, Le drapeau palestinien hissé sur les mairies de plus de cinquante villes, dont Lyon, malgré la mise en garde du ministère de l’intérieur

Le drapeau palestinien hissé sur les mairies de plus de cinquante villes, dont Lyon, malgré la mise en garde du ministère de l’intérieur

Le drapeau palestinien flotte à l’entrée de l’hôtel de ville de Nantes, le 22 septembre 2025. Le drapeau palestinien flotte à l’entrée de l’hôtel de ville de Nantes, le 22 septembre 2025.

Le drapeau palestinien a été hissé au fronton de l’hôtel de ville de Lyon lundi après-midi, « un geste [qui] accompagne la décision historique » de la France de reconnaître « enfin » l’Etat de Palestine, a fait savoir le maire, l’écologiste Grégory Doucet, dans un communiqué. « Beaucoup m’ont interpellé, depuis plusieurs mois, pour demander que le drapeau palestinien flotte sur l’hôtel de ville. Je ne pouvais pas le faire tant que la France ne reconnaissait pas officiellement cet État », a précisé M. Doucet.

Un peu plus tôt, le ministère de l’intérieur avait recensé, à midi, 52 mairies ayant hissé le drapeau palestinien – sur 34 875 communes –, malgré la consigne d’interdiction qu’il a donnée, le jour où la France doit reconnaître officiellement l’Etat de Palestine. D’autres mairies ont prévu de pavoiser le fronton de leur hôtel de ville dans la soirée.

Un drapeau palestinien a également été hissé vers 9 h 40 au fronton de la mairie de Saint-Denis, en présence du premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, qui avait appelé à ce pavoisement, au moment où le président, Emmanuel Macron, doit officialiser la reconnaissance par la France de l’Etat de Palestine lors de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU), en fin de journée.

« Il ne s’agit pas d’un acte militant de longue durée (…). Nous avons fait le choix de le faire sur un moment, c’est le temps de la reconnaissance de l’Etat de Palestine », a fait valoir le maire de la commune, Mathieu Hanotin (socialiste). Il a qualifié lundi matin ce jour d’« historique ». Le maire de Stains (Seine-Saint-Denis), Azzédine Taïbi (Parti communiste français), a également « procédé à la pose du drapeau palestinien, ainsi que celui du drapeau de l’ONU et de la paix », a-t-il déclaré.

Dans la matinée, plusieurs mairies ont, en effet, hissé le drapeau palestinien au fronton de leur hôtel de ville. « Ce soir, le président de la République annoncera à l’ONU la reconnaissance de l’Etat de Palestine. Nantes accompagne cette décision historique de la République française en hissant, pour la journée, le drapeau palestinien », a écrit lundi matin sur le réseau social X la maire de Nantes, Johanna Rolland (PS), alors que le drapeau flottait déjà devant sa mairie.

Rennes l’a imitée. « Loin des instrumentalisations, loin des propos outranciers, notre responsabilité est de refuser le silence et de faire tout ce qui est en notre pouvoir, ici et maintenant, pour que cesse l’horreur », a estimé la maire de Rennes, Nathalie Appéré (socialiste).

« Neutralité des services publics »

La bannière rouge, noire, blanche et verte devrait aussi être exhibée au fronton d’autres mairies de la banlieue parisienne, telles que Nanterre, Bagneux, Gennevilliers, Ivry-sur-Seine ou Corbeil-Essonnes. A Malakoff, la maire, communiste, avait précédé l’appel et apposé un drapeau palestinien dès vendredi, resté au fronton de l’hôtel de ville, malgré une injonction du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, sur recours du préfet des Hauts-de-Seine.

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Lundi en début d’après-midi, le tribunal a ordonné le retrait du drapeau sur le fronton de l’hôtel de ville de Malakoff. « Saisi en urgence, le juge des référés modifie l’article 2 de son ordonnance n° 2516999 du 20 septembre 2025 et ordonne le retrait du drapeau palestinien du fronton de l’hôtel de ville de Malakoff sous astreinte de 150 euros par jour de retard », peut-on lire sur le site Internet du tribunal.

Cette décision fait suite au maintien de ce drapeau sur le fronton de la mairie de la commune, hissé vendredi en soutien à la reconnaissance par la France d’un Etat palestinien, malgré une décision de justice contraire samedi. Dans un communiqué, la ville de Malakoff a aussitôt annoncé qu’elle interjetterait appel devant le Conseil d’Etat « afin de défendre le principe de libre administration des communes et la libre expression démocratique ».

A Tarnos (Landes), le maire, Marc Mabillet (PCF), laissera aussi son drapeau flotter malgré un coup de fil du préfet. « C’est plus humain que politique », a-t-il ironisé.

Bruno Retailleau demande de respecter un « principe de neutralité »

Cette photographie montre des drapeaux palestinien (à gauche) et israélien (à droite) ainsi qu’une colombe tenant un rameau d’olivier, projetés sur la tour Eiffel à la veille de la reconnaissance prévue par la France de l’État de Palestine, à Paris, le 21 septembre 2025. Cette photographie montre des drapeaux palestinien (à gauche) et israélien (à droite) ainsi qu’une colombe tenant un rameau d’olivier, projetés sur la tour Eiffel à la veille de la reconnaissance prévue par la France de l’État de Palestine, à Paris, le 21 septembre 2025.

Certaines villes ont érigé le drapeau palestinien et israélien, comme Saint-Ouen. Paris a également projeté dimanche soir les deux drapeaux sur la tour Eiffel avec le drapeau de la Paix.

De plus petites villes, comme Chenôves et Quétigny, en banlieue de Dijon, ont emboîté le pas aux grandes. A Carhaix, commune de 7 300 habitants, dans le Finistère, le maire Christian Troadec, régionaliste (DVG), a expliqué avoir hissé le drapeau palestinien en réaction aux propos de Bruno Retailleau de n’avoir que le drapeau français. « D’abord, il y a aussi le drapeau européen, le drapeau breton, il n’y aura certainement pas que le drapeau français sur la mairie de Carhaix ! », a-t-il déclaré.

A Corbeil-Essonnes, ville jumelée avec Jérusalem-Est, le maire, Bruno Piriou (DVG), fera, lui, distribuer 1 000 drapeaux palestiniens. A Lille, le drapeau palestinien qui était déployé depuis la visite à la mi-septembre d’une délégation de sa ville jumelle Naplouse, en Cisjordanie, a été ôté lundi matin au départ de cette délégation, a fait savoir la mairie à l’AFP, et ne sera pas remis en place dans la soirée, à la demande du préfet.

Bruno Retailleau a donné consigne aux préfets de faire respecter un « principe de neutralité des services publics ». « L’Etat non seulement ne demande pas le pavoisement, mais demande le non-pavoisement », a insisté samedi le secrétaire général du ministère de l’intérieur, Hugues Moutouh.

Invité lundi matin de TF1, Jean-Noël Barrot, ministre des affaires étrangères démissionnaire, a qualifié ces débats de « polémiques futiles ». « C’est un jour historique pour la paix et je ne souhaite pas (…) qu’il puisse être instrumentalisé aux fins de polémiques politiciennes, aux fins de nous diviser dans un moment où, plus que jamais, nous avons besoin d’être unis pour être forts », a-t-il ajouté.

Le Monde avec AFP

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