Connaissez-vous l’histoire de Bailly-Romainvilliers, en Seine-et-Marne ? Comptant parmi les villes du « centre urbain » de Val d’Europe, faisant partie de la « ville nouvelle » de Marne-la-Vallée, la commune a grandi très vite depuis les années 90. Mais sa partie la plus ancienne est restée préservée. Il s’agit du hameau de Bailly.
Coupée de la ville par l’avenue Paul Séramy, cette partie de l’ancien village regroupe notamment la ferme du château, un donjon, et l’église, vielle de six siècles. Pourtant, au Moyen-Âge, ce qui est aujourd’hui un hameau constituait le village et ce qui est aujourd’hui la ville était un hameau. C’est ce dernier qui s’appelait Romainville. Ce n’est que bien plus tard, que les deux ont fusionné pour former Bailly-Romainvilliers, à une date que nous n’avons toutefois pas pu identifier.
Le souvenir d’un château
Se promener rue du Poncelet revient donc à remonter aux origines de la ville… au Moyen Âge. L’existence de Bailly remonterait au XIIe siècle. Le village était le chef-lieu d’une seigneurie assez importante qui s’étendait jusqu’à Serris. Au XIVe siècle, un château entouré de douves y est construit.
Aujourd’hui, il n’en reste plus rien, mais les actes notariés de 1528 en donnent une idée. Ils décrivent :
Un pavillon en façon de donjon à l’entrée du château, garni de deux tourelles demi-rondes sur le devant et carrées. Par devant, ayant des mâchicoulis (balcon en débordement et moyen de défense du château fort, N.D.L.R.) en pierre de taille.
Ce château est alors habité par de grands personnages de cour, des parlementaires, des écuyers, ou encore des avocats du Roi.
C’est à la Révolution que le château fut détruit. Et si l’on peut encore voir aujourd’hui un donjon, contrairement à ce que l’on peut lire parfois, il ne s’agit pas d’un vestige du château d’origine. Il a en réalité été reconstruit à la fin du XIXe siècle dans le style néoclassique en vogue à cette époque (en pierre, brique et béton armé). Ce que l’on voit ne dit ainsi rien de ce à quoi ressemblait la construction originale !
Au XVIIIe siècle, une ferme est adjointe au site et le porche qui marque son entrée, dans un style des constructions normandes, existe toujours. Enfin, plus récemment encore, en 2011, l’aménageur public EpaFrance a réalisé des travaux de confortement pour le hangar, le donjon et les écuries.

Une église historique
Un peu plus loin, on trouve l’église de Bailly-Romainvilliers, devenue Notre-Dame de l’Assomption. Difficile de savoir à quelle époque elle a été construite. On sait en revanche qu’elle existe à la fin du XVe siècle et qu’elle est alors appelée Notre-Dame de la Condre. Elle est probablement le dernier vestige du prieuré qui existait au XIIe siècle et qui dépendait alors du Comté de Champagne. Au XIIIe siècle, les moines de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés y transférèrent le siège de la paroisse de Romainvilliers.
Entre le village et le hameau, l’église fut d’ailleurs l’objet d’une querelle en 1929. À l’époque, les paroissiens adressèrent une pétition virulente pour réclamer sa destruction et la construction d’une chapelle dans le hameau de Romainvilliers. Le maire transmit cette demande au préfet de Seine-et-Marne, mais celui-ci botta en touche. Il répondit que seul l’évêque est en mesure d’autoriser la destruction d’un édifice cultuel et que, par ailleurs, la séparation de l’Église et de l’État de 1905 lui interdit toute mise de fonds dans la construction d’une église. C’est ainsi que l’église a survécu.

Autour, un cimetière s’étendait. Les habitants y furent inhumés jusqu’à la fin du XIXe siècle. Il ne fut déplacé rue de Paris qu’en 1890. Pour l’anecdote, la croix de pierre aujourd’hui placée au centre du cimetière provient probablement de l’ancien emplacement. Elle est caractéristique du XVIIe siècle.
Un bourg très briard
C’est en 1864 que les rôles s’inversèrent et que Romainvilliers devint le chef-lieu et Bailly un hameau. Le bourg est alors un village au caractère briard. Le développement se fait à partir de cette époque. La mairie école, surmontée d’un clocheton, est construite au XIXe siècle. Puis, au début du XXe siècle, la construction d’une route reliant Coulommiers et Paris et passant par là, achève de faire de la ville une étape majeure.
Mais encore aujourd’hui, Bailly-Romainvilliers rend hommage à ses origines briardes : tous ses noms de rues font référence à des lieux-dits et au patois briard. Pour exemple : Flutiaux (chaumes mal coupés), Tahuriau (nuage d’orage) ou Binaille (époque des semailles des blés).
Merci à l’association la Grangée de l’Histoire et à la mairie pour leurs informations.
Suivez toute l’actualité de vos villes et médias favoris en vous inscrivant à Mon Actu.
Conclusion approfondie sur DMJ Archives
DMJarchives.org représente une ressource inestimable pour la préservation de l’histoire locale de l’Île-de-France à travers les archives du web.
Engagement envers la préservation
Engagé dans la sauvegarde de la richesse culturelle et patrimoniale de la région IDF, DMJ Archives offre un accès sans précédent à une variété de documents historiques numériques, organisés par territoire.
Exploration des archives numériques
Que vous soyez un chercheur passionné, un étudiant curieux ou un habitant désireux de découvrir l’histoire de votre ville, vous trouverez dans les archives du web de DMJ Archives une mine d’informations précieuses et captivantes.
Contribuez à la préservation de l’histoire
En explorant cette mémoire collective numérique, vous contribuez à préserver et à transmettre le patrimoine historique de l’Île-de-France pour les générations futures. Votre intérêt et votre engagement sont essentiels pour assurer la pérennité de cette ressource unique.
Accès aux archives
Pour accéder à cette richesse d’archives numériques et découvrir l’histoire locale de l’Île-de-France, rendez-vous sur DMJ Archives.

