, Symboles, transports, infrastructures… Que restera-t-il des JO de Paris

Symboles, transports, infrastructures… Que restera-t-il des JO de Paris

Les jeux Olympiques et Paralympiques laissent derrière eux un héritage qui devrait modifier la vie quotidienne des Franciliens. “On a gagné dix ou quinze ans”, estime Pierre Rabadan, adjoint à la maire de Paris, en charge du sport.

Les anneaux olympiques installés au premier étage de la tour Eiffel vont bientôt disparaître. Les anneaux olympiques installés au premier étage de la tour Eiffel vont bientôt disparaître.

Les anneaux olympiques installés au premier étage de la tour Eiffel vont bientôt disparaître. Photo J-F Rollinger/OnlyFrance.net

Par Pauline de Quatrebarbes

Publié le 15 septembre 2024 à 15h00

Paris 2024 l’avait promis dès le début : des investissements importants ont été faits pour accueillir les jeux Olympiques et Paralympiques cet été. Depuis le rapport pré-Jeux sur l’héritage et la durabilité de l’événement, quelques ajustements ont été nécessaires, et des promesses n’ont pas été tenues. Pour autant, des aménagements ont bien été effectués pour rendre les villes plus faciles d’accès et améliorer les infrastructures sportives. Les compétitions s’étant déroulées principalement à Paris (l’Île-de-France a concentré plus de 60 % des infrastructures utilisées), la ville hôte s’est considérablement transformée ces dernières années. Après les festivités, la question est sur toutes les lèvres : que va-t-il rester ?

Pour Pierre Rabadan, adjoint à la maire de Paris, en charge du sport, des jeux Olympiques et Paralympiques et de la Seine, « il y a eu un véritable engouement pour ces jeux, qui nécessitent que l’on prenne le temps et qu’on réfléchisse sérieusement à ce qui va rester ou non dans la ville ». Symboles par excellence de l’événement, les anneaux installés sur la tour Eiffel vont être redescendus prochainement. Leur poids (30 tonnes) et leur conception peu résistante les rendent actuellement inadaptés pour se maintenir plus longtemps sur l’emblème de Paris. En attendant, d’autres anneaux seront installés sur le pont d’Iéna, le temps que des nouveaux, plus légers, discrets et résistants, soient réinstallés dans quelques mois, jusqu’en 2028. Les agitos, quant à eux, ont été décrochés de l’Arc de triomphe et seront installés dans plusieurs semaines sur les Champs-Élysées, à proximité du megastore de Paris 2024.

Des symboles toujours présents

Le cheval Zeus, cet équidé métallisé qui avait traversé la Seine au galop lors de la cérémonie d’ouverture, devrait, lui, encore gambader. « Quand on l’a installé dans la cour de l’Hôtel de Ville, on a vendu 43 000 billets en six heures pour le voir !, explique Pierre Rabadan. Pour l’instant, il est exposé au siège Sanofi, qui l’a entièrement financé. Mais on aimerait le faire voyager à travers toute la France, avant qu’il revienne dans la capitale, près de la Seine ou exposé dans un musée. »

Les statues des dix femmes puissantes, elles aussi présentées lors de la cérémonie d’ouverture, devraient demeurer à Paris. Malgré les bisbilles avec Saint-Nazaire qui souhaitait récupérer la statue de Simone Veil, et la dispute entre Le Croisic et La Baule qui voulaient toutes deux récupérer celle d’Alice Milliat, cofondatrice de la Fédération des sociétés féminines sportives de France, la capitale gardera ces statues, qui seront installées sur demande de la maire le long de la rue de la Chapelle. Même si, comme le précise Pierre Rabadan, cela n’empêchera pas que des statues soient créées pour d’autres villes : « On n’utilisera pas les statues originelles qui sont trop fragiles. On va sûrement les faire mouler dans d’autres matériaux et pourquoi pas en faire bénéficier les métropoles enthousiastes. » En attendant, elles seront exposées à l’Assemblée nationale lors des Journées européennes du patrimoine (21 et 22 septembre) puis jusqu’au 5 octobre (sur réservation).

Zeus, le cheval des JO devrait finir sa course dans un musée parisien après avoir traversé la France. Zeus, le cheval des JO devrait finir sa course dans un musée parisien après avoir traversé la France.

Zeus, le cheval des JO devrait finir sa course dans un musée parisien après avoir traversé la France. Photo Alexis Jumeau Alexis/Abaca

Concernant la vasque qui a illuminé le ciel de Paris et le cœur des visiteurs tout l’été, le mystère reste entier. « La vasque était faite pour être temporaire ; des contraintes techniques et de contrat d’exploitation nous laissent dans l’incertitude, se désole l’adjoint. La Mairie de Paris s’est mobilisée pourtant pour garder l’œuvre qui a accueilli la flamme olympique aux Tuileries, notamment en contactant le président de la République. Sans réponse pour le moment. « On sait que l’Élysée est plutôt favorable au projet. Il serait logique que la vasque maintienne sa place pour être alignée sur l’axe historique entre la pyramide du Louvre, la Concorde et l’Arc de triomphe. Mais rien n’est certain… » Seule la cloche des vainqueurs, qui a résonné au Stade de France tout l’été, connaît son destin : elle sera bientôt accrochée près de celles de la cathédrale Notre-Dame.

Des déplacements plus fluides

Pour accueillir les épreuves sportives et recevoir le flux de spectateurs, la Région Île-de-France a dû se modifier. Le vélo, préconisé par Paris 2024 comme principal moyen de déplacement, a eu son heure de gloire. Les transformations cyclables de la ville, déjà engagées depuis quelques années, ont été accélérées. Cette année, 60 kilomètres de pistes cyclables ont été ajoutés dans la capitale. Certains aménagements, comme la passerelle installée quai d’Aubervilliers pour rejoindre à vélo le Stade de France, risquent de disparaître. Mais depuis les festivités, il est désormais obligatoire aux événements accueillant plus de cinquante mille personnes de proposer une solution de parking à vélo supplémentaire pour désengorger les rues.

On ne va pas attendre qu’il y ait un mort pour changer les choses.

Pierre Rabadan, adjoint à la maire de Paris, en charge du sport

Concernant la circulation, l’aménagement de la voie réservée aux athlètes ouverte sur le périphérique pour les Jeux pourrait bien devenir pérenne. Même si la préfecture de police est en discussion avec la Mairie de Paris, celle-ci souhaiterait maintenir la voie pour la consacrer aux véhicules de covoiturage. Des plans de piétonnisation sont aussi en cours de création, notamment à la place de la Concorde, sur une moitié entre les Tuileries et l’Obélisque. « On a remarqué que la circulation était bien plus fluide en utilisant le pont de la Concorde seulement d’un côté, confirme Pierre Rabadan. Actuellement, une commission d’historiens et d’architectes réfléchissent ensemble à l’aménagement de la Concorde. » Des ajustements sont aussi en réflexion pour la place du Trocadéro, qui prendra bientôt une forme de « U » pour permettre aux piétons de regagner de l’espace. Un projet global serait aussi en attente pour la piétonisation de la place de Varsovie et du pont d’Iéna, très fréquenté par les touristes se prenant en photo devant la tour Eiffel. « C’est un pont extrêmement dangereux, avec beaucoup de monde, des enfants, des familles… On ne va pas attendre qu’il y ait un mort pour changer les choses », réagit Pierre Rabadan.

Une valorisation des infrastructures sportives

Bien sûr, la place du sport sera essentielle dans le legs de Paris 2024. De nombreux équipements vont être partagés. Paris 2024 a annoncé vouloir revaloriser 25 % de ses équipements. On sait déjà que les délégations sportives, notamment celles de badminton, de volley-ball et de taekwondo, vont recevoir du matériel d’entraînement. Concernant les infrastructures, les parcs d’échauffement pour les épreuves de skateboard situés à la Concorde seront déplacés à Noisy-le-Sec et à La Courneuve, alors que certains bassins d’entraînement pour les épreuves de natation, installés à La Défense, seront envoyés à Sevran et Bagnolet. À ce jour, d’autres bassins sont réclamés par des métropoles plus éloignées, comme Toulouse ou Lille. Seul problème pour ces agglomérations : les coûts astronomiques pour récupérer les piscines, qui risquent d’en décourager plus d’un.

Le Centre aquatique olympique de Saint-Denis sera ouvert aux habitants à partir de l’été 2025. Le Centre aquatique olympique de Saint-Denis sera ouvert aux habitants à partir de l’été 2025.

Le Centre aquatique olympique de Saint-Denis sera ouvert aux habitants à partir de l’été 2025. Photo Vincent Isore/IP3/MaxPPP

À Paris, la majorité des infrastructures étaient éphémères (Champ-de-Mars, Concorde, Invalides….). Elles seront donc démontées. Dans le Grand Paris, le Centre aquatique olympique de Saint-Denis sera ouvert aux habitants dès l’été 2025. Entre l’Île-Saint-Denis et Saint-Ouen, le village olympique et celui des médias vont servir de nouveaux lieux d’habitation pour redynamiser les villes, tout en gardant de nombreux équipements sportifs. De quoi changer le regard porté sur le département.

Une perception nouvelle pourLa Villette où s’est tenu le Parc des Nations, qui a accueilli les délégations étrangères et le Club France pour célébrer les Jeux. « L’image du parc a complètement évolué, soutien Sophie-Justine Lieber, directrice générale de La Villette. Les Parisiens se sont aperçus que La Villette était bien desservie en transport, pas si loin du centre de Paris. Et nous nous sommes prouvé que nous pouvions organiser des événements festifs XXL. On aimerait recommencer ! »

Une meilleure accessibilité aux transports et au sport

Les jeux Olympiques et Paralympiques ont accéléré plusieurs projets engagés depuis longtemps par la Mairie de Paris pour rendre le sport accessible à tous. La question de la baignade dans la Seine, qui permettrait à de nombreux habitants de se dépenser et se rafraîchir lors des périodes de grandes chaleurs, est désormais quasi validée. « On a gagné dix ou quinze ans avec les Jeux, explique Pierre Rabadan. Toutes les compétitions dans la Seine ont pu se tenir. Il est prévu que l’on puisse s’y plonger à l’été 2025. » En termes d’organisation, on comptera normalement trois espaces baignades dans la capitale, l’un sous la passerelle Simone-de-Beauvoir (12ᵉ), un autre en dessous du pont Louis-Philippe (4ᵉ) et un dernier près de l’île aux Cygnes (15ᵉ et 16ᵉ). En banlieue, vingt-cinq collectivités ont demandé à ouvrir leur propre espace de baignade, dans la Seine ou la Marne, et certaines pourraient bien voir leur proposition acceptée…

En termes de transports, la Mairie de Paris a renforcé ses infrastructures pour les personnes à mobilité réduite (PMR), en tentant de rendre opérationnelles toutes ses lignes de bus et en continuant de travailler avec les différents arrondissements pour adapter les voiries pour tous. Ce travail a aussi été effectué par La Villette, qui a adapté ses pavés pour que les fauteuils roulants puissent circuler librement, augmenté son nombre de toilettes PMR et amélioré la signalétique du parc.

Car si ces jeux-ci ont bien réussi à léguer quelque chose, c’est bien l’inclusion des personnes en situation de handicap et des athlètes paralympiques, trop souvent oubliés. Du côté de la Mairie de Paris, la question de l’accès au sport de cette population demeure une priorité dans les années à venir. Maintenant que le travail de sensibilisation a été effectué durant les Jeux, cette inclusion dans le sport doit se développer… pour tous.

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Jeux Olympiques et Paralympiques Paris 2024

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