
La mairie de Poissy (Yvelines) en aura vécu des rebondissements depuis 2020. Sandrine Berno Dos Santos, alors première adjointe, a été élue maire en 2022, à la suite du départ de Karl Olive, qui devenait député de la 12e circonscription des Yvelines.
Après 3 ans de mandat, et à quelques mois des prochaines élections municipales de mars 2026, quels sont les fiertés et les regrets de la première magistrate ? Comment se sent-elle en regardant dans le rétroviseur ?
78 actu : Votre mandat n’a pas commencé tout à fait comme les autres. Il a commencé en 2022. Vous avez pris la suite de l’ancien maire Karl Olive. Comment avez-vous vécu vos débuts ?
Sandrine Berno Dos Santos : J’ai tout d’abord ressenti une immense fierté. Parce que le mandat de maire est le plus beau à mes yeux, parce qu’il correspond le mieux à mes aspirations d’action de proximité et parce que j’étais la première femme à présider le conseil municipal de la cité, un signal important. En tant qu’ancienne première adjointe à l’urbanisme puis aux finances et à l’administration générale, j’étais de longue date associée aux décisions importantes. Mais j’ai tout de suite souhaité apporter mon style et ma sensibilité en travaillant plus particulièrement les axes de l’éducation et de la petite enfance, de l’environnement et de la propreté, la sécurité et la stabilité financière. J’ai aussi pu réaffirmer depuis 2022 mon appétence pour le contact direct avec les Pisciacais, mais avec une approche plus discrète que certains dirons-nous…
« J’étais la première femme à présider le conseil municipal de la cité, un signal important. »
Une passation évidente
Comment s’est passée la passation avec Karl Olive ?
Elle s’est formidablement bien passée. Notre majorité était sur la même longueur d’onde, pleinement déterminée à poursuivre le travail engagé avec succès depuis 2014 aux côtés de Karl Olive qui, rappelons-le, avait pris la décision, après huit années de mandat municipal, de briguer la députation de la circonscription. Au lendemain de son élection à l’Assemblée nationale, il m’a remis les clés estimant à juste titre que c’était désormais à nous de reprendre le flambeau, d’achever le mandat que nous avons lancé et porté tout autant que lui. Il nous garantissait que son destin politique était désormais ailleurs et qu’il n’y aurait pas de retour en arrière. Nous avons bien évidemment continué à travailler et à échanger ensemble mais les rôles de chacun étaient clairement établis.
Mais vos relations ont fini par se tendre…
Malheureusement, tout cela n’a pas fait le poids face aux ambitions contrariées. Alors que le député n’atteignait visiblement pas les objectifs qu’il s’était fixés, que l’instabilité politique nationale s’exacerbait, un poison insidieux a commencé à se répandre à Poissy à base de rumeurs, de on-dit et de non-dit, de porte laissée finalement entrouverte à un potentiel retour, minant petit à petit la confiance des uns envers les autres.
C’est pour cela que vous avez annoncé votre candidature aux prochaines élections assez tôt ?
Oui, dès mars 2025, pour clarifier les choses et ressouder la majorité. Hélas, le ver était depuis trop longtemps dans le fruit et la rupture de confiance avec une partie des élus de notre majorité trop consommée pour continuer ainsi. D’où la décision en responsabilité, début juillet, de retirer plusieurs délégations à certains adjoints qui étaient allés jusqu’à voter en conseil contre une décision prise préalablement en commun par notre groupe.
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Deux clans
Aujourd’hui, vous semblez avoir acté une scission avec Karl Olive, quelles sont vos relations à l’heure actuelle ?
Ce que je peux dire, c’est qu’il paraît désormais loin le temps où Karl Olive disait à mon sujet, lors de la passation de 2022 : « Sandrine c’est la confiance, c’est la compétence, c’est l’investissement, c’est le maire qu’il faut à Poissy. » Nos relations se sont bien évidemment considérablement distendues et sont désormais celles de deux élus républicains qui se côtoient et qui se doivent d’agir pour leur territoire. Et je souhaite que la dignité républicaine prévale dans les mois qui se profilent.
« J’ai pleinement embrassé la fonction et je compte bien poursuivre le formidable travail engagé. »
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Avec le recul, qu’est-ce que vous diriez de vos trois ans de mandat ?
Comme je l’ai souvent dit, je suis particulièrement heureuse d’être maire de Poissy. De pouvoir agir concrètement pour les Pisciacais, de construire la ville de demain, de contribuer au bien-vivre ensemble. De pouvoir changer les choses malgré les contraintes de plus en plus importantes, malgré les vents mauvais et les chausse-trapes tendues parfois ; même par ceux que l’on croyait proches. J’ai pleinement embrassé la fonction et je compte bien poursuivre le formidable travail engagé, au cours des prochains mois, puis des six prochaines années, avec la majorité, restée fidèle à nos engagements initiaux. Cet engagement donne du sens à ma vie.
Quelles sont selon vous vos plus grandes réussites ?
Le plus évident serait de parler des grands projets vitrine et structurants tels que la révolution des mobilités (arrivée du Tram 13 et du RER Eole, rénovation du pôle gare…), la transformation urbaine (développement de l’EcoQuartier Rouget-de-Lisle, livraison du quartier Maurice-Clerc…), ou le développement culturel et patrimonial (nouveau conservatoire, restauration de la Collégiale…). Mais j’aimerais aussi évoquer d’autres très belles réussites que j’ai initiées et qui ont un impact très direct et concret dans le quotidien des Pisciacais. D’abord, le programme de végétalisation des cours d’école qui permet de repenser complètement les lieux d’accueil et d’apprentissage des enfants en les adaptant à l’évolution climatique. Mais aussi, la mise en place des brigades vertes et le lancement d’un outil « signalement propreté » accessible à tous les Pisciacais, pour préserver la qualité de notre environnement. Ou encore, le développement de la démocratie de proximité, notamment à travers le budget participatif qui a déjà mené à la réalisation de plusieurs projets améliorant notre cadre de vie. Enfin, la consolidation des moyens de la police municipale, le redéploiement d’une brigade canine et la création d’une brigade de police de proximité.
Y a-t-il des choses que vous auriez faites autrement ?
C’est toujours délicat d’essayer de réécrire l’histoire, d’autant que de nombreux facteurs et contraintes nouvelles peuvent gripper même la plus belle des machineries. Ainsi, j’ai bien conscience que la densité et l’importance des différents chantiers ouverts en même temps dans Poissy rendent la situation, en particulier la circulation, parfois très complexe pour les habitants. Je suis ainsi très vigilante avec les services pour que la coordination s’effectue au mieux entre tous ces travaux aux plannings fluctuants. Avec tout de même pour horizon une transformation de notre ville qui en fera une des capitales de l’Île-de-France, comme l’a rappelé récemment Valérie Pécresse.
Un comité de pilotage pour le stade du PSG lancé
Sur quoi allez-vous vous concentrer dans les mois à venir ?
Au cours des prochains mois, nous ne serons pas en campagne permanente mais bien au travail. Les grands programmes vont se poursuivre comme prévu et nous serons aussi tout particulièrement attentifs au potentiel projet de stade du Paris Saint-Germain pour lequel j’ai demandé expressément qu’un comité de pilotage soit mis en place avec les acteurs du territoire. Celui-ci sera lancé en cette rentrée pour s’assurer d’un suivi rigoureux et concerté du dossier, qui n’est encore qu’une hypothèse de travail. Comme je l’ai déjà indiqué par ailleurs, les questions de l’éducation, de la sécurité, de la propreté et de l’environnement, mais aussi de l’attractivité commerçante, seront au cœur de nos préoccupations et engagements. Car notre ambition, aujourd’hui et demain, que ce soit à travers les grands et petits projets, reste bien d’améliorer toujours plus le cadre et la qualité de vie dans la cité Saint-Louis, pour toutes les générations.
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