, (Série) Ces maires qui ont marqué la Seine-et-Marne : Alain Peyrefitte, fidèle de de Gaulle et père de l’ORTF

(Série) Ces maires qui ont marqué la Seine-et-Marne : Alain Peyrefitte, fidèle de de Gaulle et père de l’ORTF

Jusqu’au premier tour des élections municipales 2026La République de Seine-et-Marne vous propose une série consacrée aux maire aujourd’hui disparus qui ont marqué l’histoire du département (Episode 2/6. Retrouvez le premier épisode dédié à Jacques Heuclin).
Tout habitants de Provins (Seine-et-Marne) qui se respecte a entendu parler de lui au moins une fois. La médiathèque de la ville porte son nom, ses portraits ornent toujours les murs de la mairie de la cité médiévale, et une avenue de la ville lui est dédiée. Maire de Provins pendant près de 32 ans (1965-1997), Alain Peyrefitte (1925-1999) a été une figure politique et intellectuelle majeure du XXe siècle.

« Alain Peyrefitte a donné l’impulsion au développement de Provins »

Diplomate, ministre du Général de Gaulle, député et sénateur RPR, il fut aussi écrivain et membre de l’Académie française, auteur notamment d’ouvrages de référence : la trilogie C’était de Gaulle (1994, 1997, 2000), Le Mal français (1976), et le visionnaire Quand la Chine s’éveillera, le monde tremblera, paru en 1973 et vendu à plus de 2 millions d’exemplaires.

À l’occasion de sa réédition, en 2023, nous avons été à la rencontre des Provinois pour voir ce qu’il reste de l’héritage son héritage dans la ville où il repose depuis maintenant 27 ans.

Le long de l’avenue Alain-Peyrefitte, à deux pas de la mairie, certains Provinois se souviennent bien de leur « député-maire » : « Je l’ai croisé plusieurs fois, je me rappelle de quelqu’un conscient de son importance », raconte Jean-Pierre, la cinquantaine passée.

Un peu plus loin, une ancienne employée de mairie confie « avoir bien connu M. Peyrefitte », un sourire nostalgique aux lèvres, quand une retraitée s’amuse de notre question : « Bien sûr que je le connais, il a quand même été maire ! (rires). Je crois bien qu’il a aussi écrit des livres, dont un sur la Chine. » Bingo !

Les jeunes générations, elles, sont logiquement plus hésitantes. « Il n’a pas été assassiné ? », croit savoir Luca, 25 ans, qui est peut-être passé rue aux Juifs, devant la plaque qui rend hommage à Serge Langer, un employé municipal tué le 15 décembre 1986 dans l’attentat à la voiture piégée qui visait effectivement l’ancien Garde des Sceaux (lire ci-dessous).

Alain Peyrefitte Provins
À Provins, l’avenue Alain-Peyrefitte participe à faire perdurer l’héritage de celui qui fut maire de la ville entre 1965 et 1997 ©MB/RSM77

« Tout finit par s’effacer, mais ça ne veut pas dire qu’on oublie. Il a donné l’impulsion indispensable au développement de la ville comme on la connaît aujourd’hui : le lycée Les Pannevelles en 1969, la rénovation des remparts après l’effondrement de 1983, ou encore les premiers grands travaux d’assainissement », rappelle Ghislain Bray, conseiller municipal et adjoint d’Alain Peyrefitte entre 1977 et 1997.

À la tête de la Ville depuis 2017, Olivier Lavenka, lui, retient trois projets majeurs réalisés par Alain Peyrefitte, dont les Provinois bénéficient encore aujourd’hui.

« La construction de l’hôpital Léon-Binet, inauguré en 1974 ; la réalisation du quartier Champbenoist, à la fin des années 60, pour faire face au mal-logement ; et le lancement du programme touristique de la ville, adossé à la restauration du patrimoine. Il a amorcé le programme de rénovation et les Médiévales qu’on connaît aujourd’hui. »

À la fin des années 1980, Alain Peyrefitte entreprendra par ailleurs les démarches pour faire inscrire la ville de Provins sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco, qui aboutiront plus tard par l’annonce de l’inscription le 15 décembre 2001, suivie d’une cérémonie officielle le 31 janvier 2002 en présence de Jacques Chirac, président de la République.

« Ministre de la censure »

Car ce lien entre politique locale et nationale aura été le fil rouge de sa carrière. Diplômé de l’Ena, ce fils d’instituteur, né le 26 août 1925 à Najac (Aveyron), aura d’abord été diplomate. Une carrière internationale qui l’a conduit aux quatre coins de la planète, dont l’Allemagne, au sortir de la Seconde guerre mondiale, mais aussi la Pologne.

Fidèle du Général de Gaulle qu’il rejoint en 1958 lors de son arrivée à l’Assemblée nationale, il en sera secrétaire d’État, puis ministre à trois reprises, notamment en charge de l’Information entre 1962 et 1966. Durant cette période, il créera en 1964 l’Office de radiodiffusion-télévision française (ORTF), qui lui vaudra d’être qualifié de « ministre de la censure ».

Provins. Il y a 35 ans, Alain Peyrefitte échappait à un attentat meurtrier Le 15 décembre 1986, vers 8 h 15, une Citroën BX explose rue de la Table-Ronde à Provins, devant le domicile d'Alain Peyrefitte (notre photo), député-maire de la ville. L'attentat tuera un employé de mairie. Dans la journée, les services de déminage neutraliseront également la Peugeot 504 de l'ancien ministre, dans la cour de sa propriété, pour éviter que cette dernière ne soit aussi piégée ©Archives/RSM77 - attentat (1)
Le 15 décembre 1986, vers 8 h 15, une Citroën BX explose rue de la Table-Ronde, à Provins, devant le domicile d’Alain Peyrefitte (notre photo), député-maire de la ville, absent à ce moment-là. L’attentat qui le visait tuera Serge Langer, un agent de la commune ©Archives RSM77

Il sera par la suite ministre des présidents Georges Pompidou et Valéry Giscard d’Estaing, sous l’égide duquel il signera la controversée loi « Sécurité et liberté ».

Après avoir exercé presque tous les mandats politiques possibles (ministre, député, conseiller général, maire), Alain Peyrefitte paracheva son immense carrière en décrochant en 1995 le poste de sénateur de Seine-et-Marne, qu’il conservera jusqu’à sa mort, le 27 novembre 1999. Il repose depuis au cimetière de la ville-haute, dans sa chère ville de Provins.

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Le jour où : Alain Peyrefitte échappa miraculeusement à un attentat à la voiture piégée

 » Ce fut un autre monde, des flammes, des étincelles « . Le 22 décembre 1986, La République de Seine-et-Marne publie le témoignage de Roland Roger, agent municipal de la Ville de Provins. Il vient de perdre son ami et collègue Serge Langer, mort sous ses yeux.
Au service de la Ville depuis 1959, ce dernier s’est retrouvé au mauvais endroit, au mauvais moment. Victime collatérale d’une opération terroriste qui a manqué sa cible : Alain Peyrefitte, le député-maire de la cité médiévale, qui avait déjà échappé à deux tentatives d’attentats après avoir fait voter la loi  » Sécurité et liberté  » en février 1981.
Le 15 décembre 1986, sur les coups de 8h15, une explosion réveille donc la commune de Provins. Une Citroën BX vient d’être pulvérisée rue de la Table-Ronde, devant le domicile d’Alain Peyrefitte. La déflagration est telle qu’un des sièges du véhicule est retrouvé à 15 mètres de haut dans les branches d’un peuplier.  » Chaque samedi matin, le député-maire de Provins avait pour habitude de prendre, devant chez lui vers 9 h, la BX grise mise à disposition pour ses déplacements dans le Provinois, raconte La Rep de l’époque. Ce lundi 15 décembre, c’est bien parce qu’il ne retrouva pas son jeu de clés à sa place habituelle, qu’il utilisa sa Peugeot 504 personnelle. Un hasard qui lui sauva la vie. « 
Un Provinois tué
Alain Peyrefitte rejoindra ensuite son domicile parisien et ne montera donc jamais dans la BX piégée. Serge Langer et Roland Roger seront alors chargés de récupérer la voiture devant la maison. C’est à ce moment-là que Serge Langer tendra, sans le savoir, le fil du détonateur qui déclenchera les 5 kg d’explosif fixés sous la Citroën. Il mourra sur le coup à 51 ans. Unique victime de l’attentat dont l’auteur ne sera pas retrouvé, l’agent provinois sera décoré de la Légion d’honneur à titre posthume le 27 février 1987 par le Premier ministre Jacques Chirac. La mairie de Provins, elle, apposera une plaque commémorative sur les lieux du drame, qui porte aujourd’hui le nom de  » Place Serge-Langer « .

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