Depuis le lundi 4 novembre, huit personnes sont jugées devant la cour d’assises spéciale de Paris au procès de l’assassinat de Samuel Paty.
Elles sont poursuivies pour complicité d’assassinat terroriste et association de malfaiteurs terroristes.
Ce vendredi, les proches du professeur d’histoire-géographie se sont succédé à la barre.
Une salle comble et au premier rang, sur les bancs des parties civiles, Gabriel Paty, petit garçon de 9 ans et demi, aux cheveux bruns, petites lunettes sur le nez, pupille de la nation , venu spécialement ce vendredi 8 novembre pour écouter la déposition de sa maman.
Celle-ci prénommée Jeanne, ex-compagne de Samuel Paty, a, comme tous les autres proches du professeur, livré devant la cour d’assises de Paris et devant les huit accusés qui y sont jugés pour complicité d’assassinat terroriste ou association de malfaiteurs terroriste un récit particulièrement émouvant pour parler du professeur assassiné il y a quatre ans à la sortie de son collège.
« Ce qui lui est arrivé est tellement barbare et injuste »
C’est Bernadette Paty, 77 ans, mère du professeur, qui a été la première à évoquer ses souvenirs. À la barre, cette femme menue, fines lunettes, cheveux bruns courts, pull blanc torsadé et écharpe rose, décrit son fils, un passionné de livres, de voitures, de papillons et d’histoire. « C’était un élève sérieux, intelligent. Mon époux l’a eu en classe en CM2 et CM1 et il l’appelait maître », dit celle qui fut enseignante comme son mari. « Samuel n’était pas croyant, mon mari et moi ne sommes pas croyants, mais il était très respectueux de toutes les religions », poursuit-elle.
La mort de son enfant, elle l’a appris comme presque tout le reste de la famille à la télévision, en lisant un bandeau au journal télévisé. D’abord ces mots : « Un professeur assassiné dans les Yvelines », puis le nom de « Samuel P. » qui viendra s’y ajouter un peu plus tard avant que l’annonce officielle ne soit faite.
« Perdre un enfant dans de telles conditions est insupportable et inacceptable. Perdre notre fils car il a montré des dessins nous révulse », lâche cette mère de famille endeuillée. « Notre vie depuis ce jour-là est devenue un grand vide. Nous n’avons plus envie de faire quoi que ce soit. Avant, on allait au cinéma et au théâtre maintenant, on se force à faire des promenades », explique-t-elle. « Notre famille toute entière est détruite », lâche Bernadette Paty peu après.
« L’absence de Samuel est lourde à porter. Ce qui lui est arrivé est tellement barbare et injuste qu’on ne pourra jamais faire notre deuil », ajoute cette femme digne qui attend « de ce procès que chaque prévenu soit reconnu coupable » et que les peines « soient à la hauteur » du crime.
« Nous sommes des victimes indirectes mais la blessure est là »
Un peu plus tard, c’est au tour de Jeanne, ex-compagne de Samuel Paty et enseignante, de raconter comment elle a appris et vécu ce drame. Le jour des faits, elle a été entourée par des policiers en descendant du bus. « Les forces de police venaient de tuer le terroriste, mais moi, je ne le savais pas encore. Je partais chercher Gabriel à l’école. Il me dit qu’il a entendu des pétards, mais des pétards dangereux », explique cette femme brune aux cheveux longs. Les deux rentrent chez eux, « à 50 mètres » du domicile de Samuel Paty.
Procès de l’assassinat de Samuel #Paty Gaëlle Paty, autre sœur du professeur. « Je veux vraiment connaître les détails des faits, des intentions, pour pouvoir avoir une vérité sur ce qu’il s’est passé. » pic.twitter.com/y4eXnkGQg1 — Aurélie Sarrot (@aureliesarrot) November 8, 2024
Jeanne envoie des messages toute la soirée à son ex-compagnon, mais ceux-ci resteront sans réponse. L’inquiétude grandit au fil des heures jusqu’à ce qu’elle découvre ces quelques mots sur les journaux en ligne : « Un professeur d’histoire-géographie tué devant le collège du Bois d’Aulne ». Jeanne est dans un état de sidération. « Ma nuit se passe à anticiper le moment où je vais devoir annoncer à mon fils la mort de son père », explique-t-elle.
« Nous sommes des victimes indirectes, mais la blessure est là. C’est une blessure qui a modifié pour toujours notre vision de la vie. Comme me l’a dit Gabriel, ‘c’est pas juste’. L’injustice qui est arrivée à Samuel nous oblige à avancer sur un fil », poursuit-elle avant de réclamer « vérité et justice » .
« Samuel a été assassiné par un islamiste radicalisé en mal de djihad »
Dans un texte intitulé « Tenir Debout », Mickaëlle Paty, sœur cadette de Samuel Paty, a décrit ces « nuits remplies de larmes » et cette façon qu’elle a eue ensuite de tenir bon à sa façon. Pour elle, son frère « n’a pas été assassiné pour avoir proposé de voir ou de ne pas voir des caricatures ». « Ça, c’est la version de son assassin et de ses complices », soutient-elle. « Samuel a été assassiné par un islamiste radicalisé en mal de djihad, Abdoullakh Anzorov , sur la base d’une diffamation réitérée et maintenue par une adolescente sans aucune morale et d’une campagne d’infamie menée par des islamistes réclamant ni plus ni moins sa tête. C’est l’islamiste qui est en cause et non des caricatures, non la liberté d’expression et encore moins la laïcité », assène-t-elle, lançant aux accusés qu’ils ont « jeté » son « frère en pâture ».
Procès de l’assassinat de Samuel #Paty : Mickaëlle Paty revient sur la présence de son neveu Gabriel, 9 ans, dans la salle. « C’était important qu’il soit là. C’est lui qui l’a souhaité. Ca fait partie sans doute des étapes de reconstruction qui sont indispensables » pic.twitter.com/4scc5viqTH — Aurélie Sarrot (@aureliesarrot) November 8, 2024
« Sans vous, Samuel serait vivant aujourd’hui »
Gaëlle, autre sœur de Samuel Paty, s’adresse, elle aussi, aux huit personnes jugées. « J’aimerais dire aux accusés, à tous les accusés, que sans vous, Samuel serait vivant aujourd’hui et que son fils grandirait avec un père à ses côtés. Je voudrais dire que chacun, à leur niveau, aurait pu arrêter cet engrenage funeste et sauver la vie d’un homme, d’un père, d’un fils, d’un professeur et qu’ils ne l’ont pas fait », a déclaré celle qui est devenue enseignante.
Procès de l’assassinat de Samuel #Paty Gaëlle Paty, autre sœur du professeur. « Je veux vraiment connaître les détails des faits, des intentions, pour pouvoir avoir une vérité sur ce qu’il s’est passé. » pic.twitter.com/y4eXnkGQg1 — Aurélie Sarrot (@aureliesarrot) November 8, 2024
Procès de l’assassinat de Samuel #Paty Gaëlle Paty, sœur du professeur : « Ma vie n’est plus la même. Je ne suis plus la même. J’ai dû faire le deuil de la personne que j’étais avant et c’est pas si simple de se dire qu’à un moment, on ne redeviendra jamais comme avant ». pic.twitter.com/Lv9fJ7aMLt — Aurélie Sarrot (@aureliesarrot) November 8, 2024
Ses deux filles, qui étaient mineures au moment des faits et qui sont aujourd’hui majeures ont eu le courage, elles aussi, de venir témoigner. Elles ont tour à tour évoqué cet oncle qu’elles appelaient « Samu », et fait part des traumas dont elles sont victimes depuis l’attentat. « Ça fait quatre ans que j’ai peur. La première année, je faisais crise de panique sur crise de panique. J’avais l’impression que tout le monde pouvait mourir. La mort de Samuel est arrivée de nulle part », a expliqué Salomé avant de déclarer : « Notre oncle n’a jamais voulu haïr et il a été tué. Il a été tué et nos vies ont été foutues en l’air. » « Notre famille aimerait grâce à ce procès guérir et se reconstruire », a-t-elle conclu.
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