La commune de Rochefort-en-Yvelines, actuellement connue pour le château de Porgès, conserve également les ruines d’un édifice bien plus ancien.
Quand on parle du château de Rochefort-en-Yvelines, ce n’est pas franchement à celui-ci que l’on pense en premier. Ce « petit joyau » longtemps passé inaperçu, semble, de jour en jour, retrouver un peu de sa superbe et de son histoire.
De ce château féodal, il ne reste que les ruines. Depuis cinq ans, la Société historique de Rochefort-en-Yvelines (SHR) s’évertue à le désencombrer de sa survégétation pour tenter d’en apercevoir les vestiges.
« Pendant des dizaines d’années, le site est resté à l’abandon », remarque Christian Bou, historien et archéologue, président de la SHR et également conseiller municipal en charge du site, en tentant de se frayer un chemin entre les vieilles pierres recouvertes de lierres. Passé entre les mains de propriétaires privés, le site a finalement été acquis par la municipalité il y a quelques années.
Retour en arrière
Pour comprendre les lieux, petit cours d’histoire oblige. « Les premières traces écrites que l’on possède datent de l’an 1042. La construction en arête de poissons est fidèle à l’époque entre le VIIIe et le XIIe siècle », analyse-t-il.
« Ce château fort a été construit au retour de croisade de Gui de Monthléry, dit le Rouge. Il était le sénéchal du roi Philippe Ier et comte de Rochefort. Triomphant au-dessus du village, le château dominait la vallée de la Rémarde, glisse-t-il sur une vague de mots. C’était un vrai lieu de vie et de protection, idéalement situé pour contrôler la route de Chartres. Il a été bien endommagé après la guerre de Cent ans. La forteresse a dû être abandonnée à l’issue. »
« Avant que l’on y entreprenne ces travaux, même les habitants ne se doutaient pas qu’il y avait un château ici. Tout ce que l’on savait communément, c’est qu’il y avait des cailloux. »
Christian Bou
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Depuis les études menées dans les années quatre-vingt, « on a doublé la surface du château. Aujourd’hui on est sur un domaine de presque 4.000 m². »
Parmi ces vestiges, on devine encore « une partie de l’enceinte, de la porte principale, une poterne à assommoir ». Si des archives existent, elles ne sont que très maigres.
Défrichement et découvertes
« Des fouilles archéologiques permettront d’en savoir plus. » Pour les mener, le site doit être débarrassé de ces ronciers « de plusieurs mètres de haut. » C’est donc là qu’est intervenue, durant l’été, « une campagne de défrichement entreprise avec l’association Études et Chantiers, en partenariat avec le Parc naturel régional (PNR) de la haute vallée de Chevreuse. »
Des bénévoles des quatre coins du monde sont venus ici pour rafraîchir les lieux, et y faire de nouvelles découvertes. De nouveaux chemins et de nouvelles pierres ont été découverts.
« La végétation reprend très vite ses droits, il faut entretenir régulièrement. On souhaite tout de même conserver le côté sauvage et ne pas aller au delà du défrichement. Au printemps, le lilas est en fleurs et donne un aspect très bucolique au lieu. »
Christian Bou
Ces travaux vont continuer l’été prochain, toujours sur ce même modèle de chantier participatif.
En parallèle de ce défrichement, l’association, subventionnée par la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) et par le PNR, a réalisé un relevé géographique du sol. Cette étude structurelle du site établie grâce à une télédétection par laser est appelée Lidar et est effectuée par drone. Une première approche « non invasive », qui donne un état des lieux plus précis vu du ciel.
Ces résultats obtenus sont décryptés et observés de façon précise en ouvrant la voie à une nouvelle série d’investigations. Et puis, à partir de ce relevé, nous allons pouvoir consolider notre projet scientifique », soutient l’historien, « avant de lancer des fouilles. J’espère que pour 2026, on pourra commencer. C’est vraiment un très chouette terrain de jeu. Il se pourrait que le château de Gui le Rouge, soit le premier en pierres de la région Île-de-France. »
Jade Sauvée
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