, Législatives 2024 Hauts-de-Seine : Marc Gérard, candidat Reconquête ! « invisible » mais véritable menteur

Législatives 2024 Hauts-de-Seine : Marc Gérard, candidat Reconquête ! « invisible » mais véritable menteur

En campagne électorale, passer inaperçu est rarement un bon présage. Dans cette course express aux législatives, les candidats et leurs équipes se ruent sur les marchés et multiplient les porte-à-porte. Marc Gérard, candidat Reconquête ! dans la 3e circonscription des Hauts-de-Seine*, a opté pour une autre méthode : l’extrême discrétion. Depuis l’annonce de son investiture par le parti d’Éric Zemmour, le 19 juin dernier, le jeune homme de 28 ans n’a communiqué que sur deux de ses actions.

D’abord une « discussion » avec des sympathisants. Ensuite, une présence le 21 juin devant la mairie de Courbevoie pour un rassemblement en hommage à la jeune fille de 12 ans ayant subi un viol à caractère antisémite.

Suppression de comptes et passage en privé

A part ça, ce partisan d’extrême droite a surtout pris quelques libertés avec le slogan de campagne de son mentor : « Le courage de la vérité ». Lorsqu’il s’agit d’évoquer son parcours, c’est le flou total. Contacté par 20 Minutes, Marc Gérard affirme ne pas mentionner « volontairement » son activité professionnelle, pour ne pas avoir de problème avec son employeur. Or, sur X, le candidat se présente pourtant comme historien et philosophe.

Le candidat se présente aussi comme un éditorialiste.
Le candidat se présente aussi comme un éditorialiste. - Twitter

Surprise, on ne retrouve pas de publication scientifique à son nom. En fouillant, il est certes possible de consulter des articles sur un blog géopolitique signés par… son homonyme Marc Gérard, professeur d’histoire-géographie.

Le profil Facebook du candidat a aussi mentionné un cursus universitaire de huit ans (2012-2020) à La Sorbonne, comme l’a souligné le journal de La Défense, sans qu’il ne soit retrouvé de traces de son passage. Depuis, le candidat a restreint l’accès son compte. Il a également supprimé son compte Instagram à la hâte.

« Je préfère rester invisible »

Des publications du jeune homme, notamment sur un groupe « Français de cœur », se retrouvent sur Internet. Il s’y épanche longuement sur les origines françaises, l’immigration et le métissage, à grand renfort de dates et de justifications.

Sollicité par 20 Minutes, Marc Gérard n’a dans un premier temps pas souhaité répondre sur le fond, évoquant des « problèmes personnels ». « Honnêtement, je préfère rester invisible ». Relancé, celui qui avait déjà été candidat suppléant en 2022 dans la même circonscription, s’est expliqué.

« Je suis historien mais je ne me suis pas défini comme tel dans mes interventions de candidat. Mais j’ai validé une licence et un master », affirme-t-il, en refusant de donner le nom de l’université par laquelle il est passé.

Un travail dans le secteur « de la sécurité privée »

Aujourd’hui, Marc Gérard travaille dans le secteur de la sécurité privée et avoue avoir peur pour son avenir professionnel. « Mes idées, je les assume, mais j’ai peur qu’on découvre que je suis candidat », commente le partisan Reconquête !, qui dit s’être proposé « pour servir (son) pays » et ne « compte pas refaire de la politique » après la campagne.

Il y a quelques jours, devant la mairie de Courbevoie, le candidat, qui réside dans le département mais pas dans la circonscription, s’est lâché au micro de LDC News, l’un des très rares médias à lui avoir donné la parole. Au moment d’évoquer les agresseurs mineurs de la jeune fille de 12 ans, Marc Gérard, costume trois-pièces, moustache naissante et appareil dentaire, s’est présenté avec un nouveau métier : enquêteur de police.

« Ces agresseurs ne sont pas des lecteurs de Drumont, des lecteurs de Maurras, ils ne viennent pas des carcans de l’extrême droite, mais ce sont des lecteurs du Coran, a-t-il asséné alors que ni l’identité, ni l’éventuelle pratique religieuse des suspects n’ont filtré. L’islamisation progressive a favorisé l’antisémitisme. »

*Les autres candidats de la 3e circonscription des Hauts-de-Seine : Philippe Juvin (LR, député sortant), Aline Fradin (Extrême gauche), Carole Roussel (Rassemblement national), Isabelle Dahan (PS-NFP).

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