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Essonne : un grand festival pour célébrer les 100 ans de ce circuit légendaire à l’histoire riche

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Casque, moteur, départ. L’Autodrome de Linas-Montlhéry, en Essonne, célèbre ses 100 ans d’existence avec un festival sur deux journées le samedi 12 et le dimanche 13 octobre 2024. Une grande fête qui sera l’opportunité pour petits et grands de replonger dans l’histoire des lieux, foyer d’innombrables courses, de championnats palpitants et de rencontres inoubliables entre pilotes et fans au milieu de véhicules devenus mythiques.

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L’un des premiers circuits construit en Europe

Inauguré en 1924, l’Autodrome de Linas-Montlhéry a fait partie des premiers circuits permanents construits en Europe continentale.

Avant lui, l’Avus à Berlin en 1921, Monza I en Italie en 1922 et Sitgès en Catalogne, en 1923, étaient sortis de terre. Le tout premier circuit avait lui vu le jour à Brooklands en Grande-Bretagne dès 1907.

Cependant, passé l’engouement des débuts, tous ces autodromes se sont retrouvés dans de grandes difficultés financières au bout de quelques années.

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Un circuit fruit de la volonté d’Alexandre Lamblin

Cela n’a pas dissuadé Alexandre Lamblin de se lancer dans l’aventure. Industriel brillant et inventeur insatiable, il a fait fortune dans le domaine de l’industrie aéronautique.

Il finança sur ses propres deniers le projet de l’Autodrome-Parc National des Sports à Montlhéry.

Un premier autodrome venait d’être construit en France à Miramas (Bouches-du-Rhône) la même année par le pilote français Paul Bablot.

Une action de l'Autodrome signée par A. Lamblin.
Une action de l’Autodrome signée par Alexandre Lamblin. (©Collection Pierre Marchal)

Pas d’aide financière, mais le renfort clé d’un architecte

Avant d’investir le domaine de Saint-Eutrope et la ferme du Faÿ, de nombreux autres projets avaient été envisagés en Île-de-France, fief de plusieurs constructeurs automobiles.

S’il ne put bénéficier de l’aide financière de l’Automobile club de France (ACF), de constructeurs ou des pouvoirs publics, il bénéficia malgré tout du concours technique d’un jeune architecte, ingénieur de génie : Raymond Jamin.

Celui-ci imagina et réalisa en un temps record un ouvrage innovant et d’une qualité exceptionnelle. Le chantier occupa 2 300 ouvriers pendant neuf mois seulement.

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Le circuit le plus rapide au monde, théâtre de nombreux records

Il conçut une piste ovale de 2 500 mètres avec des virages relevés paraboliques reposant sur un treillis de poteaux en béton armé.

Pour la piste, il réalisa une chappe entièrement bouchardée à la main. Cela en fit tout simplement le circuit le plus rapide du monde.

Et pour cause, à l’époque, les anneaux de vitesse étaient plats et pavés en bois ou en brique (Indianapolis, 1909). Ils étaient donc très dangereux et se dégradaient rapidement.

Ces conditions permirent dès lors, grâce à des paramètres parfaitement connus et contrôlés, l’établissement de nombreux records, tant pour les constructeurs que pour les équipementiers et les pétroliers.

Pierre de Viscaya et sa Bugatti en juillet 1925, sur la rampe descendante de l'Autodrome de Linas-Monthléry.
Pierre de Viscaya et sa Bugatti en juillet 1925, sur la rampe descendante de l’Autodrome de Linas-Montlhéry. (©Domaine public)

Une extension en 1925 qui lui permet d’accueillir des courses

Le 4 octobre 1924 sont organisées les premières coupes de vitesse du Salon. Le circuit intéresse très tôt les constructeurs et les organismes de certification pour sa qualité et sa régularité.

En 1925, une extension porte sa longueur à 12,5 km et lui permet d’accueillir le Grand Prix de l’ACF pour quelques éditions.

Une période d’euphorie fit alors les beaux jours du journal l’Aéro-Sport, propriété d’Alexandre Lamblin lui-même.

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Un déclin rapide au tournant des années 1930

Malheureusement pour l’industriel, l’intérêt du public et des constructeurs pour son circuit déclina rapidement.

À la concurrence des courses hippiques aux beaux jours dans la capitale s’ajouta une météo incertaine le reste de l’année.

Les longues courses intéressent alors de moins en moins et les embouteillages pour se rendre sur place éloignent un peu plus le public du circuit.

Un désintérêt encore renforcé par la crise financière de 1929 et par la suppression en 1937 de la ligne de chemin de fer de Paris à Arpajon.

Vue aérienne de l'Autodrome de Linas-Montlhéry en 2011
Vue aérienne de l’Autodrome de Linas-Montlhéry en 2011 (©Flickr / Eddy Clio)

Les années noires de l’autodrome de Montlhéry durant la guerre

En 1939, il n’y a plus de courses. C’est l’armée française qui exploite les lieux, pour l’instruction à la conduite de son personnel motorisé.

Puis, l’autodrome dut faire face à des années noires avec l’avènement de la Seconde Guerre mondiale.

Outre la raréfaction du pétrole, les pénuries en tout genre et la mise en berne des réjouissances populaires, l’autodrome fut occupé par les forces ennemies qui le dégradèrent fortement.

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Une modernisation et un nouvel intérêt stratégique grâce à l’UTAC

Au lendemain de la guerre, en 1946, c’est l’UTAC (Union technique de l’automobile, du motocycle et du cycle) qui a repris l’exploitation et la gestion de l’autodrome.

Le nouvel exploitant le modernisa et l’utilise encore de nos jours pour des tests de certification et d’homologations.

Les lieux accueillent même des tournages, à l’image du clip musical des Irrésistibles, My year is a day (1968).

L’Autodrome continue d’accueillir du public

Outre les activités de cet opérateur technique désormais propriétaire, le circuit, le seul de son époque à demeurer actif, est classé Patrimoine du XXᵉ siècle.

Il est ouvert ponctuellement au public. À la belle saison, des courses sont organisées par des clubs de passionnés de véhicules de marques ou de voitures anciennes.

Une exposition dédiée aux archives départementales

Les archives de l’Essonne présentent dans le cadre bucolique du château de Chamarande une grande exposition sur le centenaire de l’autodrome de Linas-Montlhéry jusqu’au 20 décembre 2024.
En accès libre sur une large plage horaire, cette exposition présente des photos, des affiches signées Géo Ham ou Rob Roy, des documents imprimés et divers objets du fonds Philippe Maillard-Brune, ancien directeur de l’Autodrome.
Une projection permanente de films des grands moments des sports mécaniques du site (auto, moto, vélo) est présentée en partenariat avec l’association Cinéam-Mémoire filmique d’Île-de-France, institution qui a son siège à Évry-Courcouronnes.

Pour le festival du centenaire, l’UTAC a prévu de nombreuses animations pour petits et grands.

Côté piste, les visiteurs pourront se régaler du spectacle de six plateaux de voitures anciennes, de 1924 aux années 2020, sans oublier deux plateaux de motos qui, elles aussi, ont écrit les belles pages de l’histoire de l’autodrome.

Les clubs de voitures emblématiques sont également conviés à venir participer à cette grande fête.

Enfin, une exposition entièrement dédiée aux véhicules des records permettra au public de voyager à travers le temps et de comprendre l’esprit de pionnier des pilotes d’antan.

Pierre Marchal

Références bibliographiques :
Le pari fou d’Alexandre Lamblin – Bruno Peythieu et Pascal Pannetier avec la collaboration de Bernard Deschamps-Lamblin – LVE Editions-Saint-Cloud, 2014
Linas et l’Autodrome en 1925-Michel Marc-Linas, patrimoine et traditions-Bulletin N°52, juin 2015.
Billet visiteur pour la fête du centenaire : 30 € pour une journée, 50 € pour le week-end. Gratuit pour les enfants de moins de 12 ans. Plus d’informations sur le site internet de l’évènement.

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