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« L’anomalie est réparée », sourit le maire de Grigny (Essonne), Philippe Rio. Utilisé chaque semaine par près de 3 000 personnes depuis plus de 15 ans, le gymnase de la ZAC-Centre-Ville n’a jamais été baptisé, gardant le nom qui le désignait dans les dossiers techniques qui ont mené à sa construction. Mercredi 6 novembre 2024, le gymnase a enfin été rebaptisé et porte le nom d’Alice Milliat, en hommage à cette grande pionnière du sport féminin.
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Le premier équipement sportif de la ville à porter le nom d’une femme
« Plus que le changement de nom d’un gymnase, c’est un événement qui est important et historique, car pour la première fois dans notre ville, un équipement sportif porte le nom d’une femme », souligne l’édile.
Depuis plusieurs années, la municipalité est engagée dans une politique de féminisation des noms de rues et des bâtiments publics.
Si la rue Louise-Michel, la rue Olympe-de-Gouges, la maison de quartier Marie-Curie, l’école Lucie-Aubrac, l’école Elsa-Triolet existent depuis bien longtemps, d’autres rues créées plus récemment portent le nom de femmes.
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« Important que les générations futures sachent qui elle était »
Depuis 2023, le nouveau quartier de Grigny compte une rue Louise-Weiss et une rue Christiane-Taubira entre les rues de l’Égalité et de la Liberté.
Ce fut la première fois que l’ancienne ministre de la Justice a accepté de donner son nom à une rue.
C’est une manière de poursuivre notre combat pour que Grigny soit une terre de femmes, de femmes combattantes, de femmes qui marquent leur génération comme Alice Milliat a pu le faire. C’est important que les générations futures sachent qui elle était.

Alice Milliat a « ouvert des portes pour des millions de femmes »
Militante infatigable, Alice Milliat a œuvré tout au long de sa vie pour la reconnaissance des femmes dans le monde du sport et pour l’égalité des sexes dans les compétitions sportives internationales.
Nageuse, hockeyeuse et rameuse, elle fut la première dirigeante du sport international, à une époque où la compétition sportive était largement réservée aux hommes.
En 1922, elle proclama, à Paris, l’ouverture des premiers Jeux mondiaux féminins. Opposé à la pratique sportive des femmes, le baron Pierre de Coubertin refusa le terme olympique pour cette compétition qui rassembla dans le Bois de Vincennes, plus de 269 sportives issus de 100 pays.
« C’était un défi colossal. La société, les fédérations, le mouvement olympique, les militaires, tous étaient contre elle, mais elle a relevé son défi avec une audace et une foi inébranlable en la cause qu’elle défendait. Son action a ouvert des portes pour des millions de femmes », rappelle Eric Florand, le président de la Fondation Alice Milliat.
« Ce gymnase est également situé à côté de deux écoles au nom ô combien inspirant, Angela Davis et Dulcie September, deux militantes féministes antiracistes, en faveur des droits humains », rappelle Philippe Rio.
L’idée de donner le nom d’Alice Milliat à ce gymnase qui n’avait jamais été baptisé, est née l’été dernier au stade Jean-Miaud, lors de la semaine olympique et paralympique.
« C’est l’association Femmes solidaires qui agit en faveur de la défense des droites des femmes qui a soumis l’idée alors qu’il y avait des activités autour d’Alice Milliat. J’ai ensuite sollicité le conseil municipal a validé ce choix », raconte le maire.
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« Peu de gens connaissent le nom et l’histoire d’Alice Milliat »
« Peu de gens, connaissent le nom et l’histoire d’Alice Milliat. Rebaptiser le gymnase à son nom, c’est aussi mettre à l’honneur les invisibles qui ont changé le monde », poursuit l’élu.
Un constat partagé par Eric Florand, le président fondateur de la Fondation Milliat qui salue le choix de la ville pour rebaptiser son gymnase.
« C’est une manière d’affirmer, haut et fort, les valeurs de détermination, d’inclusion, de respect des autres et de capacité à rêver qu’Alice Milliat n’a eu cesse de porter », assure le dirigeant.
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Une mémoire enfin reconnue
Dans l’ombre depuis des décennies, la mémoire de cette militante des droits des femmes et du droit à l’éducation physique et sportive pour toutes et tous est désormais reconnue.
Lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris visionnée par des milliards de personnes, c’est sa statue qui est sortie de la Seine, entre celles représentant Simone Veil et de Gisèle Halimi.
En Essonne, le gymnase grignois est le troisième à porter le nom d’Alice Milliat après ceux de Forges-les-Bains et de Chilly-Mazarin.
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