, Le pont de Corbeil, un enjeu stratégique lors de la libération de l’Essonne

Le pont de Corbeil, un enjeu stratégique lors de la libération de l’Essonne

, Le pont de Corbeil, un enjeu stratégique lors de la libération de l’Essonne

24 août 1944, les trois quarts du département de l’Essonne sont déjà libérés de l’occupation allemande. Mais pour prendre pied sur la dernière partie située à l’Est, puis en Seine-et-Marne, les troupes américaines doivent franchir la Seine et rejoindre la rive droite du fleuve. Seul le pont de Corbeil permet, à l’époque, d’effectuer facilement ce passage.

Conscient de son importance, les troupes allemandes font sauter l’ouvrage, le 25 août 1944. La Wehrmacht couvre ainsi sa fuite de Corbeil et d’Essonnes (les deux villes sont encore séparées) pour se réfugier sur les hauteurs de la rive droite.

Les Américains contournent cependant rapidement l’obstacle avec la réalisation d’un pont de fortune, composé de bateaux, entre Evry et Soisy. Dès le 26 août, ils libèrent Tigery, Saintry-sur-Seine, Morsang-sur-Seine, puis le 27 août, Draveil, Brunoy et Montgeron. Cette percée éclair a été soutenue par d’importants bombardements les semaines précédentes. le 13 août, un train de munitions allemand, stationné en gare de Corbeil a notamment été pris pour cible. L’attaque a entraîné la mort d’une vingtaine de civils et blessé 180 autres. Plusieurs usines dont les établissements Decauville , du nom de l’inventeur du train portatif, et ancien maire d’Evry, ont été détruites.

Un pont baptisé « Patton »

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Le pont de Corbeil, pour sa part, ne sera pas immédiatement reconstruit. La ville reste ainsi scindée en deux, durant une dizaine d’années. Des bacs et des embarcations permettent d’assurer des liaisons, mais une partie des habitants de la rive droite se sentent néanmoins délaissés. Ils fondent une « commune libre » avec une mairie miniature. Cette initiative prend fin avec l’inauguration, en 1954, du nouveau pont.

Le 24 août 1984, l’ouvrage prend officiellement le nom de Patton, à l’occasion de l’anniversaire des quarante ans de la libération de l’île de France. Le maire à l’origine de cette décision est Roger Combrisson, ancien déporté dont le camp a été libéré, à la fin de la seconde guerre mondiale, par l’armée de Patton.

Edifié une première fois au Xe siècle, le pont de Corbeil a constitué jusqu’au XVIIe siècle, le dernier pont sur la Seine avant Paris. Il aura connu une longue histoire mouvementée jusqu’ici puisqu’il a été détruit une quinzaine de fois à l’occasion de guerres, sièges et incendies, notamment en 1814 et en 1870. Sa dernière reconstruction avant la seconde guerre mondiale datait seulement de 1923.

La libération du département de l’Essonne

En août 1944, l’Essonne, dont le territoire faisait alors partie du département de la Seine-et-Oise, est libérée en une petite semaine, entre le 21 et le 27 août. Les opérations sont menées conjointement par la 3e armée conduite par le général américain George Patton et par la 2e Division blindée, DB, du général Leclerc. Des FFI prennent part aux opérations. Des premières troupes de reconnaissance alliées parviennent à Pussay, Angerville ou Méreville dès le 16 août. Bruyères-le-Chatel tombe entre leurs mains le 21 août, Chamarande, Janville, Etampes ou encore Arpajon, le 22 août. Le 22 août c’est Mennecy qui est libéré et le lendemain Ris-Orangis. La majorité des communes sont prises sans résistance, à l’exception de quelques-unes, théâtre de combats entre forces armées. Le 25 et le 26 août, Juvisy est libérée, puis Montgeron et Brunoy font partie des dernières villes de l’Essonne libérées.

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