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Alors que Saint-Germain-sur-Morin (Seine-et-Marne) subit déjà une crue record ce vendredi 11 octobre 2024 après la tempête Kirk, le pire reste à venir. Le niveau de l’eau devrait encore monter dans l’après-midi : « Le pic de crue n’est toujours pas atteint. Il devrait arriver en fin de journée… Je suis très inquiet », rapporte Julien Gaillard, adjoint au maire en charge de la sécurité. Aux portes de la ville, on peut apercevoir le Grand Morin, complètement sorti de son lit, qui charrie un débit d’eau impressionnant.
Après Coulommiers, Crécy-la-Chapelle et Couilly-Pont-aux-Dames, Saint-Germain sait ce qu’il l’attend. Et la commune d’Esbly devrait elle aussi être prochainement sévèrement touchée par les inondations.
« On est déjà à 20 cm au-dessus de la crue record de 2016 »
« On est aujourd’hui le Crécy d’hier », résume Julien Gaillard. Actuellement, il est difficile de circuler dans le secteur proche gare. La D934 est fermée. Certaines rues sont plongées sous 80 cm à un mètre d’eau.
On est déjà à 20 cm au-dessus de la crue record de 2016 et on devrait prendre encore plusieurs centimètres d’ici la fin de la journée.
Depuis mercredi 16 h, la ville a activé son plan communal de sécurité (PCS). Et bien lui en a pris. Ça a permis aux élus de constater dès hier que l’école ne pourrait pas ouvrir, le bâtiment étant déjà cerné par les eaux.
Ce jeudi, sur la partie immergée de la rue des Voyeux, des élus et des personnes de la réserve communale ont mis une barque à disposition des habitants qui auraient des besoins urgents. Quand nous arrivons sur place vers 9 h, une dame doit aller chercher des médicaments. Elle espère pouvoir vérifier que son chat est en sécurité.

De nombreux habitants évacués dans la nuit
Dans la rue Mondet, Marylène, 69 ans, dans sa robe de chambre bleu ciel espère aussi que le sien a trouvé refuge dans les étages. Elle devrait être bientôt rassurée, son fils, armé de grandes bottes, est parti récupérer quelques vêtements. « On est venu me chercher dans la nuit, vers 5 h du matin. Je n’ai pas pensé à prendre quoi que ce soit, il fallait faire vite », explique la retraitée frigorifiée. « Je n’ai même pas pris mes lunettes… Et il faudrait la carte vitale de mon mari, il a rendez-vous à l’hôpital dans une heure », réfléchit-elle à voix haute. Désormais, il y a un mètre d’eau dans sa maison. « C’est bien pire qu’en 2016, on ne s’y attendait pas. »

Dans la nuit, les équipes municipales sont passées dans les rues pour évacuer les habitants les plus touchés. « On a voulu et on ne veut prendre aucun risque », explique Julien Gaillard. « Au niveau de l’électricité c’est dangereux même si normalement tout est coupé et ne serait-ce que pour l’accès. On ne veut pas avoir des personnes qui se retrouvent isolées dans des rues inaccessibles ». Dans la nuit, deux personnes coincées dans des bungalows près du Grand Morin se sont vues mourir. Quand ils se sont réveillés en pleine nuit, l’eau rentrait par les fenêtres. Les pompiers ont heureusement pu intervenir à temps pour les tirer de là. En tout, 70 personnes ont été évacuées.
« Au-delà des urgences, il y a aussi tout un volet humain à gérer »
Et 35 ont trouvé refuge en mairie avant, pour la plupart, de pouvoir trouver un hébergement chez des amis ou de la famille. Cette nuit et encore ce matin, les habitants pouvaient se mettre au chaud à la mairie où du café et des viennoiseries les attendaient. Mais certains n’ont pas la tête à ça. Un couple nouvellement installé dans la commune, arrive en pleur vers 10 h 30. Ils ne pouvaient plus rester chez eux. « Au-delà des urgences, il y a aussi tout un volet humain à gérer. Certains sont dévastés », explique Sandrine Daudeville, chargée de la communication à la mairie.
19 chevaux évacués
Le haras Les écuries du Vieux Moulin, situé au bord du Grand Morin, a fait partie des premiers touchés. Si le propriétaire a eu le temps de faire partir tous les chevaux dont ils n’était pas propriétaires, les siens se sont retrouvés avec les pattes dans un mètre d’eau ce vendredi 11 octobre. Un équipage pompiers des secours nautique a été dépêché pour l’aider à les évacuer. Ils ont tous pu être extraits jusqu’à un point en surplomb près du haras.
Myriam, elle, est venue spontanément à la mairie. Avec sa mère Marthe, en fauteuil, elle a préféré prendre les devants : « J’ai été réveillée à 2 h du matin. Beaucoup de mes voisins étaient dans la rue », raconte cette habitante de la rue du Dr-Schweitzer. Elle appréhende l’état dans lequel elle va retrouver son logement. C’est une première pour elle. Même si la rue est proche du Grand Morin, elle n’avait pas été touchée en 2016.
« Déjà qu’on parlait de vendre… »
Ce n’est pas le cas de Marylène, qui a déjà connu ce type de dégâts. « Ça nous avait pris un mois de tout remettre en état mais là… et puis, on a plus le même âge, mon mari est malade », explique la sexagénaire. Le couple a bien tenté de rehausser un maximum d’objets chez eux mais leurs efforts semblent aujourd’hui insuffisants face à la hauteur du niveau d’eau. « Sur le moment on part et c’est seulement maintenant qu’on commence à réaliser. Le pire, c’est quand l’eau sera redescendue… Déjà qu’on parlait de vendre pour avoir un de plain-pied alors là… mais est-ce qu’on pourra vendre ? », s’inquiète-t-elle.

Alors que la municipalité reste sur le pied de guerre, les habitants sinistrés commencent à réaliser, d’autres ne relâchent pas leurs efforts et tentent de juguler comme ils le peuvent grâce à des pompes. C’est le cas de Michel, rue de la Champagne. Après avoir veillé jusqu’à 6 h, il a suffi d’une heure de sommeil et l’eau s’est infiltrée. Sa femme sort lui apporter un café : « Tiens, ça va te réchauffer ». Il va en effet falloir bien du courage aux habitants, pour passer le pic de cette crue historique.
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