À deux pas du château royal de Versailles (Yvelines) et de son domaine, le plateau de Satory, bastion historique de la défense française, est en train de faire sa révolution. Révolution architecturale, mais aussi dans les modes de déplacements, dans l’industrie et l’emploi, sans parler d’une projection de l’armée dans un monde futuriste. Ce qui va se passer ici, pour paraphraser le duc de La Rochefoucauld, répondant à Louis XVI le 14 juillet 1789, ce n’est pas « une révolte » : « Non, sire, c’est une révolution ! »
Mercredi 1er octobre 2025, tous les acteurs de ce projet pharaonique ont présenté leur partition qui doit déboucher « obligatoirement » sur une symphonie à succès. Reste toutefois à trouver un chef d’orchestre dans cette multitude d’intervenants et les investissements avec un État en déficit.
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150 hectares d’anciens terrains casernés
Initié en 2010 par l’Établissement public d’aménagement Paris-Saclay (EPA), puis élargi à la demande des politiques (Pierre Bédier, président du Département), le projet Satory s’étend sur 300 hectares.
Il consiste à transformer 150 ha d’anciens terrains casernés en un modèle d’urbanisme durable alliant verdure, innovation et mobilité apaisée et 150 autres hectares de zones économiques et de recherche autour de l’armée de Terre.
Cette ambition permet aussi aux Yvelines de rééquilibrer des investissements trop souvent accumulés du côté du plateau de Saclay (Essonne) depuis plus de dix ans.

La ligne 18 du métro Grand Paris à l’horizon
D’ici 2035, le quartier emblématique de Satory, en pleine mutation, accueillera une gare avec l’arrivée de la ligne 18 du métro du Grand Paris, 100 % automatique. Cette station, attendue autour de 2030, reliera Orly en trente minutes, contre 1 h 30 aujourd’hui, via dix arrêts automatisés, traversant trois départements. La fréquentation est estimée à 110 000 voyageurs/jour.
Il faudra moins de quinze minutes, aussi, pour aller de Versailles Satory à l’université Paris Saclay et trois minutes, seulement, pour faire le chemin entre Satory et Versailles-Chantiers.
L’État a investi 3 milliards d’euros ce projet. Le Département des Yvelines veut voir cette ligne 18 se prolonger au nord vers Paris La Défense.
@78actu Ligne 18 du métro du Grand Paris Express. Le tunnelier est arrivé à Versailles Satory #versailles

Le maire de Versailles : « Ne pas le séparer du cœur de ville »
« Ce plateau Satory doit s’intégrer sans rupture dans Versailles. Il ne doit pas être séparé du cœur de ville », a fortement plaidé François de Mazières, le maire de la commune, appelant à être « collectivement intelligents » pour le financer.
Le commissaire général de la BAP (Biennale d’architecture et de paysage), lui, a insisté sur l’importance du beau, la qualité des matériaux et la nécessité de « marier la nature avec le construit ». « Qu’un Versaillais reconnaisse Versailles quand il est à Satory », a résumé dans une formule facile, Martin Guespereau, le directeur général de l’EPA Paris-Saclay.
Avec cette nouvelle gare, le plateau de Satory doit devenir un formidable lieu de vie avec de l’emploi, des services pour les 15 000 habitants, dans un écoquartier mixte de plus de 5 000 logements neufs ou rénovés. Un quartier qualifié de stratégique par la Région Île-de-France en matière de « renouvellement urbain », selon Sylvie Piganeau, adjointe au maire de Versailles déléguée à la Famille, aux Associations et à la Vie des quartiers.

Un grand pôle militaro-industriel français
Sur le plan économique, Satory, grand pôle militaro-industriel français, accueillera un territoire d’innovation de tout premier plan dans le secteur de la défense, de la robotique et des mobilités innovantes. Ainsi la société Arquus (ex-Renault Trucks Defense), premier fournisseur français de véhicules militaires, installera son siège sur 13 600 m², dans le quartier Bastion (655 salariés).
Le grand projet de développement en termes urbains est attendu en 2028. Il accueillera le Playground Satory, 18 000 m² de bureaux orientés dans un écosystème de défense.
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Ouverture prochaine du campus de l’innovation
Plus proche de nous, le 22 octobre 2025, Satory verra l’ouverture du campus de l’innovation avec l’inauguration des trois laboratoires Mines Paris PSL, qui regrouperont le centre des matériaux, le centre de mise en forme des matériaux et le laboratoire de mécanique des solides. Ces « usines du futur » exploreront nanotechnologies et matériaux composites, en synergie avec l’industrie de défense.
En 2029, le nouveau siège de l’INRIA (600 salariés) s’installera sur 10 000 m². L’ex-IFSTTAR (Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux) – désormais Campus de l’Université Gustave-Eiffel – et l’Institut de recherche partenariale public-privé du véhicule décarboné et communicant (VEDECOM-Mobilab) compléteront l’offre futuriste.
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Cœur battant de la dissuasion française
Le préfet des Yvelines Frédéric Rose l’a souligné : Satory est et deviendra davantage encore un « lieu de souveraineté stratégique pour nos armées », autour de l’armée de Terre et de la gendarmerie. L’armée de Terre y concentrera ses forces, avec donc un complexe militaro-industriel de pointe qui générera 5 000 emplois qualifiés. Satory, cœur battant de la dissuasion française, allie tradition et innovation, avec des recherches et développement sur l’IA militaire.
Des partenariats avec KNDS France (ex-Nexter) accéléreront les transferts technologiques, positionnant Satory comme une Silicon Valley de la mécanique. KNDS, ce sont 790 salariés. Ce géant de l’armement terrestre déploiera ici ses usines high-tech, testant chars et drones sur des parcours d’essais sécurisés. Par ailleurs, Bertin Technologie, déjà implanté à Montigny-le-Bretonneux, sera connectée au plateau avec la ligne 18.
« Un village de robots et une volière de drones »
Vincent Quintana, le directeur des affaires publiques du GiCAT (Groupement des industries françaises de défense et de sécurité terrestres et aéroterrestres), a résumé ce que sera demain le site : « Satory doit devenir le Brest [pour la Marine – N.D.L.R.] de l’armée de Terre », évoquant « un village de robots et une volière de drones ».
À l’horizon 2030, Satory ne sera donc plus un seul camp militaire, mais bien un nouveau quartier vivant, pionnier dans l’industrie militaire et dans la recherche du futur. Entre verdure apaisante et ambitions high-tech, Versailles aura un nouveau quartier, un poumon vert qui soufflera avec rythme sur les technologies de l’avenir français.
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