
Un vitrail sur lequel figurait Adolf Hitler a, comme un pied de nez à l’Histoire, fait les beaux jours pendant des années de l’église Saint-Jacques de Montgeron dans l’Essonne. Jusqu’à ce qu’un important programme de rénovation, mené l’année dernière sous la direction de l’architecte corbeillois Claude Vermeulin, permette d’affirmer qu’il n’en est rien.
Sur ce vitrail, inauguré en juillet 1941, on pouvait en effet y deviner le dictateur avec sa mèche de cheveux caractéristique, représenté en roi Hérode, épée à la main massacrant Saint-Jacques, Jacob en hébreu et figure du judaïsme. Manquait cependant la moustache du Führer, typique, mais habilement dissimulée, pensait-on, sous une barlotière, barre de plomb qui maintient un carreau du vitrail. Quoi qu’il en soit, une représentation qui siégea dans la nef à côté d’un triptyque haut en couleur et interprétée jusqu’ici par un brave, discret, et symbolique « acte de Résistance » des artisans qu’ils l’ont conçu, l’atelier Mauméjean Frères.
« Il y a une moustache, mais très effilée »
Pendant des années, des paroles rapportées de certains habitants, de guides avisés et même d’élus, ont aussi apporté de l’eau à leur église, se félicitant de cette habile démonstration de Résistance à l’oppresseur allemand. « L’hypothèse d’une représentation d’Adolf Hitler s’appuyait, explique à 20 Minutes l’historien Renaud Arpin de la Société d’histoire locale de Montgeron, d’une part sur une ressemblance entre le visage du dictateur allemand et celui du bourreau s’apprêtant à décapiter l’apôtre, une ressemblance jugée plus ou moins frappante selon les observateurs. Et d’autre part sur le contexte historique dans lequel a été réalisé le vitrail : celui-ci fait partie, en effet, d’un ensemble de vitraux, de mosaïques et de peintures murales inauguré en juillet 1941, mais peut-être commandé et exécuté dès 1939. » Une ressemblance volontaire avec Hitler qui n’a cependant pas été partagée de tous, notamment de « certains spécialistes, comme Benoît Manauté, auteur d’une thèse qui fait aujourd’hui référence sur la manufacture Mauméjean », tempère Renaud Arpin.
Une interprétation douchée à présent par l’importante restauration qui « a donné l’occasion d’observer de très près cette verrière et de constater qu’à l’endroit où l’on pouvait penser qu’une moustache hitlérienne était masquée par une barlotière, il y a certes une moustache, mais très effilée, plutôt « à la Dalí » [dite moustache en croc]. Il faut donc abandonner l’idée d’une ressemblance volontaire entre ce bourreau et le dictateur nazi : il n’y a pas de « vitrail de Hitler » à Montgeron », assure l’historien.
« Des vitraux plus éclatants que jamais »
Pas de déception pour la maire de Montgeron Sylvie Carillon après cette révélation. « C’était une rumeur et on est toujours resté très prudent avec ça, on n’en a jamais fait la publicité d’ailleurs, précise l’édile à 20 Minutes, même si, vu l’époque où il a été fait, on pouvait se poser la question. Mais non, ce n’est pas Hitler ! C’est l’avis d’un historien et de l’architecte. […] C’est juste une coïncidence avec une vague ressemblance et c’est tout. »
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Reste que le « décor vitré réalisé en 1939-1941 par l’atelier Mauméjean Frères n’en est pas moins remarquable et constitue l’une des grandes réussites de cette entreprise, qui était alors l’une des plus productives dans le domaine de l’art sacré, souligne l’historien Renaud Arpin. Consolidés et nettoyés, les vitraux de l’église Saint-Jacques sont aujourd’hui plus éclatants que jamais et permettent d’apprécier le talent de coloriste de Charles Mauméjean, directeur de la succursale parisienne et probable concepteur du décor montgeronnais. »
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