
Il vit ici depuis des décennies. Le samedi 4 avril 2026, une réunion publique a été organisée par la mairie de Houilles (Yvelines) autour du projet Carnot, au pied d’un gigantesque cèdre du Liban qui veille sur la commune depuis 150 ans. Protégé par le plan local d’urbanisme (PLU) approuvé sous Julien Chambon – maire sortant battu au second tour des municipales de 2026 -, cet arbre majestueux se retrouve aujourd’hui au cœur d’un débat lié à un projet immobilier d’envergure.
Romain Bertrand, nouvel édile, s’est expliqué ce jour-là avec le collectif Amis du cèdre Houilles, ainsi qu’avec la branche du Groupe national de surveillance des arbres (GNSA) de la commune, pour rechercher des solutions afin de préserver au mieux le cèdre du Liban des travaux.
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Un projet immobilier « pensé dans l’intérêt général » pour l’ancien maire
Le nouveau maire ovillois a du pain sur la planche. C’est une inquiétude générale qui règne chez les défenseurs du mythique cèdre, menacé par le projet visant l’îlot Carnot. Plusieurs bâtiments doivent être construits, dès le début d’automne 2026, notamment pour « valoriser des terrains appartenant à la commune », selon l’ancien maire Julien Chambon.
Interrogé sur le sujet, ce dernier justifie ses choix. « Mon prédécesseur avait notamment acquis une ancienne maison bourgeoise sur ces terrains. On y trouvait aussi une crèche vieillissante. Nous nous sommes donc posé plusieurs questions : comment préserver cette maison, comment monter un projet cohérent et comment financer la construction d’une crèche neuve ? », explique-t-il.
« Ce projet est basé sur la valorisation du foncier. Il permet à la fois de générer des recettes pour la commune, de préserver la maison bourgeoise, qui doit accueillir un restaurant, de conserver le cèdre remarquable présent sur le site et de reconstruire au rez-de-chaussée deux commerces ainsi qu’une crèche neuve. C’est donc un projet immobilier pensé dans l’intérêt général. »
« Toutes les procédures ont été respectées »
Julien Chambon est plutôt clair sur la situation. Désormais élu de l’opposition, il estime que « le projet s’intègre parfaitement autour de l’arbre ». « Les zones de construction correspondent d’ailleurs à des emprises où des immeubles existent déjà, en dehors de la zone sensible du cèdre, souligne-t-il. Des clauses précises ont été prévues pour assurer sa protection, notamment des distances de sécurité avec les constructions. »
« Toutes les procédures ont été respectées. Elles ont permis aux habitants de s’exprimer et à la Ville d’obtenir des garanties sur la préservation du site, le respect du PLU, des espaces de pleine terre et des jardins. On peut toujours réécrire l’histoire, mais il faut faire attention à ce qu’il n’y ait pas de manipulation politique aussi là-dedans. »
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« Je me sens déracinée »
Certains ne sont pas du même avis que le maire sortant et craignent pour la survie du cèdre du Liban. Angelika, qui est à la tête du collectif des Amis du cèdre de Houilles et de la branche locale du GNSA, a des inquiétudes pour l’environnement de sa commune, qu’elle habite depuis vingt-cinq ans.
« Je me sens déracinée, lance-t-elle. Je ne supporte pas de voir disparaître tous ces arbres. Le cèdre est théoriquement protégé par le PLU, qui impose une protection de cinq mètres autour du tronc, mais cette distance reste largement insuffisante selon les experts que j’ai sollicités. »
« Il faut savoir qu’il y a une nappe phréatique qui passe sous l’arbre, avec laquelle le cèdre a façonné son environnement depuis 150 ans. Nous avons pensé à une solution moins invasive, susceptible d’augmenter considérablement l’espérance de vie du cèdre, notamment via un permis de construire modificatif. »
Des demandes de modifications du projet
Angelika et Tangui Le Dantec, expert bénévole du collectif Amis du cèdre, ont proposé plusieurs mesures à Romain Bertrand et son équipe, lors de la réunion publique du 4 avril 2026, comme celle de « préserver la pleine terre autour du cèdre, en protégeant son sol du piétinement grâce à une promenade sur pilotis permettant l’accès à l’entrée du bâtiment, tout en maintenant le cycle de vie naturel de l’arbre », déclare Angelika.
« Revoir le plan d’installation du chantier en décalant le bâtiment de 2 mètres, quitte à compenser cet espace ailleurs, est également conseillé. Cela permet d’assurer une surface autour de l’arbre supérieure à son houppier. Mais également adapter l’aménagement de la terrasse de la future crèche en tenant compte des contraintes liées au cèdre. »
« Nous demandons à préserver le jardin, le mur et le portail de la maison d’une grande valeur patrimoniale, afin de minimiser l’impact sur le système racinaire. Le démarrage des travaux devra intervenir en dehors de la période de végétation, au plus tôt au 4ᵉ trimestre. »
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« Un dossier hérité complexe »
Face à cette situation, la municipalité prétend, elle aussi, chercher à identifier des solutions, afin de trouver un compromis entre la protection de l’arbre et la poursuite du projet.
Mais Romain Bertrand reconnaît là un dossier délicat. « C’est un dossier hérité complexe, dans le sens où le projet est déjà bien avancé, ça va être compliqué de revenir en arrière. Des experts sont également venus pour voir ce qu’il était encore possible de faire et pour identifier d’éventuelles pistes à proposer à Hibana, le promoteur immobilier. »
« Aujourd’hui, nous n’avons plus la possibilité d’arrêter ce projet, puisque toutes les voies de recours ont été épuisées. La décision dépend désormais du bon vouloir d’Hibana, mais compte tenu de la situation, les marges de manœuvre restent malgré tout assez limitées. »
Une réunion entre le promoteur et Romain Bertrand est prévue dans les prochains jours, pour décider des ajustements à apporter au projet et des mesures de protection du célèbre cèdre du Liban.
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