible participation (42,60 %). Le second tour contre l’actuelle secrétaire nationale des Ecologistes, Marine Tondelier, n’avait été qu’une formalité avec plus de 61 % des suffrages. Il faut dire que depuis des années, ces terres du Pas-de-Calais sont devenues très RN. A commencer par Hénin-Beaumont, fief électoral de Marine Le Pen, où Jordan Bardella a obtenu 61,5 % aux européennes, qui se trouve au milieu de cette circonscription. Sans Marine Tondelier pour l’affronter cette année – la candidate écologiste qui a combattu la chef de file des députés RN de l’Assemblée sans discontinuer depuis 2012, est cette fois-ci suppléante de Samira Laal (PS) -, Marine Le Pen pourrait bien l’emporter au premier tour.
Jérôme Sainte-Marie, l’ancien sondeur à l’assaut des Hautes-Alpes
Jérôme Sainte-Marie.Thomas SAMSON/AFP
Jérôme Sainte-Marie, le chargé de la formation des cadres du RN et ancien sondeur, lorgne sur la 1ère circonscription des Hautes-Alpes , où il affirme habiter une grande partie de l’année. Celui qui fut d’abord chevènementiste avant de rejoindre Marine Le Pen en 2022, va tenter de reprendre la circonscription à la majorité, qui s’était imposée face à un candidat Nupes à 200 voix près aux précédentes législatives.
Marie-Caroline Le Pen, l’aînée parachutée dans la Sarthe
Marie-Caroline Le Pen.Siccoli Patrick/SIPA
Celle qui en était restée politiquement à un « simple » siège de conseillère régionale d’Ile-de-France, souhaite désormais accéder à la scène nationale. La soeur aînée de Marine Le Pen, Marie-Caroline a été parachutée depuis les Hauts-de-Seine dans la 4e circonscription de la Sarthe , où Francois Fillon fut député plus de vingt ans. Encore faudra-t-il déloger la députée LFI sortante, candidate pour le NFP cette année. En 2022, cette dernière avait remporté l’élection de justesse contre le RN (50,15 % contre 49,85 %).
Sébastien Chenu, ultra-favori dans le Nord
Sébastien Chenu.Francois Greuez/SIPA
Le vice-président du RN, également vice-président sortant de l’Assemblée nationale, espère briguer un troisième mandat dans la 19e circonscription du Nord . Un territoire qu’il avait ravi aux socialistes en 2017. Pour ces élections, Sébastien Chenu part encore ultra-favori dans un territoire où l’extrême droite ne cesse de progresser. En 2022, il n’était pas passé loin d’être élu dès le premier tour, avec 45 % des voix. Aux européennes, la liste de Jordan Bardella y a même récolté 53 % des suffrages. Difficile pour ses quatre adversaires de rester optimiste.
Jean-Philippe Tanguy, en position de force dans la Somme
Jean-Philippe Tanguy.Ugo Amez/SIPA
Le « Monsieur Economie » du RN fait figure de grand favori dans la 4e circonscription de la Somme . L’ex-bras droit de Nicolas Dupont-Aignan avait ravi ce territoire aux mains du camp Macron avec près de 56 % des voix en 2022. Cette année, la majorité sortante a investi un candidat de 19 ans contre lui. A priori pas un grand danger pour lui. De son côté, le NFP espère bien arriver au second tour après en avoir été proche en 2022, avec 19,32 % des suffrages. Soit assez de voix pour s’y hisser si la participation est aussi haute qu’attendue.
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Pour l’alliance LR-RN :
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Eric Ciotti, pas assuré de l’emporter à Nice
Eric Ciotti.REUTERS/Stephanie Lecocq
Sans candidat RN dans la 1re circonscription des Alpes-Martimes , Eric Ciotti va pouvoir bénéficier de nombreuses nouvelles voix. D’autant que le RN a obtenu 30 % aux européennes dans son fief de Nice, loin devant le camp Macron (13 %). Mais cette année, le député sortant devra aussi faire face à un candidat LR, investi par la direction du parti, bien décidée à lui faire payer son alliance avec l’extrême droite . Il affrontera aussi son adversaire de 2022, Graig Monetti, adjoint Horizons à la mairie de Nice, face auquel il s’était imposé avec 13 points d’écart. Et la gauche unie pourrait également arriver au second tour. Rien n’est joué cette fois-ci pour le Niçois.
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Pour Les Républicains :
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Laurent Wauquiez, un retour risqué en Haute-Loire
Laurent Wauquiez.Isa Harsin/SIPA
Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes descend dans l’arène des législatives avec la présidentielle de 2027 en ligne de mire. Laurent Wauquiez espère prendre la suite d’Isabelle Valentin dans la 1ere circonscription de la Haute-Loire , la députée LR sortante dont il était suppléant, qui avait remporté 70 % des voix au second tour en 2022 face à la Nupes. Un territoire qu’il connaît bien puisqu’il y a été élu député à deux reprises, en 2004 et en 2012. Mais le RN y a fait presque 40 % le 9 juin et la circonscription ne semble plus autant attachée à LR que par le passé.
Aurélien Pradié, menacé par la gauche dans le Lot
Laurent Pradié.Jacques Witt/SIPA
Le député LR sortant avait gagné haut la main son duel au second tour face au candidat de la Nupes en 2022 avec 65 % des suffrages dans la 1ere circonscription du Lot . Mais la bataille s’annonce rude pour celui qui est député de Cahors et sa région depuis 2017. D’abord, Aurélien Pradié devra affronter un candidat du camp Macron, ce que lui avait épargné la majorité présidentielle en 2022. Surtout, la gauche est unie cette année sous la bannière du NFP, alors qu’en 2022 un candidat dissident avait refusé de se rattacher à la Nupes. Rémi Branco, sous l’étiquette divers gauche, avait récolté près de 17 % des voix.
Olivier Marleix, au défi de l’extrême droite en Eure-et-Loir
Olivier Marleix.Jacques Witt/SIPA
Le chef de file des députés LR à l’Assemblée, Olivier Marleix, règne sur la 2e circonscription d’Eure-et-Loir depuis 2012. Jusqu’à quand ? Le 9 juin, aux européennes, LR est arrivé en cinquième position avec 6,69 % des voix dans sa circonscription, très loin derrière le RN, premier avec 26,66 %. Déjà en 2022, Olivier Marleix avait dû faire face au RN au second tour. Un duel remporté avec 62,33 % des voix. Gagner ne sera pas aussi évident cette fois-ci avec le risque que le second tour prenne la forme d’une triangulaire LR-RN-NFP. La Nupes était déjà arrivée proche en 2022, avec 19 % des voix.
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Pour le Nouveau Front populaire :
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François Hollande, redevenir un député « normal »
François Hollande.Alain Robert/SIPA
Sous la Ve République, seul Valéry Giscard d’Estaing avait jusque-là troqué les habits présidentiels pour redevenir « simple » député, chez lui, dans le Puy-de-Dôme. Ce serait aussi un retour aux sources pour François Hollande, qui est candidat dans la 1ere circonscription de Corrèze , où il a été élu de 1988 à 1993 puis de 2002 à 2012. Il se présente sous l’étiquette du Nouveau Front populaire, après avoir pourtant été très critique de la Nupes et des positions de La France insoumise. Mais « à situation exceptionnelle, décision exceptionnelle ». Un choix qui fait grincer beaucoup de dents, à gauche comme dans la majorité. François Hollande joue en tout cas là son avenir en politique. Avec, en ligne de mire, le grand bain élyséen en 2027.
Manuel Bompard, un « porte-flingue » devenu héritier
Manuel Bompard.Nicolas Messyasz/SIPA
Manuel Bompard se présente à sa succession dans la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône . L’insoumis a été un des grands artisans du Nouveau Front populaire : coordinateur de LFI, il fut le négociateur en chef de son parti. Autour de la table comme sur les plateaux, il défend pied à pied la ligne de Jean-Luc Mélenchon. François Ruffin ayant fait sécession et Adrien Quatennens s’étant mis hors-jeu, le docteur en mathématiques a tout de l’héritier du tribun. Au vu des résultats de LFI aux élections européennes dans les 1er, 2e, 3e, 5e et 6e arrondissements de Marseille, sur lesquels sa circonscription s’étale, Manuel Bompard a toutes les chances de siéger cinq ans de plus au Palais Bourbon.
Olivier Faure, défié par l’alliance des droites
Olivier Faure.J.e.e/SIPA
En 2022, le premier secrétaire du Parti socialiste avait été confortablement réélu dans la 11e circonscription de Seine-et-Marne avec plus de 64 % des suffrages au second tour face à un candidat de la majorité présidentielle. Il avait profité de l’alliance des gauches au sein de la Nupes dont il avait été un des grands artisans. Le patron des socialistes espère que les électeurs salueront à nouveau son travail en faveur de la nouvelle union des gauches, le Nouveau Front populaire. Mais dans son bastion, où il est élu sans discontinuer depuis 2012, Olivier Faure va devoir faire face, à droite, à une autre alliance. Vincent Paul-Petit (LR) est soutenu par le RN et n’aura pas de candidat d’extrême-droite investi face à lui.
Aurélien Rousseau : l’éphémère ministre de Macron retrouve la gauche
Aurélien Rousseau.Chang Martin/SIPA
C’est l’une des surprises de cette élection. Aurélien Rousseau, l’ancien directeur de cabinet d’Elisabeth Borne et éphémère ministre de la Santé qui avait démissionné après le vote de la loi immigration, est candidat sous les couleurs du Nouveau Front populaire dans la 7e circonscription des Yvelines . « Je m’engage dans la dynamique de rassemblement de la gauche, seule capable de faire barrage à l’extrême droite », a expliqué celui qui avait commencé sa carrière politique auprès du maire PS de Paris, Bertrand Delanoë. Il affrontera notamment la députée sortante de la majorité présidentielle et elle-même ancienne ministre, Nadia Hai, qui s’était imposée au second tour (55,78 %) en 2022 face à une candidate LFI-Nupes. Cette circonscription s’organise notamment autour de la commune de Conflans-Saint-Honorine, ancien fief électoral de Michel Rocard.
Philippe Poutou : la figure du NPA parachuté à Carcassonne
Philippe Poutou.Chang Martin/SIPA
Autre candidat surprise du Nouveau Front populaire : Philippe Poutou, le triple candidat à la présidentielle du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), qui a été investi, sur le quota des circonscriptions réservées à LFI, dans la 1ere circonscription de l’Aude . Un parachutage pour l’ancien ouvrier, élu conseiller municipal à Bordeaux en 2020, déjà avec le soutien de La France insoumise. Un choix qui a déplu à gauche dont certains, dont la présidente PS de la région Occitanie, préfèrent soutenir le candidat divers gauche Aurélien Turchetto.
Philippe Poutou convoite un siège longtemps socialiste tombé dans l’escarcelle du camp Macron en 2017 puis de l’extrême droite. Le député RN sortant Christophe Barthès, à nouveau candidat, l’avait remporté en 2022 avec seulement 3.200 voix d’avance sur une candidate PS-Nupes. Autre personnalité en lice : l’ancien député-maire PS de Carcassonne, Jean-Claude Perez, qui signe son retour en politique sous les couleurs de la majorité présidentielle et compte retrouver l’Assemblée où il a siégé pendant vingt ans.
Fabien Roussel joue sa peau
Fabien Roussel.Francois Greuez/SIPA
Depuis 1962, la 20e circonscription du Nord est aux mains du Parti communiste français. La perdre serait pour lui une catastrophe. Fabien Roussel, élu depuis 2017, est le dernier gardien du temple en date. A nouveau candidat, le patron du PCF doit faire face à un RN fort de ses 47,6 % aux élections européennes dans la circonscription. En 2022, le candidat d’extrême droite Guillaume Florquin avait déjà réussi à réunir 45,5 % des suffrages… Le match devrait donc être particulièrement serré. Et une défaite hypothéquerait l’avenir politique du communiste.
Léon Deffontaines veut se faire un nom face au RN
Léon Deffontaines.Fred Scheiber/SIPA
La liste de Jordan Bardella a recueilli 46 % des suffrages dans la 3e circonscription de la Somme aux élections européennes. Pour celui que la gauche a investi sur place, c’est un cadeau empoisonné. Mais Léon Deffontaines, tête de liste du Parti communiste à ces mêmes européennes, savait à quoi s’attendre. Il dit d’ailleurs avoir refusé d’autres investitures plus abordables pour se présenter dans son département. Car il faut que des « cadres nationaux de partis de gauche » mettent « les mains dans le cambouis » dans ces circonscriptions où « se joue » la majorité entre le RN et la gauche, expliquait-il y a quelques jours aux « Echos ». Pour le protégé de Fabien Roussel, une victoire de prestige face à l’extrême droite – aussi improbable soit-elle -, voire une défaite avec les honneurs, le ferait sans aucun doute sortir de l’ombre de son mentor.
André Chassaigne, le communiste indéboulonnable
André Chassaigne.Alexis Jumeau/SIPA
Figure emblématique du Parti communiste en Auvergne et à l’Assemblée nationale, André Chassaigne est prêt à rempiler pour un sixième mandat dans la 5e circonscription du Puy-de-Dôme . Elu avec 63 % des suffrages au second tour en 2017 puis plus de 69 % en 2022, il bénéficie d’une assise confortable. Mais il devra se méfier de la progression, comme un peu partout en « France périphérique » du RN.
Mathilde Panot, l’insoumise qui monte
Mathilde Panot.Mourad Allili/SIPA
Présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale, engagée dans les négociations qui ont permis d’accoucher du Nouveau Front populaire et proche de Jean-Luc Mélenchon, Mathilde Panot fait partie des étoiles montantes de la gauche radicale. Dans la 10e circonscription du Val-de-Marne , où elle se présente, La France insoumise est arrivée en tête aux européennes. Et les scores mis bout à bout des composantes du Nouveau Front populaire, la bannière sous laquelle elle se présente, cumulent 46 % des voix. Sauf énorme surprise, l’insoumise a donc toutes les chances de retourner à l’Assemblée nationale.
Aymeric Caron doit convaincre la gauche « molle »
Aymeric Caron.Thomas Hubert/SIPA
La 18e circonscription de Paris , qui a fortement penché à gauche aux élections européennes, sera le théâtre du match retour entre l’antispéciste insoumis Aymeric Caron, victorieux en 2022, et Pierre-Yves Bournazel, député de 2017 à 2022, mais candidat malheureux il y a deux ans. Le second, qui se présente sous la bannière Horizons, espère faire pencher la balance de son côté en séduisant les électeurs de Raphaël Glucksmann du 9 juin dernier. Pour ce faire, il mise notamment sur le soutien du socialiste Christophe Caresche, un autre ancien député de la circonscription.
Clémentine Autain, Matignon dans le viseur
Clémentine Autin.Chang Martin/SIPA
L’insoumise « frondeuse » estime faire « partie des prétendants » au poste de Premier ministre en cas de victoire de la gauche. Avant cela, elle doit déjà se faire réélire dans la 11e circonscription de Seine-Saint-Denis , qu’elle représente depuis 2017. Proche des députés « purgés » par la direction de LFI, Clémentine Autain, pourtant très critique de la ligne Mélenchon, a, elle, belle et bien été réinvestie par son parti. Au vu des scores récents de la gauche dans le secteur, sa réélection devrait être une promenade de santé.
Sandrine Rousseau en position de force
Sandrine Rousseau.Alain Robert/SIPA
Sandrine Rousseau veut continuer sa route à la tête de la 9e circonscription de Paris . Et c’est bien parti pour. Un temps annoncée candidate, Marlène Schiappa ne défendra pas les couleurs de la majorité face à l’écoféministe. C’est donc un boulevard qui s’ouvre devant l’écologiste, sans candidat d’envergure en mesure de la faire trébucher a priori.
Valérie Rabault, face à un front anti-Front populaire
Valérie Rabault.Alain Robert/SIPA
Les deux alliances fraîchement formées, à gauche (Nouveau Front populaire) et à droite (RN rejoint par une partie des LR) vont en découdre pour la première fois le 30 juin. Et la 1ere circonscription du Tarn-et-Garonne sera au coeur de la mêlée. La députée PS sortante affronte Brigitte Barèges (LR, soutenue par le RN), elle-même députée entre 2002 et 2012 puis battue justement par Valérie Rabault. La socialiste peut compter sur le soutien de Raphaël Glucksmann – il lui a rendu visite le 24 juin -, arrivé deuxième des élections européennes (14,9 %), mais loin derrière le RN (35,09 %).
Boris Vallaud avance ses pions
Boris Vallaud.Chang Martin/SIPA
Président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Boris Vallaud compte conserver son siège de la 3e circonscription des Landes . En 2022, les trois circonscriptions du département avaient tourné au second tour en un duel Nupes-Renaissance. Deux ans plus tard, le Rassemblement national, en progression dans le département, pourrait s’inviter dans le match, avec potentiellement des triangulaires à la clé. Boris Vallaud semble néanmoins bien parti pour retourner cinq ans de plus au Palais Bourbon.
Dominique Voynet, de retour aux affaires
Dominique Voynet.Franck Hakmoun/SIPA
Députée du Jura, maire de Montreuil, sénatrice de Seine-Saint-Denis, ministre de l’Environnement… Dominique Voynet a un très long CV et compte bien y ajouter une nouvelle ligne. L’écologiste native de Montbéliard se présente cette fois-ci dans la 2e circonscription du Doubs sous la bannière du Nouveau Front populaire. Une circonscription où les cartes seront rebattues : le député sortant, Eric Alauzet (EELV puis Renaissance), qui siégeait au Palais-Bourbon depuis 2017, ne se représente pas. Mais il soutient Benoît Vuillemin, maire de Saône et désormais candidat dans la circonscription pour la majorité présidentielle.
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Aussi à gauche :
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Jérôme Guedj, menacé par sa suppléante
Jérôme Guedj.Nicolas Messyasz/SIPA
« Tristesse », s’est désolé Jérôme Guedj quand il a appris que sa suppléante, Hella Kribi-Romdhane (Générations), se présente contre lui dans la 6e circonscription de l’Essonne , sous la bannière du Nouveau Front populaire. Le socialiste, pourtant soutenu par son parti, n’a pas voulu de l’étiquette NFP « en raison des divergences profondes » qui l’opposent à La France insoumise, dont il dit avoir « intimement et violemment subi » la « brutalisation ». Le député sortant s’est frontalement opposé aux troupes de Jean-Luc Mélenchon (« Les idiots utiles du Hamas ») sur la position à avoir face à l’antisémitisme ou avec Israël. Dans la circonscription, La France insoumise (30,22 %) a devancé le RN (23,65 %) aux européennes. Le PS n’est arrivé qu’en quatrième position (10,59 %). De mauvais augure pour Jérôme Guedj.
Danièle Simonnet, députée déboutée
Danielle Simonnet.Isa Harsin/SIPA
« Jean-Luc Mélenchon purge ceux qui ont eu tort d’avoir eu raison trop tôt et de l’ouvrir contre lui », jugeait désabusée Danielle Simonnet, député du 20e arrondissement ( 5e circonscription de Paris ), qui paie ses critiques à la ligne du patron insoumis et n’est pas réinvestie par LFI. Elle a néanmoins décidé de maintenir sa candidature et doit désormais croiser le fer avec la candidate LFI-NFP Céline Verzeletti, jusque-là secrétaire confédérale de la CGT. Des bisbilles internes aux Insoumis qui divisent toujours plus la gauche : les comités locaux du PCF, du NPA, de Génération. s ont apporté leur soutien à la députée sortante. Alors que les Ecologistes ne reconnaissent pas les candidatures dissidentes, les militants du 20e arrondissement ont eux aussi décidé de se ranger derrière Danièle Simonnet.
Raquel Garrido, l’autre paria
Raquel Garrido.Chang Martin/SIPA
Elle était là aux débuts du Parti de gauche, elle a été l’avocate de Jean-Luc Mélenchon… mais rien n’y fait, elle aussi a été « purgée », payant, selon elle, son « crime de lèse-Mélenchon ». Candidate à sa réélection dans la 5e circonscription de Seine-Saint-Denis , elle devra passer outre Aly Diouara, président de l’association « La Seine-Saint-Denis au Coeur ! », investi par LFI face à elle. « Un candidat implanté sur ce territoire, qui est un militant associatif des quartiers populaires », a vanté le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard.
Alexis Corbière, au centre de « la primaire de la gauche »
Alexis Corbière.Isa Harsin/SIPA
Ancien lambertiste comme l’a été un temps Jean-Luc Mélenchon, Alexis Corbière connaît les remous internes aux courants trotskistes. Mais après toute la route partagée avec le leader des insoumis, il pensait peut-être sauver sa tête. Alexis Corbière aussi n’a pas été réinvesti par LFI dans la 7e circonscription de Seine-Saint-Denis , où il est député. Le parti lui a préféré l’urgentiste Sabrina Ali Benali. Au bout du compte, la circonscription ne devrait pas échapper à la gauche. Mais, comme les autres circonscriptions avec des listes dissidentes portées par des « purgés », celle de Montreuil et de Bagnolet sera particulièrement scrutée. « Ce qu’ici vous appelez une élection est en fait une primaire de la gauche », a lancé François Ruffin lors du rassemblement montreuillois du Nouveau Front populaire : les votes de ces circonscriptions seront aussi des référendums sur la personne et la ligne de Jean-Luc Mélenchon.
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Et aussi :
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Bertrand Pancher, protégé par la majorité dans la Meuse
Bertrand Pancher.Thomas Hubert/SIPA
Le président du petit groupe à l’Assemblée Liot qui avait fait tant fait parler de lui pendant la réforme des retraites – sa motion de censure « transpartisane » avait été rejetée à 9 voix près – repart à l’assaut de la 1ere circonscription de la Meuse . Bertrand Pancher l’avait emporté en 2022 face au RN grâce aux voix de la gauche, après s’être d’abord retrouvé en ballotage défavorable. Mais malgré sa motion de censure, la majorité sortante lui a épargné un candidat cette fois-ci. Un bon coup de pouce pour celui qui fut président du Conseil départemental de la Meuse avant d’être élu de cette circonscription sans discontinuer depuis 2007. Il risque malgré tout de se retrouver dans une triangulaire avec le RN et le NFP, dans une région où la liste de Jordan Bardella a récolté près de 45 % des voix aux européennes.
Jérôme Cahuzac, un retour surprise dans le Lot-et-Garonne
Jérôme Cahuzac.Alain Robert/SIPA
Il est l’une des candidatures surprises de ces élections. Six ans après sa condamnation pour fraude fiscale, Jérôme Cahuzac est de retour dans la 3e circonscription du Lot-et-Garonne , détenue depuis 2022 par le RN. L’ex-ministre socialiste du Budget est candidat indépendant sous l’étiquette centre gauche. Pas de candidat de la majorité face à lui, mais le camp Macron affirme soutenir le prétendant LR. En 2022, le parti de Marine Le Pen l’avait emporté à 57 % des voix face à la Nupes au second tour. Celui qui considère avoir « payé sa dette » mise sur son nom dans un territoire où il a été élu près de dix ans.
Isabelle Ficek, Grégoire Poussielgue, Ulysse Legavre-Jérôme, Valérie Mazuir et Hadrien Valat (iconographie : Elisabeth Beyeklian)
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