Néron, Nogent-le-Roi, Saint-Symphorien… Plusieurs communes des Portes euréliennes d’Île-de-France ont célébré les 80 ans de la Libération ce week-end.
C’était une idée et une volonté de l’intercommunalité de commémorer la victoire sous l’angle de la libération d’un village. Pressentie pour être ville étape, Béville-le-Comte a tout de suite accepté d’accueillir le convoi en clôture de parcours, parti de Néron le matin même.
Bien appuyée par plusieurs associations locales, la municipalité de Béville a su insuffler une atmosphère de liesse populaire, transformant la cour de l’école en kermesse historique avec jeux en bois, buvette, concours de vélos fleuris et costumes d’époque.
« Une leçon sur les facettes de la victoire »
Tandis que plus sérieusement, dans l’originale petite mairie de 1889, on pouvait consulter une exposition retraçant les moments forts de la libération du village et de la Résistance en Eure-et-Loir. Compilés par Hélène Marmatakis-Pissard, ancienne conseillère municipale, textes, témoignages et photos d’archives ravivaient la mémoire des événements.
Vers 17 heures, la nouvelle se propageait de l’arrivée des troupes alliées et tout le monde, petits drapeaux tricolores en main, a convergé vers la Grande Rue pour saluer le convoi : sept Jeeps et trois camions Dodge et GMC qui ont remonté triomphalement la Grande Rue dans un concert de klaxon et une pluie de chewim gum ! Après avoir garé leurs véhicules sur la place, les « reconstitueurs » du Red Diamond Memory se sont mêlés à la foule pour discuter avec un public enthousiaste. Et c’est Monique, 78 ans, qui « a mieux compris ce que ses parents ont dû vivre à l’époque, et leur soulagement ». Thibault, 45 ans, s’est souvenu de sa grand-mère « qu’il n’écoutait que d’une oreille quand elle parlait de la guerre ». Jean-Louis, 82 ans, raconte son expérience de conscrit à Châteaudun dans les années 60, un passé qui se remet à vivre par la magie de la reconstitution.
Pari gagné pour les Portes euréliennes qui ont voulu faire de ce jour « non un simple rituel mais une leçon d’histoire sur toutes les facettes de la victoire ». Après un vibrant hommage rendu à Robert Pont, maire en fonction à l’époque, et dont les petits-enfants restés fidèles au village étaient présents, le maire, Éric Segard, et Stéphane Lemoine ont déposé une gerbe au pied du monument aux morts, au son de la cornemuse écossaise.
À l’issue de cette journée éprouvante, le Red Diamond Memory a pris le chemin de l’aérodrome de Bailleau-Armenonville pour y installer, dimanche, un camp de reconstitution US WW2 (World War II) ouvert de 10 à 19 heures.
Après le convoi, l’installation d’un village
Le public a pu découvrir tout au long de la journée la vie d’un camp de l’US Army en 1945, avec son intendance et sa logistique, remarquablement restituées par les collectionneurs de l’association Red Diamond Memory.
En exposition le long du terrain, les véhicules du convoi de la mémoire : des Jeep Willys, Ford et Hotchkiss, des camions Dodge, GMC, Close Cab et Torpedo, et la présence exceptionnelle d’un char Sherman de la collection de Christian Dours. Mais très attendu par un public de passionnés présent bien avant 10 heures, c’est le Mustang P-51 qui a tenu tout le monde en haleine jusqu’à son atterrissage aux alentours de midi, retardé par une météo défavorable en Normandie d’où il partait. Après un impressionnant passage en rase-mottes, il s’est enfin posé sous les vivas, tout de suite entouré par une nuée de photographes.
Deux jours riches en émotions, qui ont montré que la mémoire ne demande qu’à être entretenue et que le public reste réceptif à l’évocation de ceux qui sont tombés pour notre liberté il y a 80 ans. Le nombre de visiteurs à l’aérodrome de Bailleau, dimanche, a été estimé à plus de mille, dont beaucoup de familles et d’amis qui ont déjeuné sur place.
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