
Dans les Yvelines, au cœur de la réserve naturelle des étangs de Bonnelles, un charmant pont-kiosque surnommé « temple de l’amour » témoigne encore d’un parc à fabriques du XVIIIe siècle. À découvrir librement en 2026.
Il ne ressemble pas aux temples de l’amour que l’on imagine d’emblée, ceux à colonnes corinthiennes et coupoles néoclassiques comme à Versailles ou à Rueil-Malmaison. À Bonnelles, dans les Yvelines, le temple de l’amour prend une forme plus singulière et, à bien des égards, plus poétique encore : c’est un pont à deux arches surmonté d’un petit édifice, niché au cœur de la réserve naturelle régionale des étangs de Bonnelles, à une cinquantaine de kilomètres au sud-ouest de Paris, dans le Parc naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse. Un lieu méconnu, accessible librement, qui réserve bien des surprises.
Qu’est-ce que la réserve naturelle des étangs de Bonnelles ?
La réserve naturelle régionale des étangs de Bonnelles couvre environ 22 hectares de terrains boisés, d’étangs et de prairies, à proximité immédiate du village. Elle se compose de deux étangs connectés entre eux par un petit canal : l’étang des Trois Ducs, le plus grand avec ses trois îles, et l’étang de Chartemps, plus petit et dédié à une activité de pêche réglementée. Classée réserve naturelle régionale en 2016, elle est l’héritière directe du parc paysager qui entourait autrefois le château de Bonnelles, plus connu sous le nom de château de la duchesse d’Uzès. La partie nord de la réserve se trouvait précisément dans ce parc historique, et c’est là que se concentrent les vestiges les plus remarquables.
D’où vient ce temple de l’amour pas comme les autres ?
Pour comprendre l’existence de ce pont-kiosque, il faut remonter à la fin du XVIIIe siècle. En 1782, le duc d’Uzès fit doubler le château et aménager le parc environnant en jardin anglo-chinois orné de fabriques, ces petites constructions ornementales à la mode à l’époque, qui ponctuaient le parcours du promeneur et créaient des tableaux pittoresques au fil de l’eau. Le parc fut même décrit par l’architecte paysagiste Le Rouge dans son célèbre douzième cahier des Jardins anglo-chinois. À cette époque, il comportait de nombreux éléments : une glacière, une canardière, une mosquée, un pavillon chinois sur un soubassement de rocaille et ce fameux pont-kiosque dit temple de l’amour, qui permettait d’accéder à l’île principale, baptisée île du Kiosque. Aujourd’hui, la plupart de ces fabriques ont disparu, mais le pont-temple de l’amour a été restauré et demeure l’un des éléments architecturaux les plus remarquables du site.
La duchesse d’Uzès, figure légendaire de Bonnelles
On ne peut pas évoquer Bonnelles sans parler de celle qui a marqué ce domaine pour toujours. Anne de Rochechouart-Mortemart (1847-1933), devenue duchesse d’Uzès par son mariage en 1867, est une personnalité hors du commun. Arrière-petite-fille de la célèbre Veuve Clicquot, elle fait de Bonnelles son lieu de séjour préféré et y dirige le légendaire Rallye Bonnelles, l’un des équipages de chasse à courre les plus réputés de France. Première femme à obtenir son permis de conduire automobile, sculptrice reconnue, féministe engagée et infirmière major pendant la Première Guerre mondiale après avoir transformé son château en hôpital militaire auxiliaire, la duchesse est un personnage romanesque à lui seul. Elle meurt en 1933, et après sa disparition, le domaine est vendu par parcelles. La commune rachète les étangs en 1988, évitant de justesse un projet de golf, et la réserve naturelle voit le jour peu après.
Que voir et que faire à la réserve naturelle de Bonnelles ?
En se promenant le long des berges, on découvre un décor qui mêle sauvagerie et éléments raffinés hérités du XIXe siècle. Le pont du temple de l’amour se dresse fièrement au-dessus du cours d’eau qui relie les deux étangs, avec ses deux arches de pierre et son petit édifice posé dessus. Il conduit à l’île du Kiosque, sur laquelle l’ancien embarcadère des Trois Ducs a été réhabilité en observatoire ornithologique. Plusieurs petits ponts de pierre complètent la promenade, qui s’effectue sur un circuit balisé en accès libre.
Sur le plan de la biodiversité, la réserve ne déçoit pas. Les amateurs de nature y croisent le martin-pêcheur, le héron cendré, le bruant des roseaux ou la rousserolle effarvatte parmi les nombreuses espèces nicheuses. Le site abrite pas moins de 34 espèces de libellules, et la flore protégée est également bien représentée dans cette mosaïque de milieux humides. Des animations et sorties guidées sont régulièrement proposées par Bonnelles Bullion Nature ou par le Parc naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse.
La réserve naturelle des étangs de Bonnelles est accessible librement et gratuitement à pied, en direction de Saint-Arnoult-en-Yvelines depuis le village. Un livret de découverte édité par la Région Île-de-France est disponible en mairie et à l’accueil du Parc naturel régional. L’endroit est particulièrement agréable au printemps et en été, quand les libellules virevoltent au-dessus de l’étang des Trois Ducs et que la lumière joue avec les reflets du vieux pont de pierre.
Notre avis : Une belle sortie nature et patrimoine, bien loin des foules, idéale pour les amateurs de balades romantiques et calmes. On y va en famille, en couple ou seul, avec des jumelles pour observer les oiseaux nicheurs autour des étangs.
À qui s’adresse cette sortie ? Aux amoureux de patrimoine insolite, aux naturalistes et promeneurs, aux familles cherchant une balade sans voiture depuis la forêt de Rambouillet, et à tous ceux qui aiment les lieux chargés d’histoire et de discrétion.
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