
La ville de Paris et la mairie du 13e arrondissement déposent un recours en référé pour suspendre l’autorisation du vertiport d’Austerlitz, qui doit accueillir des « taxis volants » pendant les JO 2024.
À huit jours de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques à Paris, l’avenir du vertiport d’Austerlitz est encore incertain. La ville de Paris et le maire du 13e arrondissement ont déposé un recours en référé suspension devant le Conseil d’État quelques jours après le feu vert du gouvernement pour ce projet critiqué par de nombreux élus parisiens.
Des « nuisances sonores importantes »
Dans cette requête de 40 pages, les avocats de la ville de Paris et de la mairie du 13e arrondissement pointent du doigt plusieurs problèmes dans le Vertiport d’Austerlitz. « Le projet porte (…) atteinte au caractère patrimonial de la Seine et de ses berges, dont la Ville de Paris a la charge », argumentent-ils.
« En l’espèce, l’hélistation autorisée par l’arrêté ministériel en cause, à quelques jours du début des Jeux olympiques et paralympiques organisés sur le territoire parisien, affecte directement les intérêts dont la ville de Paris a la charge, la qualité de son environnement et de son paysage urbain », souligne la requête.
Ils pointent aussi du doigt les « nuisances sonores importantes » qui seront entraînées par le fonctionnement de ce Vertiport. « Le projet, en prévoyant de faire circuler des aéronefs dans un espace urbain très dense, jusque-là interdit de survol, modifie significativement la signature sonore des zones survolées, source d’une pollution sonore supplémentaire pour les populations situées sur les trajectoires aériennes », affirment la ville et la mairie du 13e arrondissement.
Ces différents éléments reprennent certains des arguments évoqués par les élus opposés à ce projet. « C’est 75 dB à l’atterrissage et au décollage. Ce n’est pas vraiment un projet écologique, c’est même une aberration écologique », dénonce Dan Lert, adjoint à la maire de Paris en charge de la Transition écologique.
« À bord de ces hélicoptères-taxis électriques, il n’y a qu’un seul passager avec le pilote. C’est 30 fois plus énergivore qu’un déplacement en métro et 45 fois plus émetteur de gaz à effet de serre », complète Dan Lert auprès de BFM Paris Île-de-France.
Le projet de « taxis volants » est notamment défendu par la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse qui a consacré un million d’euros à cette « expérimentation mondiale ». « Ouvrez les yeux, ouvrez vos oreilles, hélicoptère/Volocopter, diesel/électrique, pollution/ pas pollution, bruit/pas bruit. Il y a pas besoin d’avoir des rapports pour le dire, c’est du bon sens! », avait-elle lancé lors d’un conseil régional à la fin mai.
Le groupe ADP, qui exploite les aéroports parisiens, doit opérer ce service de « taxis volants » et se disait en début d’année « convaincu de l’utilité » de ce projet pour les JO 2024.
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