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Dans dix-huit mois, une page de l’histoire politique du Val-d’Oise se tournera. Michel Vallade, 82 ans, maire Pcf de Pierrelaye depuis 1977, ne briguera pas un neuvième mandat.
Le dernier maire communiste du Val-d’Oise (les maires de Fosses et de Marly-la-Ville sont apparentés Pcf) sera peut-être toujours au conseil, mais il ne sera plus à la tête de la commune.
Retour sur le parcours d’un homme, dernier représentant d’une époque, celle de la « banlieue rouge » et du communisme municipal de l’après-guerre.
La vague rouge et rose de 1977
Né le 9 juin 1942 à Cormeilles-en-Parisis, Michel Vallade a grandi non loin d’un certain Robert Hue, futur secrétaire national du parti communiste français.
Mais c’est par le syndicalisme que le jeune Vallade fait ses premières armes.
On est en 1968 et alors que le pays est en proie à de grandes grèves, le « militant ouvrier », photograveur et monteur copiste en offset, qui travaille à l’imprimerie Paul-Dupont, à Clichy-la-Garenne, s’engage dans la lutte syndicale.
« À l’époque, on imprimait Le Nouvel Observateur, L’Événement du jeudi, Le Figaro Magazine », se souvient Michel Vallade.
L’expérience syndicale le pousse à rejoindre le Pcf, qui avait défendu les ouvriers et où il se reconnaît dans les valeurs, la lutte contre le racisme, la solidarité et l’entraide.
Tout commence par le syndicalisme
Neuf ans plus tard, le virus de la politique s’empare de lui. Porté par la vague d’Union de la gauche et son Programme commun, qui préfigure le 10 mai 1981, il ravit la mairie de Pierrelaye le 13 mars 1977 à seulement 34 ans. « J’étais parmi les plus jeunes avec Alain Richard (élu maire de Saint-Ouen-l’Aumône) et Robert Hue » (élu maire de Montigny-lès-Cormeilles) qui ont respectivement 31 ans et 30 ans). Pierrelaye est alors un village rural de moins de 4 000 habitants. « Il n’y avait aucun équipement et vingt-huit salariés. Aujourd’hui, il y en a 240 et plus de 10 000 habitants. »
Élu en 1977 avec Alain Richard, Robert Hue, Michel Coffineau…
Au fil des mandats, les réalisations s’accumulent : médiathèque, parc des sports, piscine, collège, suppression des passages à niveau, urbanisation. En 1984, il sort Pierrelaye de la Ville nouvelle de Cergy-Pontoise : « Cela nous a permis de retrouver notre pleine autonomie et récupérer les impôts. » Il a réussi à préserver la plaine de l’urbanisation, même si l’époque où il y avait de nombreux cultivateurs « venus de Bretagne » est loin derrière.
Avec ses collègues du Smapp, le projet de la forêt de Maubuisson, que l’élu continue d’appeler forêt de Pierrelaye, a mobilisé son énergie. Malgré ce bilan, les critiques ne manquent pas.
Les critiques de l’opposition
Son opposant Éric Bosc (Les Républicains) affirme qu’aujourd’hui,
« il ne se passe rien à Pierrelaye ».
Une autre élue de droite du secteur estime qu’
« il aurait pu au moins, en 47 ans, construire une vraie salle de spectacles ou un théâtre ».
Des reproches que Michel Vallade balaye d’un revers de main.
« Un opposant va forcément vous dire qu’il ne se passe rien ou que ce qui se fait est mal. Les politiques, c’est avant tout de la posture. »
Gestion prudente
Sa gestion prudente (la ville, avec une dette de 400€ par habitant, est une des moins endettées du Val-d’Oise) l’amène parfois à reporter des promesses électorales, comme ce centre culturel annoncé en 2020.
« Ce n’était pas responsable d’emprunter 8 millions d’€ pour le faire, cela aurait mis la ville dans une situation délicate ». Surtout, l’élu rappelle sa longévité politique : « on est passés neuf fois au premier tour. Mais vous savez, quand vous êtes aux commandes depuis 50 ans, vous avez eu le temps de faire quelques mécontents. »
Crise politique en 1992
Mais tout n’a pas été un long fleuve tranquille. En 1992, Michel Vallade subit une crise politique majeure, avec la démission des élus socialistes et de la droite, qui entraîne des élections municipales partielles.
« Au moment de la chute du Mur de Berlin, dans les villes à direction communiste, beaucoup pensaient que les maires allaient être impactés par ce qu’il se passait dans les pays de l’Est. Il y a eu une tentative de me déstabiliser »
Jean-Claude Szaleniec, son ancien adjoint socialiste, tente de le renverser, invoquant une « manifestation contre la guerre du Golfe organisée sur le parvis de la mairie le jour même de la déclaration de guerre à l’Irak ». « Un prétexte », selon Michel Vallade, qui remporte l’élection au premier tour avec 58% des voix.
« Le dernier survivant » d’une époque
À 82 ans, Michel Vallade est resté fidèle au Pcf, malgré les soubresauts qu’a connu son parti ces 35 dernières années. Il est le dernier maire communiste, le doyen des maires du Val-d’Oise, le souvenir d’une époque, celle de la « banlieue rouge » valdoisienne et du communisme municipal.
« Il y avait vingt-quatre mairies communistes dans le Val-d’Oise », se souvient Michel Vallade avec une pointe de nostalgie.
« Sarcelles, Garges, Goussainville, Argenteuil, Bezons… Je suis le dernier survivant. Je regrette ce reflux du parti communiste qui apportait bien des choses. C’était une richesse par rapport à la conception de la société. C’est dommage qu’il n’y ait plus cette expression. On va vers l’extinction de cette voix », regrette-t-il.
Si Michel Vallade a annoncé qu’il ne se représenterait pas en 2026, son avenir politique reste incertain.
La succession
« Pour l’instant, ce n’est pas d’actualité », répond-il quand on lui demande s’il pense à une éventuelle passation de pouvoir anticipée. « Passer la main, vous savez, c’est toujours un problème délicat. Il y a souvent plusieurs personnes, plusieurs opportunités. Il faut trouver la bonne et éviter que ça se fasse dans la douleur, avec un passage en douceur en évitant que ça ne perturbe toute la vie communale. »
Son fidèle premier adjoint, Claude Cauet (Pcf), est « bien placé », dit-il, pour lui succéder.
« Il maîtrise bien les choses, les dossiers. Il a toujours été à mes côtés. Il mérite cette reconnaissance du travail accompli. Mais pour l’instant, il n’a pas été décidé qui sera mon successeur. Je dirai les choses, selon l’expression consacrée, au moment voulu. »
Michel Vallade, qui aura 84 ans en 2026, ne compte pas renoncer totalement à la vie municipale. Dans dix-huit mois, il sera sans doute sur la liste pour faire profiter de son expérience et prolonger encore un peu l’histoire née il y a près d’un demi-siècle.
Claude Cauet, le successeur ?
« Mes camarades [du parti commiuniste] m’ont demandé si j’étais prêt à conduire la liste aux municipales de 2026 et je leur ai répondu que si nécessaire, j’étais prêt », explique Claude Cauet (Pcf), premier adjoint au maire de Pierrelaye.
Quant à l’équipe municipale, « ça fera partie des négociations ». Âgé de 70 ans Claude Cauet est un fidèle adjoint de Michel Vallade. « Je suis adjoint depuis 1989, d’abord aux sports, puis à la jeunesse et l’environnement et aujourd’hui à l’enfance, la petite enfance et la restauration scolaire. » Claude Cauet estime que « c’est un peu tard », pour que Michel Vallade lui passe la main avant terme. « Je pense qu’on attendra les élections. » L’élu espère en tout cas que Michel Vallade sera présent sur la liste. Car la vie municipale et la vie politique locale, « c’est un peu sa vie ».
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