, Histoire de la révolution à Villeneuve : la bataille des grains

Histoire de la révolution à Villeneuve : la bataille des grains

, Histoire de la révolution à Villeneuve : la bataille des grains

l’essentiel Poursuite de l’éphéméride des évènements vécus à Villeneuve pendant les années de la Révolution française.

28 juillet 1793 (registre du District). Le ci-devant Mothes-Blanche réclame au District, contre la saisie faite sur son domaine de Beurre, au nom de Radoult, receveur pour la somme de 2 862 livres, prix de la solde et de l’équipement de 4 hommes pour 1 fils d’émigrés. Il dit que son fils aîné était marié et ne vivait pas avec lui avant le 1er juillet 1789 ce qui est attesté par la Municipalité. Le Directoire a reconnu le bien-fondé de la réclamation et ordonné main levée de la saisie à la date du jour où Mothes-Blanche aura payé les 1 431 livres qu’il doit pour son plus jeune fils émigré.

30 juillet 1793 (Registre du Disrict). Un des agresseurs de Delard Bordeneuve, André Fourauld (lire La Dépêche du 1er septembre) vient d’être nommé par la Municipalité du Temple, trésorier de la commune.

30 juillet 1793 (Moniteur). Dans le Moniteur arrivé aujourd’hui, on lit que Paganel (député du Lot-et-Garonne), s’est opposé à l’arrestation de l’état-major de Castines : « Il n’a, a-t-il dit, aucun officier de Dumouriez avec lui ». Il est accompagné du représentant Gay-Vernon et d’un jeune homme d’un des bataillons de Lot-et-Garonne.

1er août 1793 (registre du District). Le Directoire a mis sous séquestre les biens de Peyrebrune habitant ci-devant la municipalité de Paris : de Chaumet habitant celle de Bordeaux ; de Darfeuille celle de Tombeboeuf ; de Gironde, celle de Castillonnès ; de la citoyenne Galaup veuve Bellecombe, celle de Montauban ; de Gombaut-Razac, ci-devant chevalier d’honneur de la Grand Chambre du Parlement, celle de Bordeaux ; de Lajaunie, celle de Tonneins. Ces citoyens n’ont pas justifié de leur résidence habituelle, depuis six mois pour les personnes qui possèdent des biens hors le département où elles faisaient leur domicile. Et cela dit l’arrêté du Directoire « par mépris ou par insouciance notoirement affectée. » Ces réputés émigrés ont naturellement protesté contre la dénonciation de leurs municipalités. Mais le Directoire, considérant qu’il est enjoint aux Municipalités de faire saisir les biens, même des personnes suspectées d’émigration ordonne d’apposer les scellés et nomme commissaire à ce requis les citoyens Ginet, maire de Pujols ; Lapeyssonnie, maire de Penne ; Mouysset cadet, officier municipal de Casseneuil et Gouillié.

3 août 1793 (Registre du District). On s’est occupé, aujourd’hui, d’une pétition du conseil de la commune de Villeneuve sur les subsistances qui peut se résumer ainsi : les tanneurs consomment des grains pour la préparation de leurs cuirs ; on doit réprimer cet abus. Le Directoire : « vu que la récolte est disetteuse approuve la défense faites par la Municipalité, aux tanneurs de se servir de grains et ordonne la réquisition des grains qu’ils possèdent pour leurs industries. Puis vient l’éloge du Conseil de la Commune en ces termes : « pénétrés du grand intérêt de ne pas laisser sans subsistances cette nombreuse population les officiers municipaux se sont procuré par la voie des réquisitions une quantité de grains et en font faire du pain qu’ils distribuent directement eux-mêmes tous les jours, non seulement aux habitants de cette ville mais encore aux citoyens de la campagne. Cette mesure aussi efficace peut satisfaire le peuple qui « sage et économe » n’a pas manqué à maintenir le calme et le bon ordre dans cette ville.

12 août 1793 (Registre du District). La récolte a manqué ; le peuple excité par les malintentionnés peut se porter à des désordres, et on ne pourrait lui opposer une force imposante. La commune demande l’autorisation de s’approvisionner de substances et d’un amas d’armes en bon état, avec munitions de guerre. Ces mesures nécessaires pour la tranquillité pourraient devenir d’une utilité bien pratique pour repousser les ennemis extérieurs, si jamais par des circonstances malheureuses, ils pénétraient dans les départements qui nous avoisinent. Après cela qui oserait accuser Bourran de « modératisme ». Le Directoire se déclare en parfait accord de vues avec la municipalité ; il demande même plus que le citoyen Bourran. Il estime qu’il faut recenser tous les grains, adresser une proclamation aux citoyens pour les inviter à faire leur déclaration ; installer des greniers publics au chef-lieu de District, établir un dépôt d’armes à Saint-Etienne et, en attendant, mettre dans le meilleur état possible les armes provenant des ci-devant nobles et de leurs agents et domestiques. Il prie le département d’autoriser Villeneuve à s’approvisionner de poudre, balles, chevrotines et de tous les moyens de défense que les circonstances pourront rendre nécessaire. (à suivre).

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