La mort d’André Santini, maire historique et bâtisseur infatigable d’Issy-les-Moulineaux a été annoncée ce lundi 1er juin 2026. L’ancien ministre s’est éteint à l’âge de 85 ans. Hospitalisé depuis le mois d’octobre dernier, il se battait contre la maladie depuis plus longtemps.
Figure de la vie politique locale, André Santini est mort. Maire UDI d’Issy-les-Moulineaux depuis 1980, il est décédé à l’âge de 85 ans dans la nuit du dimanche 31 mai au lundi 1er juin 2026, emporté par la maladie, révèle Le Parisien. Le plus anciens maire des Hauts-de-Seine laisse derrière lui un héritage immense, l’image d’un bâtisseur et d’un visionnaire infatigable au caractère bien trempé. La présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse fait part de sa « grande tristesse » et salue « une figure de la vie politique francilienne », sur X. André Santini avait gardé « la poigne, l’intelligence et l’humour qui le caractérisait (…) jusqu’au dernier jour », écrit-elle. « Certains élus administrent une ville. D’autres entrent dans son histoire. André Santini était de ceux-là », écrit de son côté la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet.
André Santini avait été réélu pour un huitième mandat le 23 mars dernier aux élections municipales et avait fait une brève campagne depuis son lit d’hôpital. En effet, il était hospitalisé depuis le mois d’octobre « après une mauvaise chute et des problèmes cardiaques », précise le quotidien francilien. Depuis l’élection, son état de santé s’était « fortement dégradé », en raison de la maladie. Ce proche de Charles Pasqua était même « très affaibli ces dernières années ». En mars dernier, le directeur de campagne du maire, Philippe Knusmann, avait donné des nouvelles de sa santé. « Il est toujours en convalescence mais bénéficie de quelques autorisations de sortie », déclarait-il.
« C’est l’un des derniers monstres sacrés de la vie publique qui s’éteint », réagit ce lundi Hervé Marseille, président de l’UDI et
sénateur des Hauts-de-Seine, dans Le Parisien. « Je l’ai toujours entendu dire qu’il voulait mourir dans son bureau », estime de son côté le sénateur LR, Roger Karoutchi. « Les Hauts-de-Seine perdent aujourd’hui l’une de leurs plus grandes figures. À travers sa vision, son énergie et sa liberté de ton, il a
montré, plus que quiconque, qu’un maire est un bâtisseur, capable de transformer le tissu urbain à l’échelle d’une génération », abonde Georges Siffredi, président républicain du département.
Qui pour remplacer André Santini après sa mort ?
Sous ses mandats successifs, Issy-les-Moulineaux a réussi à attirer de nombreux sièges français d’entreprises internationales, comme Coca-Cola, Microsoft ou Orange. André Santini a consacré une grande partie de sa vie à façonner Issy-les-Moulineaux, notamment en réhabilitant d’anciennes friches industrielles des bords de Seine avec l’aide des plus grands architectes du moment. Connu pour être un amateur de cigares, il avait créé en 1991 le « Club des parlementaires amateurs de havane », dont il était président à vie.
Quid du remplaçant d’André Santini comme premier édile d’Issy-les-Moulineaux ? Comme le stipule l’article L.2122-14 du Code général des collectivités territoriales (CGCT), le conseil municipal doit élire un nouveau maire dans un délai de quinze jours. Pour que le scrutin puisse avoir lieu, le conseil doit être complet. S’il ne l’est pas, et que des sièges restent vacants, des élections partielles doivent être organisées. Dans l’attente que le conseil municipal se réunisse, l’intérim est assuré immédiatement par le premier adjoint, ou à défaut par un autre adjoint, selon l’ordre hiérarchique. Thierry Lefèvre, le premier adjoint, en charge notamment de « l’administration générale » et de la sécurité, avait déjà repris le flambeau depuis l’hospitalisation d’André Santini il y a plusieurs mois.
La riche carrière politique d’André Santini
Né le 20 octobre 1940 à Paris, dans le XIVe arrondissement, et issu d’une famille modeste aux racines corses, André Santini grandit à Courbevoie, dans les Hauts-de-Seine. Docteur en droit, André Santini s’est lancé en politique en tant que membre du bureau du parti social-démocrate en 1980 (mouvement issus de diverses scissions du Parti socialiste). Il s’est ensuite dirigé vers l’UDF, un parti de centre droit non gaulliste et d’inspiration démocrate-chrétienne. Il a gravi les échelons jusqu’à devenir le vice-président du parti en 1998. En 2003, il a été élu président de la fédération d’Ile-de-France de l’UDF. Après un passage par la Force européenne et démocrate, un parti lancé par Jean-Christophe Lagarde en 2011, il a rejoint l’UDI, l’Union des démocrates et des indépendants, parti politique de centre-droit fondé par Jean-Louis Borloo.
En parallèle, il a occupé de nombreux mandats parlementaires et des fonctions ministérielles. De 1988 à 2017 (avec seulement trois ans d’arrêt sur la période citée), il fut député de la 10e circonscription des Hauts-de-Seine, celle d’Issy-les-Moulineaux. A l’Assemblée, il a également occupé le poste de président de la Commission des Affaires économiques, de l’Environnement et du Territoire de 1993 à 1994, avant de devenir vice-président de l’hémicycle de 1997 à 1998. Sur le plan ministériel, il secrétaire d’Etat chargé des Rapatriés (1986-1987) sous le gouvernement de Jaques Chirac II et ministre délégué à la Communication (1987-1988, également sous Jacques Chirac II). Puis, en 2007, il fut rappelé au ministère par François Fillon : il devint alors secrétaire d’Etat à la Fonction publique de 2007 à 2009.
André Santini a également eu une carrière à l’échelon local. Au-delà de ses mandats de député dans les Hauts-de-Seine, il s’est investi dans le Syndicat des Eaux de France, un établissement public de coopération intercommunale en charge de la gestion de l’eau potable pour le compte de 135 communes de la région parisienne : il en est le président depuis le 20 mai 1983, soit depuis près de quarante ans. Il a également occupé la présidence du conseil de surveillance de la Société du Grand Paris, de 2010 à 2015 : cet établissement public est chargé de concevoir et de réaliser le Réseau de transport public du Grand Paris. Depuis 2016, il est également vice-président de la métropole du Grand Paris.
Plusieurs accusations contre André Santini
En 2022, André a fait l’objet de deux plaintes pour « agression sexuelle » et « harcèlement sexuel et moral » portées par un ancien huissier et un ancien chef de cabinet. L’instruction est toujours en cours. Après le dépôt de ces plaintes le 1er juillet 2022, une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Nanterre le lundi 4 juillet 2022 contre lui.
D’après le parquet, l’enquête a été confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP). Les plaignants, qui accusent André Santini ont été écartés par ce dernier de leur poste. A la mi-mai, ils étaient officiellement licenciés pour avoir « rompu » les « liens de confiance nécessaires à la collaboration ». L’ancien secrétaire d’Etat à la fonction publique leur aurait fait subir un harcèlement sexuel de longue durée. Les faits évoqués datent de 2021 et 2022. « Ces accusations s’intègrent dans un climat conflictuel concernant la situation administrative de ces agents », avait déclaré André Santini.
En avril dernier, la cour administrative d’appel de Versailles reconnaissait que deux anciens collaborateurs qui accusent André Santini notamment de « harcèlement sexuel » ont été victimes d' »emprise » et de « harcèlement moral assorti de propos à connotation sexuelle », selon France Inter. La cour administrative jugeait également que les enregistrements sonores versés au dossier par les plaignants était recevables. André Santini fait aussi l’objet d’une plainte pour outrage sexiste à l’encontre de deux élues qu’il a qualifié de « pin-up » en décembre 2023 lors du comité du Syndicat des eaux d’Île-de-France.
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